‹ La science au point de vue philosphiqueChapitre 62 sur 75 · Dzs lois de V histoire suivant M. Buckle · texte numérisé non relu

Dzs lois de V histoire suivant M. Buckle

M. Buckle a quatre propositions principales qu’il i (|j^

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considère comme les bases fondamentales de l’histoire de la civilisation, et qu’il faut citer textuellement : « 1° Les progrès du genre humain dépendent du suc- « cès des investigations dans les lois des phénomènes « de la nature et de la proportion dans laquelle se ré- 1 « pand la connaissance de ces lois ; 2® avant que cette

* « investigation puisse commencer, il faut que l’esprit

I « de doute soit né, et que, venant d’abord en aide aux 1 « investigations, il en soit aidé ensuite ; 3® les décou-

(I vertes ainsi obtenues accroissent l’influence des vé- I « rités intellectuelles, et diminuent, relativement, non 1 « absolument, les vérités morales; car les vérités mo-

l « raies, ne pouvant devenir aussi nombreuses, sont j « plus stationnaires que les vérités intellectuelles ; 4® le t « grand ennemi de ce mouvement, et, par conséquent, a le grand ennemi de la civilisation, c’est l’esprit pro- (J a tecteur, je veux dire l’idée que la société ne peut ^ « prospérer si l’État et l’Église ne guident et ne proi' « té^ent nos moindres pas dans les affaires de la vie : j- « l’État enseignant aux hommes ce qu’ils doivent faire, y « l’Église leur enseignant ce qu’ils doivent croire. » I (T. IV, p. 1.)

I La loi fondamentale de l’histoire, celle qui en constiy tue la philosophie, est la loi d’évolution. Quand on !; examine comment s’est fait le savoir humain, c’est-à- J dire comment chaque science est parvenue à établir I des doctrines ou lois dans l’ordre astronomique et

I physique, dans l’ordre chimique, dans l’ordre bioloa gique, on reconnaît que toutes ont, à l’origine, reçu ) leur première institution de conceptions fictives qu’on ^ nomme théologiques; que, plus lard et au fur et à

II mesure, il s’estmêlé une forte proportion de conceptions fj rationnelles qu’on nomme métaphysiques; et qu’enfin,

éliminant successivement ce double échafaudage provi-

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soire, elles sont arrivées les unes après les autres aux conceptions purement réelles qu’on nomme positives. Ceci, qui est un fait, non une hypothèse, s’étend de soi-même à l’histoire; dès queM. Comte l’aperçut dans chaque science, il l’aperçut aussitôt dans le changement des sociétés. C’est, comme on sait, ce qu’il a nommé la loi des trois états, théologique, métaphysique, positif.

Ce point ainsi posé, manifestement les propositions de M. Buckle, sans contredire formellement celles de M. Comte, ont, de parti pris, une visée moins haute. Examinons-les l’une après l’autre.

Le progrès du genre humain dépend, dit M. Buckle, du succès des investigations dans les lois de la nature. Cette proposition, qui n’aurait jamais pu naître dans les temps anciens, absolument étrangère au Discours de Bossuet sur l’histoire universelle, et formulée avec tant de force et d’éclat par Condorcet dans son célèbre Essaie n’est pourtant vraie qu’incomplétement. Et c’est seulement depuis la grande conception d’Auguste Comte que l’insuffisance, en tant que conception générale, en devient tellement apparente que, sans qu’il soit besoin d’aucune démonstration, il suffit de rapprocher les termes pour s’en convaincre. Le progrès du genre humain dans l’investigation des lois delà nature n’est pas autre chose que ce que M. Comte a dénommé le passage à l’état positif. Or, l’état positif est un terrain postérieur, pour me servir du langage géologique, qui repose sur des couches plus anciennes et plus profondes; ces couches sont l’état métaphysique et l’état théologique. Le progrès du genre humain a donc dépendu de trois facteurs, et non d’un seul ; et, quand on en parle au point de vue philosophique, il faut réintégrer les deux plus anciens, si l’on veut comprendre le plus moderne. Car, dans toute évolution.

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les derniers termes, n’existant que par les premiers termes, ne sont non plus intelligibles que par eux.

