‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 132 sur 259 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

effet, la reine a le privilège de donner des enfants à la patrie.

BURNENS.

Voilà qui est bien curieux, mon cher maître.

FRANÇOIS HUBER

Mais ce n'est pas tout ; la mère des abeilles a encore une mission à remplir: celle de prévenir les désirs du peuple et de les transmettre à la ruche assemblée.

BURXENS.

Système parlementaire, !

FRANÇOIS HUBER

Avec cette différence que chez les abeilles, il n'y a ni discussion, ni interruption, ni interpellation.

BURNEXS.

Et qu'arriverait- il si une reine mécontentait son peuple ?

On la chasserait de la ruche. Seulement, comme une reine est absolument nécessaire, pour faire naître des générations nouvelles, pour traduire à tous la volonté de chacun, et pour maintenir l'ordre public, les abeilles, dans leur sage prévoyance, ont toujours en réserve, au fond d'alcôves mystérieuses, de jeunes nymphes, élevées en prévision d'une royauté future. Ce sont les viceprésidentes de la République.

BURNENS.

Une vice-présidente de la République ? Allons !

les abeilles sont plus avisées que nous, puisque notre République ne comptepas de vice-président.

FRANÇOIS HUBER

Ce qui prouve, ami Burnens, que les hommes pourraient recevoir, pour leur organisation politique, de bonnes leçons des insectes. (Bruit dans la ruche.) Mais il y a grand bruit dans la ruche. C'est la reine qui va émigrer, et la moitié des abeilles la suit. (On voit l'essaim sortir de la ruche, et disparaî're par la porte de droite.) Va les rejoindre au plus vite, dans le jardin; offre -leur une nouvelle ruche, et tu les rapporteras ici. Nous aurons deux peuples, au lieu d'un,

BURNENS.

J'y cours, M. Huber.

Jl sort parla porte du premier plan.

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