‹ La science au point de vue philosophiqueChapitre 22 sur 70 · SUR LA CHALEUR DS LA TERRE · texte numérisé non relu

SUR LA CHALEUR DS LA TERRE

avec Cuvier qu'ils aient été la cause de la mort et de la disparition des populations végétales et animales qui se sont succédé dans le cours des âges ; mais il faut ad^ mettre, avec Fourier, que les conditions des milieux où ces populations étaient plongées, changeant avec la température qui baissait progressivement, ont détermine la mort des uns et permis la vie des autres.

Aujourd'hui quelles sont les conditions de tempérar tare de la terre? Ira-t-elle se refroidissant de plus en plus, comme le pensait Buffon, et finira-t*-elle par devenir une masse de glace, morte, inhabitée et roulant autour d'un soleil qui ne lui enverra plus que d'impuissants rayons? Pour répondre à ces questions, il faut distinguer la surface de la terre et sou noyau central. La surface est arrivée à un état fixe, ou plutôt à %in état indépendant des feux centraux; mais la masse du globe, qui est encore pénétrée d'une chaleur prodi* gieuse, éprouve un refroidissement continuel que rien n'arrête ; cette chaleur d'origine ne se dissipe qu'avec une lenteur extrême. Et il ne faut pas croire que nous soyons bien éloignés des régions souterraines où Tantique incendie continue à brûler et à s'éteindre. Les bouches toujours ouvertes des volcans et leurs éruptions établissent une communication entre la surface extérieure et les profondeurs enflammées, et nous prouvent que le sol qui nous en sépare n'est guère épais. Pour 26 à 30 mètres de profondeur, la température s'accroît d'un degré; et, comme, à mesure qu'on se rapproche du foyer central, l'accroissement marche plus vite, on trouverait la chaleur rouge à trois lieues sous terre, et, à dix ou douze au plus, les matières en fusion. La chaleur de la terre continue à se perdre dans l'espace; mais c'est avec une lenteur extrême et qui va toujours croissant. Aujourd'hui la quantité dont le globe se re-

Page 1