C’est une observation de même genre que suggère la seconde proposition. Elle a besoin, comme la première, de restriction et d’amendement. Que l’esprit de doute soit la condition nécessaire de l’investigation dans les lois de la nature, est un dire qui n’a pas des soutiens suffisants dans les faits. Cela n’est constant ni pour les individus ni pour les époques. Consultez en effet vos souvenirs, et aussitôt vous allez voir apparaître dans votre mémoire les noms d’hommes illustres qui ont fait de grandes découvertes dans l’investigation des lois naturelles, et desquelles l’esprit de doute ne s’est pas approché. Nous n’avons point assez de documents pour savoir si Hipparque et Archimède étaient de bons païens, pratiquant dévotement le culte de Jupiter et de Minerve; mais Galien, si éminent dans l’anatomie et dans la physiologie, n’avait aucunement secoué la foi païenne de ses pères. Quant aux temps chrétiens, les exemples sont très-nombreux : Descartes était un sincère catholique; Newton et Haller étaient de sincères protestants; prenez les Éloges de Fontenelle, pour ne citer que ce livre-là, et vous trouverez bon nombre d’hommes renommés dans les différentes branches des sciences naturelles, et pieusement soumis à tous les dogmes de la foi. Beaucoup de ceux qui, dans le dixseptième siècle, ont inconsciemment porté à la théologie les coups les plus rudes et les plus irrémédiables, ont eu les croyances théologiques. On fut longtemps sans apercevoir combien il est dangereux pour l’antique foi de remplacer la main de Jéhovah par la gravitation et le tonnerre divin par l’électricité.

Ces exemples suffisent à prouver que l’investigation des lois naturelles et le scepticisme théologique ne sont

pas nécessairement liés quant aux individus. Ils ne le ' sont pas davantage quant aux époques. Les époques les i plus sincèrement théologiques n’ont pas renoncé pour ; cela à l’investigation de la nalure. Je citerai pour I exemple le moyen âge; sans doute, cette investigation ] fut petite et proportionnée aux facultés du temps; i pourtant personne ne peut méconnaître ni la hardiesse |j des spéculations alchimiques, ni l’importance des dé- ij couvertes qui se produisirent dans ce domaine, ni la ü voie qui mena l’alchimie à la chimie. C’est qu’en effet j l’étude des phénomènes ne provient pas du doute à l’endroit des croyances théologiques; elle procède directement d’une curiosité instinctive qui, à mesure ■

qu’elle se développe par le travail et par le succès, i

prend un caractère d’amour du vrai et de passion. '

Et ici on touche du doigt la cause de la méprise de s M. Buckle. Il n’a pas distingué l’esprit positif de l’es- j prit métaphysique : l’esprit positif, c’est à lui qu’ap- ' partient l’investigation des phénomènes naturels; l’esprit métaphysique, c’est à lui qu’appartient le doute suscité contre les diverses religions qui ont occupé le . monde civilisé. Sans doute, l’esprit métaphysique s’est j aidé, suivant les temps, des découvertes diverses que j faisait l’esprit positif; mais celui-ci, toujours particu- j lier, ne pouvait prendre le rôle de controleur de la théologie que prit celui-là, toujours général. Même dans l’Inde et dans la civilisation brahmanique où l’esprit positif ne s’éleva jamais au-dessus du moindre de- | gré, l’esprit métaphysique n’en construisit pas moins j des systèmes équivalents à ceux de la Grèce et de l’Oc- j cident. En définitive, la métaphysique a été le grand ministre du contrôle et du scepticisme à l’endroit de ! la théologie; la métaphysique, puissante et honorée, '| alors qu’il s'agissait de transporter l’esprit humain du j

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point de vue de l’autorité surnaturelle au point de vue de l’autorité subjective ; mais devenue inutile et creuse aujourd’hui que l’esprit positif, embrassant tout le savoir, ne laisse plus de place ni aux conceptions iictives du premier âge de l’humanité ni aux conceptions rationnelles du second âge.

La troisième proposition de M. Buclde est relative au rapport entre les vérités intellectuelles et les vérités morales, celles-ci étant, suivant lui, plus stationnaires que celles-là. Ceci n’est pas le vrai rapport; et, pour le bien entendre, il faut demander quelques éclaircissements, tant à l’histoire qu’à la physiologie psychique. Au point de vue qui nous occupe ici, le diagramme du développement de la civilisation peut être ainsi figuré : première période, probablement immensément longue, dans laquelle l’homme primitif pourvoit à ses besoins, crée des outils, arrange des cavernes pour sa demeure, dispose des pilotis dans les lacs et les fleuves, taille des silex, façonne des poteries, allume et entretient le feu; je la nommerai période industrielle, si l’on veut bien donner le nom d’industrie à ces grossiers et chétifs essais d’esprits et de mains également inexercés; de cet état, nous avons les documents dans les reliques de l’homme fossile et préhistorique. La seconde période, prodigieusement longue aussi, quoique moins longue sans doute, est celle où les religions se développent dans le genre humain; alors, les arts industriels ont acquis un haut point de perfection; ils assurent pleinement la vie et l’embellissent; et c’est sur ce fondement que s’élèvent les grandes religions du monde ancien, dont le type le plus grandiose se montre dans l’Égypte, avec .son sacerdoce, ses pharaons, ses guerriers, ses hiéroglyphes et ses pyramides; à cette phase, je donnerai le nom de

