‹ La science au point de vue philosphiqueChapitre 7 sur 75 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Les Anglais donnent une signilication particulière à ces mots de philosophie naturelle; par là ils entendent la physique, l’astronomie et la mécanique céleste, la crystallographie, la minéralogie, la géologie, la chimie et les applications mathématiques que comportent quelques-unes de ces sciences. Ce que nous appelons histoire naturelle en est exclu, c’est-à-dire la zoologie, la botanique, ainsi que toutes les branches de l’anatomie et de la physiologie animale et végétale. C’est dans ce sens restreint, que nous avons d’abord indiqué, qu’il faut comprendre les déductions du Discours de M. W. Herschel. Au reste, les considérations auxquelles il se livre sont applicables aussi aux sciences placées en dehors de son cadre. Toutes ont aujourd’hui la même base, toutes procèdent par la même méthode; le degré de perfectionnement diffère seul.

l.L. F.W. Herschel, traduit de l’anglais par B**''. — Le National, H février 1835.

i Fils du célèbre astronome qui a découvert Uranus,

1 et qui a commencé l’étude et la théorie des nébuleuses,

1 M. W. Herschel a été élevé dans le sein de l’astronor mie, à laquelle, lui aussi, il a déjà rendu des services.

■ En même temps qu’il puisait à l’école de son père ' l’instruction et le savoir, il puisait dans ce commerce I intime et familier avec les sciences un amour désinté- I ressé pour elles et le zèle de leur gloire. Son Traité d’as- I tronomie, qui a été récemment traduit en français par I M. Cournot, destiné à ceux qui ne sont pas astronomes ^

de profession, a pour but de répandre, hors des limites I

du sanctuaire, des connaissances peu familières à la plupart des hommes, et d’en inspirer le goût. Son Discours, dont il s’agit en ce moment, est aussi un ouvrage populaire où l’auteur veut exposer la méthode et les bienfaits de Xsl philosophie naturelle.

« Les sciences, dit-il, ne peuvent être ni bien cultivées ni bien senties, lorsqu’elles sont concentrées entre les mains d’un petit nombre; et, quoique les conditions de notre existence sur la terre soient telles, que tout ce qui vient à la vie ne puisse se promettre de la passer dans l’aisance, il n’y a du moins dans la nature aucune loi qui réprime nos besoins intellectuels et moraux. Les sciences ne sont pas comme les objets de consommation, elles ne se détruisent pas par l’usage; au contraire, elles s’étendent et se perfectionnent. Elles n’acquièrent pas peut-être un plus haut degré de certitude, mais elles s’accréditent et se perpétuent. Il n’est pas un corps de doctrine, quelque sûr et éprouvé qu’il soit, qui ne gagne et ne se perfectionne en passant par les mains de milliers d’hommes. Ceux qui aiment et admirent les sciences pour elles-mêmes doivent souhaiter que leurs éléments soient à la portée de tous, ne fût-ce que pour voir discuter les principes sur lesquels

Page 1