SCÈNE DIXIÈME
LUDOVIC
Êtes-vous assez chançard que ce ne soit pas une veuve I
SIR EVANS
C'est étrange! il me semble que j'ai vu déjà ce visage.
LUDOVIC, à part.
Il va reconnaître Christian a, parbleu 1
SIR EVANS
Oui... je l'ai vu et revu bien souvent... dans mes rôves...
LUDOVIC, à part.
Dans ses rêves seulement... à la bonne heure!
SIR EVANS
M. Ludovic!... voyez... on dirait qu'elle r'ouvre les yeux ?
LUDOVIC, à part.
Voici le moment critique. (Haut, gaiement.) Eh! oui, mon cher M. E\'ans, l'air est entré dans ses poumons; la vie lui revient, et elle se réveille... Quoi de plus naturel ?
Christiana, q li a ouvert les yeux, se soulève k demi, et re«
garde tendrement sir Evans.
SIR EVANS, radieux.
Elle m'a regardé!... son premier sourire a été pour moil...
LUDOVIC, à part.
Le voilà emballé! Maintenant, ça ira tout seul. Christiana qui s'est levée, marche avec hésita' ion, regarde autour d'elle, comme si elle reconnaissait le paysage, s'arrête, étonnée, devant sir Evans, et touche curieusement ses habits.
SIR EVANS
Elle est charmante.
LULOVIG, étottrdiment.
Vous ne vous en apercevez qu'aujourd'hui ? SIR EVANS, étonné.
Mais sans doute, puisque ce n'est qu'aujourd'hui qu'il m'est donné de la voir, de lui parler, de l'admirer.
Il regarde Christiana tendrement.
LUDOVIC, à part.
Fichtre ! J'ai manqué de tout compromettre. . . Si je parlais davantage, je l'erais quelque boulette. Ce que j'ai de mieux à faire, c'est de les laisser se débrouiller ensemble.
Il entre dans la chaumière.