période morale, si par là on veut se borner à entendre la culture de l’amour, du respect et de la crainte, sentiments inhérents à toutes les religions. De même qu’au sein de la période industrielle avait apparu la période morale, de môme au sein de la période morale apparaît la période intellectuelle; celle-ci, en comparaison des deux autres, n’a qu’un passé fort court, mais, en revanche, un immense avenir lui est ouvert; la science, car c’est d’elle qu’il s’agit, renouvelle d’une main le domaine industriel, de l’autre porte la lumière dans le domaine moral. Telle est la constitution de l’esprit humain que le vrai en est le point culminant; le vrai, qui ensuite sert à tout.

I! s’en faut que toutes les races humaines et, dans le sein d’une même race, toutes les tribus aient monté cette même échelle. Parmi les sociétés, quelques-unes sont restées au premier échelon ; beaucoup n’ont pas dépassé le second; et le moindre nombre entre elles ont atteint le troisième. D’où proviennent ces inégalités? Pour ce que j’ai à en dire ici, elles sont toutes contenues, d’une part dans la race, le climat et les heureuses conjonctures; d’autre part dans le génie individuel qui découvre le bon, le beau, le vrai, et l’incorpore aux destinées historiques de l’humanité.

Ce diagramme, on le remarquera, ne soulfre point d’intervention. Jamais l’humanité n’a commencé par chercher et trouver les théories de l’analyse mathématique, les lois qui régissent le monde astronomique, les subtils phénomènes du calorique, de l’électricité et de la lumière, les combinaisons plus subtiles encore qui unissent les éléments entre eux, enfin, ce qui est le plus subtil de tout, le tissu de la trame qui fait l’organisation et la vie ; toujours elle a commencé par les arts qui sont nécessaires à son existence; puis elle a

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passé aux conceptions religieuses, et finalement aux conceptions scientifiques. C’est par cette évolution que l’homme physiologique, c’est-à-dire l’homme encore sans acquisition matérielle, morale et intellectuelle, est devenu l’homme historique.

Le dire de l’histoire, il faut le corroborer par le dire delà physiologie psychique.

La physiologie psychique établit non-seulement que les facultés égoïstes et les facultés altruistes * ont un même siège dans le cerveau, mais encore que les facultés intellectuelles résident dans le même lieu anatomique que ces deux groupes. On va voir de quelle importance est cette condition organique dans l’évolution de l’histoire.

Avant de tirer les conséquences qui en découlent, définissons ce qu’est, au point de vue psychique, une religion. Les religions, au moins dans le sens que ce terme a eu jusqu’ici, c’est-à-dire un culte rendu à des êtres surnaturels dont la puissance embrasse le ciel et la terre, les religions, dis-je, forment un grand domaine que s’ouvrirent les principales facultés affectives de l’homme. C’est un altruisme appliqué, sans doute, à des objets inconnus de l’expérience et connus seulement de la foi successive des siècles et dos peuples, mais exercé pendant de longs âges au profit d’une amélioration réelle bien que partielle de l’âme humaine.

Munis de ces remarques, reprenons le diagramme de notre évolution. Au premier et plus bas degré, la satisfaction des besoins engendre une industrie qui va se perfectionnant, et qui oblige l’homme à de continuels efforts cérébraux. Sous cette éducation , son cerveau

1. M. Comte donne le nom d’altruisme (d’où allruiste) à l’ensrmlile des sentiments affectifs. C’est l’opposé de l’égoïsme.

se fait meilleur; et, par la connexité anatomique des facultés égoïstes avec les facultés altruistes, naissent des besoins moraux qui, prenant la forme sociale commandée par le temps et le degré de développement, deviennent des religions. Cet altruisme ainsi formé s’étend à toute l’existence humaine, et se purifie de degré en degré, exerçant à son tour une heureuse influence sur les facultés intellectuelles dont il est anatomiquement si voisin. Et, en effet, c’est au sein des grandes théologies de l’antiquité qu’ont été jetés lesfondements des vérités intellectuelles et du savoir positif.

Là ne s’est pas arrêté l’enchaînement de ces actions et réactions nées psychiquement de la résidence des diverses facultés dans la même partie du cerveau. Les facultés intellectuelles, ayant pris possession d’ellesmêmes et de la civilisation, ont exercé leur influence sur les facultés affectives ; et c’est ainsi que les sociétés modernes, en devenant plus éclairées, sont devenues meilleures, plus humaines et plus équitables. Je ne dédaignerai pas de noter non plus que de la sorte, même dans la satisfaction des facultés égoïstes, les moins perfectibles de toutes, il s’est produit une amélioration sous forme de propreté, de goût et d’élégance.

