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Du système musculaire

A côté du système nerveux doué de la sensibilité, M. Müller place, dans son quatrième livre, le tissu musculaire doué de l’irritabilité. Tandis que le premier est sensible, c’est-à-dire accomplit, soit comme centre, soit comme conducteur, tous les actes de sensibilité, depuis la sensation jusqu’à l’intelligence, l’autre est irritable, c’est-à-dire se contracte et se raccourcit sous l’action des agents qui le stimulent. Son stimulant le plus ordinaire est le système nerveux, avec lequel il est en rapport par les cordons spécialement chargés de la conduite de la volonté. Tels sont les deux grands systèmes qui appartiennent en propre à l’animal. Si on y joint le tissu cellulaire, duquel le règne végétal est uniquement composé, et qui, sous diverses modifications, constitue la plus grande partie des organismes animaux, on aura partagé en trois propriétés capitales et en trois formes essentielles toute la nature vivante. Le tissu cellulaire est, comme le témoignent les végétaux, l’agent essentiel de la nutrition ; le tissu nerveux

préside à tous les actes de la sensibilité, et laübre musculaire, contractile, met l’animal en état d’exécuter ses volontés. Cette grande division, fondée aussi bien sur l’observation anatomique que sur l’observation physiologique, est devenue une des bases de la science, et ne peut plus être abandonnée.

On s’étonnera peut-être que M. Müller ait intercalé le système musculaire, c’est-à-dire l’agent de la locomotion, entre le système nerveux et les organes des sens. C’est qu’il le regarde comme une sorte d’appendice du système nerveux, admettant que la fibre contractile l’est seulement par sa jonction avec la fibre nerveuse. La question est controversée entre les physiologistes; bon nombre pensent que le muscle possède par luimême la faculté de se contracter, et que la volonté, conduite par le nerf, n’est qu’un des stimulants propres à exciter la contraction. Pour moi, je partage cette dernière opinion, et dès lors on comprend que, si elle était adoptée, elle entraînerait un autre arrangement que celui deM. Müller *.

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