SCENE XVII
Les Mêmes, Li:: MARQUIS, CHARLES, arrivant par la droite.
FOUGASSE, au Marquis,
M. le Marquis, j'ons retrouvé la fraise! (Montrant Chariot.) V'iàvot' neveu!...
LE MARQUIS
Comment ce serait Chariot? Voyons! (il regarde le cou
de Chariot.) C'est vrai !... il l'ai., il l'a! Dans mes bras. Chariot, dans mes bras, mon neveu I
CHARLOT
Je serais votre neveu, je serais un Bellemare !
LE MARQUIS
Tout ce qu'il y a de plus Bellemare I
scèm: dix-septième 53.
CHARLOT
Mais quelle preuve avez-vous de ma haute naissance ?
FOUGASSE
La fraise ! saperlotie ! la fraise ! que vous avions au cou !
MIRJOLET.
G'étiont la marque de fabrique des Bellemare !
CHARLOT
Quoi ! ce petit signe rouge que j'ai sous le menton, et que je cachais à tous les yeux, comme une tare, comme un défaut?
LE MARQUIS
Est un signe héréditaire dans notre famille. Tous les Bellemare naissent avec une fraise sous le menton.
CHARLOT
Gomment cela, Monsieur le Marquis?
LE MARQUIS
C'était sous notre roi, Louis le XIII". Le jeune marquis Gaston de Bellemare, seigneur du pays, se promenait, le lendemain de ses noces, avec son épousée. Blanche Yseult de Beaumanoir,dans les bois de Marly. Un beau bouquet de fraises se voyait sur le gazon. La jeune épousée eut une grande envie de ces fraises, et le marquis s'empressa de les cueillir, et de les lui présenter sur sa main. Mais, dans le même moment, une biche effarouchée, sortit du taillis, et heurta les deux promeneurs; les fraises, tombèrent sur le sol...
ok CHERCHEZ LA FRAISE
FOUGASSE
El comme ça, la belle YsealL ne mangea point les fraises dont elle avait envie.
LE MARQUIS
Non; elle en pleura de dépit, et l'enfant qu'elle mit au monde, plus tard, naquit avec une superbe fraise sous le menton... Et depuis lors, tous les Bellemare viennent au monde avec un signe pareil. (Il ote sa cravate, et montre sur son cou une fraise énorme.) Voyez !
CHARLES
Ah ! ça mais, que suis-je, moi, qui n'ai pas le moindre fruit sur mon individu ?
FOUGASSE
Vous, vous êtes Chariot, pardienne, le petiot de Simonne, la bûcheronne!... Je nourrissais ensemble Chariot, le pauvre orphelin, et Charles de Bellemare, le riche Marquis. Un jour on les mescla un brin ; mais le bon Dieu en avait marqué un: (Montrant Charlot.) le bon.
LE MARQUIS, à la baronne.
Le neveu que je devais vous présenter aujourd'hui, Madame, le voilà. (11 prend Chariot par la main.) J'espère que voiis le trouverez à votre gré.
LA BARONNE, baissant les yeux.
Ah! je connais, monsieur.
LE MARQUIS
Ah ! bah ?