Quant à la quatrième proposition deM. Buckle, à savoir que l’esprit protecteur, c’est-à-dire l’État enseignant aux hommes ce qu’ils doivent croire, est l’ennemi capital du progrès de civilisation, il est à peine besoin de remarquer que, bien loin d’être une loi, cette proposition n’est qu’un cas particulier, propre à certaines phases du développement. A vrai dire, elle s’applique surtout à celle que nous parcourons depuis la Réforme, et où la compression du libre examen est le but de la rétrogradation, et son incompressibilité l’arme de la révolution. Mais, cette lutte, les époques organiques ne la

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connaissent pas ; elle a été ignorée du moyen âge, elle l’a été plus anciennement du polythéisme en sa fleur, et elle le sera du régime positif; non, sans doute, que l’examen ait été supprimé alors, ou qu’il doive l’être un jour ; mais c’est qu’il portait dans ces périodes passées et qu’il portera dans la période future, sur les conséquences et non sur les principes. Discuter non les principes, mais les conséquences, tel est le caractère des époques organiques.

Après avoir généralisé de cette sorte,M. Buckle généralise d’une autre : « En considérant, dit-il, dans son « entier, l’histoire du monde, la tendance a été, en Eu- « rope, de subordonner la nature à l’homme; hors de « l’Europe, de subordonner l’homme à la nature. Il y « a plusieurs exceptions à ce principe dans les pays « barbares; mais dans les pays civilisés la règle a été « universelle. Donc la grande division de la civilisation « en européenne et en non européenne est la base de « la philosophie de l’histoire, puisqu’elle nous suggère « cette importante considération que, si nous voulons « comprendre, par exemple, l’histoire de l’Inde, nous « devons d’abord nous attacher à l’étude du monde (I extérieur, parce qu’il a eu plus d’action sur l’homme « que l’homme n’a eu d’action sur lui. Si, d’un autre « côté, nous voulons comprendre l’histoire d’un pays « tel que la France ou l’Angleterre, l’homme doit être « notre principal sujet d’étude, parce que, la nature « étant comparativement faible , chaque pas vers le « grand progrès a augmenté la domination de l’esprit « humain sur les influences du monde extérieur (t. I, p. 171).» C’est une erreur, et il n’y a là aucune base à la philosophie de l’histoire ; pour qu’on pût, sociologiquement, partager la civilisation en européenne et extra-européenne, il faudrait que la civili-

sation européenne fût autochlhone. Or, elle ne Tes! pas. L’Europe tout entière était plongée dans la barbarie, c’est-à dire dans cet état où l’on est hors de la sauvagerie sans avoir encore mis le pied dans la civilisation, quand la Chaldée, la Phénicie, l’Assyrie et, avant toutes, l’Egypte brillaient de l’éclat des arts et du commerce, bâtissaient de grandes villes, élevaient de splendides monuments, travaillaient les métaux, et enseignaient au reste des hommes à lire, à écrire, à compter, â mesurer. Ce fut à la bordure de l’Asie, en cette Grèce moitié européenne et moitié asiatique qu’apparut la civilisation européenne, destinée à devenir la civilisation universelle ; mais le flambeau ne s’y en alluma qu’à la flamme communiquée par nos aînés de l’Asie et de l’Afrique. La proposition de M. Buckle n’est donc vraie que quand on la limite à une période récente; mais alors elle fuit et se dérobe par un autre côté; car la civilisation émanée d’Europe s’implante en Amérique, en Australie, commence à transformer l’Inde, émerveille le Japon, toutes contrées où, suivant le prétendu axiome , la nature est plus puissante que l’homme.

11 ajoute : a La découverte des lois de l’histoire de « l’Europe s’est fondue en une découverte des lois de « l’esprit humain. Ces lois mentales, quand on les aura « établies d’une manière certaine, deviendront la base « de l’histoire de l’Europe i on regardera les lois « physiques comme étant de moindre importance, et « n’ayant d’autre résultat que de soulever des troubles « dont la force et la fréquence ont sensiblement <( diminué durant plusieurs siècles. » (T. I, p. 177.) Je cite ce passage non pour le discuter à fond, mais pour y signaler en un mot l’insuffisance des points de vue généraux de M. Buckle. Il n’est pas permis de con-

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fondre les lois de l’histoire avec les lois de 1 esprit humain. Rien dans l’esprit humain ne montre qu il doive y avoir une évolution historique. Cette évolution est un fait que l’on constate expérimentalement comme tous les autres faits ; mais on ne la déduit point de l'étude psychique. Puis, cette évolution étant reconnue dans son mouvement et dans la direction de ce mouvement, il est fort utile de considérer comment l’esprit humain se comporte pour cette nouvelle condition qui lui est imposée, et comment à son tour il y met ses propres conditions.

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