POUR LA FÊTE DE SAINT JOSEPH
Ite ad Joseph.
Allez à Joseph.
(Gen., iLi, 55.)
Tout le monde sait que l'Église, dans sa liturgie sacrée, que les saints Pères et les plus grands docteurs, nos maîtres dans la foi, se plaisent à appliquer ces paroles à saint Joseph, notre glorieux patron. L'illustre Patriarche, le Sauveur de la terre d'Egypte et d'Israël, n'était que la figure de cet homme incomparable, élu pour être l'é-
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poux de la Viorgc immaculée, et le père nourricier de Jésus. Il n'entre pas dans notre pensée, ni <lans le plan de ce Manuel, de faire ici un éloge, un panégyrique de ce grand saint. J'aurais- d'ailleurs tout dit en un mot : Joseph auprès de Jésus €t de Marie se trouve dans de justes proportions ; il se cache, il est vrai, mais il est à sa place, et clans ce tahleau divin de la sainte famille, quoique un peu dans l'omhre, il fait bien... Des ignorants ie remarqueraient à peine, et ne verraient que la mère et l'enfant, parce qu'ils doivent toujours en cftet se trouver dans le premier plan ; mais un homme habile, un artiste, remarquant cette belle tète au fond du tableau, ne pourra s'empêcher de l'admirer, de s'écrier avec transport : Qu'il est beau !... C'est ainsi que les Saints les plus élevés dans la science des mystères divins, ont le pkis exalté la gloire de Joseph, et ses vertus et ses bienfaits... Ce sont eux surtout qui nous invitent à recourir à lui, parce que, disent-ils, au jour de sa fête, il est le maître des Cieux, et Dieu semble ■encore vouloir lui obéir au moins ce jour-lù : ite, ■allez à Joseph ! allez avec contiance.
Dans une première méditation, nous irons à Joseph pour apprendre de lui toutes vertus, et dans la deuxième, que nous réservons pour la lèle de son palronugc, nous irons pour deman-
der toutes grâces. Ainsi nous apprendrons de lui d'abord:
I. A prier.,. La vie de Joseph à Nazareth était une oraison continuelle. Comme les Anges du ciel qui voient la face de Dieu, ne cessent d'adorer et d'aimer ; ainsi Joseph près de Jésus, son Dieu, ne pouvait détourner son esprit ni son cœur de la plus sublime et de la plus douce contemplation. Mais qui pourrait dire l'humilité, la ferveur toujours croissante de sa prière, et l'union intime du cœur de ce saint Patriarche avec le cœur de l'enfant Dieu !... Filius accrescens Joseph (Gen., XLix, 22.) Mais non-seulement il priait ce Dieu, il priait avec lui : rien de plus touchant que cette pensée de la prière en famille, à Nazareth... Joseph parfois, ou Marie invitait l'Enfant à faire, à haute voix, la prière du soir ou du malin... Oh! pour bien apprendre à prier, il vous suffira de les contempler en silence... la prière de la sainte famille à Nazareth : imitez Joseph, priez comme lui.
II. Il nous apprendra à travailler... Joseph était un pauvre artisan, un charpentier. Il a travaillé toute sa vie, et c'est à la sueur de son front qu'il gagnait le pain de chaque jour. Mais si ce fut une nécessité pour lui, ce fut surtout une vertu... et il faut assurément qu'il y ail une iiaute sainteté, une gloire immense, un mî-rito infini
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dans cette vie de travail, pour (ju'im Dieu ait aon-seulement voulu avoir pour père un ouvrier, mais se faire lui-même ouvrier, apprenti sous ?es ordres, et cela pendant trente ans. Ce qu'il faut surtout méditer ici, c'est la perfection de ce «aint artisan, qui, seul entre tous les hommes, a eu le bonheur de travailler toujours en présence du Seigneur, mais en sa présence réelle, en union avec Jésus-Christ, mais en union véritable, tout près de lui, avec lui, et enfin pour lui, mais directement pour lui, pour le nourrir!... Eli bien! pour sanctifier et diviniser le travail, élevez-vous à cette hauteur et cette pureté d'intention, imitez Joseph, apprenez de lui à travailler avec Jésus et pour Jésus.
III. Il y a encore une étude plus sublime, une science plus parfaite : Joseph nous apprendra à souffrir... Telle a été, en effet, la destinée de cet homme et de Marie, sa glorieuse épouse, et c'est le sort de tous ceux que Dieu aime. Joseph a donc l)ien souffert; toute sa vie a été pleine de doul.'urs. A la naissance de Jésus, il a souffert de sa pauvreté, il n'a pas même pu trou\er de place dans une hôtellerie de Bethléem ; et lors de la fuite en Egypte, et pendant son séjour dans cette terre d'exil... que d'humiliations, d'inriuiéludes et de privations même ! Joseph souffrait dans son
cœur, mais avec quelle soumission, avec quel abandon, quel courage, quelle confiance et quel amour ! Contemplez ce saint modèle de paix, dans les épreuves, et tâchez de l'imiter. Ite ad Joseph. IV. Enfin, ce que nous devons surtout apprendre de saint Joseph... nous, Associés de la Bonne Mort, c'est à mourir... C'est pour cela qu'il nous a été spécialement donné comme modèle et protecteur. Et pour l'étudier à fond, et bien profiter de cette leçon, la plus importante pour nous, il nous suffira de contempler attentivement notre sainte image delà mort de saint Joseph... Marie à genoux prie et pleure. Jésus, encore plus près de Joseph, lève la main pour le bénir, ou pour lui montrer le ciel ; et lui, calme et tranquillle, regarde Jésus et Marie tour à tour... ou bien il lève ses yeux au ciel ; et cependant, que la mort pour lui allait être cruelle et amère ! Tandis qu'elle conduit les Saints à Dieu, Joseph par la mort allait perdre son Dieu, au moins pendant quelque temps... Les autres vont au ciel par la mort, et lui, il va le quitter ! II va être séparé de Jésus et de Marie ; oh ! qui pourrait jamais concevoir l'amertume ,e cette séparation, la douleur de ce dernier legard, de ce dernier adieu ! Voilà pourquoi Jésus le fortifiait, et Marie le consolait : et "voilà pourquoi il est le modèle de la Bonne Mort:
il nous apprendra par son exemple à faire avec amour le dernier sacrifice.
On terminera cette méditation par une prière fervente à saint Joseph, pour tous les Associés vivants, malades et décédés.
-SIXIEME LEÇON