SUR LA CHALEUR DS LA TERRS
une époque que Ton peut énoncer approximativement, 100 millions d'années de nous; il s'est refroidi, et il est devenu, il y a quelques millions d'années, habitable; mais les êtres qui s'y sont succédé ne sont ni les contemporains de la terre, ni contemporains entre eux. Des propriétés tout à fait inconnues dans leur nature les ont^ à diverses reprises, jetés sur la surface de la planète; puis d'autres propriétés, non moins puissantes à détruire, ont anéanti les anciens habitants pour faire place à de nouveaux jusqu'à Tordre actuel dont nous sommes les produits et les spectateurs.
Les anciens poètes avaient imaginé un âge d'or, un printemps perpétuel à l'origine du monde. Ces tableaux poétiques ont quelque chose de réel, si l'on considère seulement la température. A une époque qui remonte bien au delà de tous les temps historiques, la terre a été beaucoup plus chaude qu'elle ne l'est maintenant. Tous les climats depuis les pôles ont été successivement à la température que l'équateur offre aujourd'hui. Ce que la théorie physique annonce d'une manière positive a été confirmé par les recherches de la botanique ; on a trouvé dans les couches superficielles du globe une flore antique, comme on avait trouvé une zoologie perdue. Or, les palmiers, par exemple, se ren* contrent en Allemagne et en France, tous lieux où la température est aujourd'hui trop basse pour l'existence de ces végétaux relégués maintenant dans les régions tropicales. La botanique ofiTre des moyens précieux pour ' la détermination de la chaleur moyenne qui a régné sur certaines couches dont on retrouve les productions. La zoologie fossile est loin de donner ces renseignements. En voyant les os d'un palseotherium, il n'est pas possible de dire s'il a vécu sous des latitudes chaudes ou froides; et pour l'éléphant fossile, si commun