‹ La science de bien mourirChapitre 40 sur 128 · III. «Uoseph · texte numérisé non relu

III. «Uoseph

Ite ad Joseph.

Allez à Joseph.

(Gen., XLi, 55.)

C'est lui, c'est Joseph qui est le patron spécial de la Bonne Mort, et le protecteur de notre Association. Nous aurons souvent l'occasion de parler de sa puissance et de ses bienfaits dans le cours de ces instructions, et nous nous proposons de faire une neuvaine sur les principales vertus de ce grand saint.

Il suffira de dire un mot sur sa mort, puisque c'est à ce privilège incomparable qu'il doit cette spécialité dans l'œuvre de notre salut.

Première pensée. C'est surtout à cette heure que nous avons besoin d'un secours puissant; car c'est la lutte décisive, et l'enfer, sachant qu'il n'y a plus de temps, fait des efforts inouïs pour perdre une àme, et ravir ce trésor à Dieu. Lutte affreuse de la souffrance et de la crainte ; déchii-ements du cœur dans la séparation, passage terrible, suprême agonie !

Deuxième pensée. Qui nous protégera? sans doute la Croix. Qui nous consolera? notre Mère, la Vierge immaculée. Qui nous défendra ? notre Ange fidèle.. Oui, assurément : mais c'est Joseph surtout qui, en ce jour, doit se montrer le protecteur de ceux qui espèrent en lui : Protector est omnium speranfium m se... (Ps. xvn, 31). Et pourquoi ce privilège ? C'est en souvenir de sa mort, la plus sainte, la plus heureuse, la plus douce:

Dans les bras de Jésus, sous les yeux de Marie.

Contemplez votre image, l'image de l'Association. Vous y trouverez non-seulement le modèle accompli de la mort des justes, mais la raison même de notre espérance.

Aussi quelles preuves touchantes de celle mer-

veilleuse protection! La plupart de nos associés rendent doucement le dernier soupir, en répétant ces noms sacrés : Jésus, Marie, Joseph ! Un grand nombre expirent en tenant à la main, en baisant notre image précieuse. Plusieurs ont demandé à la garder sur leur cœur, jusque dans le tombeau. Quelques-uns ont dit, affirmé qu'ils voyaient Joseph qui les bénissait en ce moment, et qui venait les chercher. Ainsi, l'un de nos associés à l'agonie, s'écria dans un moment de douleur affreuse : Il e^t temps, il est temps! Jésus ! Marie ! Joseph!... Je les vois!,., et il expirait doucement dans la paix du Seigneur et comme sous le regard de la sainte famille (d). Une autre associée, une femme si distinguée, ne se lassait pas de répéter ces saintes aspirations : Jésus, 3Iarie, Joseph, et elle mourut dans une sorte de ravissement, d'espérance et d'amour pour N.-S. J.-G. qu'elle voulait, disait-elle, aimer au nom de tous les cœurs (2). Une autre encore, si jeune, épouse et mère, ne cessait de répéter : Jésus, Marie, Joseph, mon bon Dieu, je vous aime, je suis si heureuse !... Jésus, Marie, Joseph! et elle expira la

(l) Le docteur J.-P. Tessier, mort le IG mai 18G2, à l'âge de cinquante et im ans.

(■2) L'admirable comte?se de Drissac, née de Montmorency, morte le 21 septembre 18G0.

main surla tête de son enfant pour le bénir, et les yeux au ciel !... (1).

Encore une fois, souvenez-vous de ces pieux conseils et de ces exemples touchants ; souvenezvous-en pour vous et pour les autres. Dites souvent dans votre cœur, et faites-leur répéter souvent :

Jésus, Marie, Joseph !

DOUZIEME LEÇON

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