NOUVELLES REDHERCHES DES GÉOMÈTRES
froidit est d'un millième de degré en mille ans, ou d'un degré en un million d'années. On peut encore se représenter de la manière suivante ce phénomène du refroidissement. Une sphère, constituée comme la terre et n'ayant que trois pieds de diamètre, perdrait, dans la douze-cent-quarantième partie d'une seconde, en calorique, ce que notre planète perd dans le cours de mille ans. Mais, quelque longues que soient ces périodes, elles s'accompliront; quelque grande que soit encore la chaleur centrale, elle s'épuisera; la croûte mince qui nous sépare des incendies souterrains ira en s'épaississant; et c'est même à ce refroidissement graduel et aux changements de volume partiels qui en sont la suite, que Ton peut attribuer les tremblements qui ont dû être bien fréquents aux premiers âges du monde.
Tel est l'avenir qui se prépare pour le centre du globe; mais il n'en est pas de même de la surface. La chaleur qui s'y fait sentir est désormais indépendante des feux souterrains. Ces feux n'y entrent plus que pour un trentième de degré; et ils s'éteindraient complètement que la température moyenne ne serait altérée que de cette fraction insignifiante. La surface de notre planète est arrivée à un équilibre de chaleur qui ne tient plus qu'à deux causes : le soleil et l'atmosphère. Le soleil verse sans cesse ses rayons sur notre globe^ mais il contribuerait peu à l'échauffer sans la présence de l'atmosphère. On sait que, lorsqu'on s'élève sur les hautes montagnes ou dans les plaines de l'air, on ressent un froid très-vif, même avec le plus magnifique soleil ; ce froid tient à la raréfaction de l'air, et, si l'on dépassait tout à fait les limites de l'atmosphère, si l'on arrivait dans les espaces planétaires, on y rencontrerait, non pas un froid sans bornes, comme on aurait pu le supposer, mais une température de soixante degrés au-