‹ La science de bien mourirChapitre 38 sur 128 · I. Jéjsns · texte numérisé non relu

I. Jéjsns

Et inclinato capite, tradidit sipiritiim. Jésus inclina la tète, et rendit le dernier soupir.

(Joan., xix, 30.)

Nous ne devons pas oublier que c'est le premier but de notre Association : honorer l'agonie, la mort de Jésus-Christ notre Seigneur, et par les mérites de ses souffrances obtenir pour nous et pour nos associés la grâce d'une Bonne Mort. C'est donc, pour nous aussi, un devoir essentiel d'étudier cette mort divine, cause et source unique de nos espérances et de notre salut. Deux pensées suffiront pour éclairer et toucher notre cœur.

1° Pourquoi Jésus-Christ est-il mort ? Pour nos péchés et par amour pour nous : Traditus est ■prcpter delicta nostra (Rom., iv, 25) ; dilexit me et tradidit semetipsum pro me (Gai., n, 20). Ce sont les deux bourreaux du Calvaire, le péché et l'amour... Nous trouvons ainsi, au pied même de sa croix, les deux sentiments, où plutôt les deux grandes vertus qui sauvent les âmes à l'heure de

\a mort : l'iiumilité et la confiance. Et, en effet, quel cœur ne s'humilierait et ne se briserait, à la vue de cette victime de nos péchés ? et qui pourrait encore se laisser aller au découragement, au désespoir, en voyant l'abondance des miséricordes du Seigneur, et les trésors infinis de la rédemption ? Il efface dans ses larmes et dans son sang toutes les iniquités de la terre, et, en mourant, il nous appelle à la vie.

2° Mais comment est-il mort, ce Dieu victime et notre modèle? i° avec une humble soumission : inclinato capite emisit spiritum... lia, pater; non m^a voluntas, sed tua, fiât ! (Luc, xxn, 42.) Que votre volonté se fasse et non pas la mienne. 2° Avec le détachement le plus absolu ; il a été dépouillé de tout par les soldats, ses bourreaux, et lui-même il a dit un dernier adieu à sa mère : Ecce mater tua, ecce filius tuus (Joan., xix, 20). 3" Avec confiance et le plus parfait amour, malgré l'excès de sa douleur, et les cris que lui arrache la souffrance de l'agonie : Pater, in manus tuascommendo spiritum meum (Luc.,xxni., 4G). Mon père, je remets mon àme entre vos mains.

Voilà notre modèle, notre Sauveur Jésus; il expire sur la croix ; nous devons mourir avec sa croix, et avec ce signe nous remporterons une grande et dernière victoire; nous baise-

rons la croix et elle nous sera une lumière, une consolation. Nous prononcerons ce nom de gloire et d'amour, Jésus! Et, à ce nom, toute grâce descendra des cieux, toute espérance sera donnée à la terre, tout tremblera dans les enfers :

Jésus, Marie, Joseph !

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