DES INDULGENCES DE L'ASSOCIATION
Veniam dabas peccalis eorum. Vous leur donniez le pardon de leurs fautes.
(Sap., XII, n.)
Les Indulgences, c'est là une des questions les plus difficiles en théologie, et des plus importantes dans la pratique. Il serait si triste d'être auprès d'un trésor immense, et de négliger d'y puiser, lorsque cela nous est permis et si facile ! Il y a pourtant une foule de chrétiens qui tombent dans cette indifférence : beaucoup par ignorance sans doute, et plusieurs par lâcheté.
i° Un mot des indulgences en général ;
2° Un mot des indulgences de notre Associalion.
I. Par indulgence, il faut entendre le pardon, la rémission, non pas du péché, mais de la peine
temporelle due au péché, dette sacrée qui ne peut être acquittée que par l'expiation ou la satisfaction, soit en cette vie, soit en l'autre ; et c'est sur ce dogme des peines temporelles que repose la foi au purgatoire.
Ce pouvoir des Indulgences donné à l'Eglise a sa raison d'être, et sa preuve dans la parole de Jésus- Christ. Quodcumque ligaveris (Matt., .w, 49), etc.. Tout ce que vous lierez sur la terre sora lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la torre sera délié dans les cieux... Nous trouvons l'exercice de cette puissance à l'origine même des siècles. Au témoignage de saint Cyprien, les martyrs donnaient de ces pardons ou indulgences ; et depuis le saint concile de Trente, c'est une vérité de foi définie contre l'impie Luther. Mais c'est à Pierre seul et à ses successeurs que le plein pouvoir a été donné. Le sanit Pontife de Rome peut seul accorder des Indulgences plénières. Les évoques ne donnent que des Indulgences de quarante jouis.
Il y a donc des Indulgences plénières et d'autres partielles. Et la délinition ou explication de ces mots a été donnée (page 20). Il y a des Indulgences a|)plicahles aux âmes du Purgatoire ; les autres ne sont accordées que pour nous. iMais ce D'est jamais que par voie de suffrage que nous
pouvons les appliquer à ces âmes. Que cette foi est belle, sublime! comme elle unit entre elles toutes les parties de l'Église de Jésus-Cbrist ! Qu'il est triste de prolester contre cette douce croyance, et qu'il doit en coûter aux cœurs maternels!... Aussi, quoi de plus insensé que ce qu'objectent à ce dogme l'impiété et l'bérésie ! Jamais l'Église, en effet, n'a dispensé pour cela ses enfants du précepte de la pénitence, et bien loin de diminuer les mérites de Jésus-Christ, qui est mort pour l'expiation des péchés, c'est dans ses mérites infinis qu'elle puise, pour nous accorder ces grâces, et nous engager à les appliquer à ceux de nos frères qui souffrent encore dans le Purgatoire. Enfin, quelles sont les conditions nécessaires pour gagner une Indulgence? D'après saint Thomas d'Aquin, toutes sont enfermées dans ces quelques mots : Auctoritas dantis. Il faut qu'elle ait été accordée par qui de droit ; Caritas accipientis, la charité, c'est-à-dire l'état de grâce, l'exemption de péché grave dans celui qui la demande et qui veut l'obtenir. On ne peut gagner une Indulgence, et cire en péché mortel ; Pietas causae, elle ne peut être attachée qu'à une bonne action, ou à une prière sainte. Il faut encore et absolument remplir parfaitement, à la lettre, tout ce qui a été prescrit, et avoir l'intention, au moins vu'tuelle,
(l'oljlciiir OU de gagner cette Indulgence. Il faut, de plus, s'être confessé dans la semaine, ou au moins pour certains lieux, comme à Paris, dans la quinzaine, et avoir communié ce jour-là. Il y a, pour ce dernier point, quelques exceptions formolles : ainsi, pour le chemin de la croix et les Indulgences du scapulaire bleu ou de l'Immaculée conception, on peut les gagner sans cette condition de la confession et de la communion. Mais ce qui est essentiel en cette matière, c'est de s'exciter à la confiance, et de bien se persuader qu'il n'est pas impossible de gagner une Indulgence plénière, ni même si difficile que semblent l'indiquer quel(iues livres pieux. LÉgiise ne peut proposer à ses enfants des grâces qu'il leur serait comme impossible d'obtenir : Sicuf credidisti ! (Matt., vui, 13.) Il vous sei'a donné selon votre foi, comme vous aurez confiance.
II. Un mol, maintenant, sur nos Indulgences. Les Associés de la Bonne 3Iort, dont le nom est inscrit, et qni sont fidèles à la condition si facile de réciter chaque jour trois Pater et trois Ave, peuvent jouir d'un grand nombre d'Indulgences plénières. Le catalogue en a été donné (pages 18 à 23"» Il suffit de les rappeler ici sommairement : ainsi, tous les jours de réunions, toutes les fêtes principales de Aotre-Seigncur, de la sauite Vioi'gc
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el des saints Apôtres, aux deux fêles de saint Joseph, notre premier patron. Tous ces jours, la sainte messe est célébrée à sept heures pour les Associés, et ceux qui peuvent y assister participent d'une manière plus particulière aux mérites du saint sacrifice et de la prière en commun. Quel malheur et quels regrets un jour, si, par notre faute, nous avions refusé ou négligé de puiser à ces sources abondantes de grâces ! et que de peines affreuses, que de chagrins amers nous aurions pu éviter en recourant à ce trésor des Indulgences! Qu'on le sache donc bien, il y a une foule de douleurs au sein des familles, il y a des maladies, et des morts même ; des pertes de biens, des ruines, qu'on aurait pu prévenir, si on avait apaisé Dieu et désarmé sa justice, en méritant la grâce des saintes Indulgences. Mais surtout, tâchons de les obtenir pour nos associés, qui n'attendent de nous que ce souvenir fidèle, pour sortir du Purgatoire et entrer dans le bonheur du ciel. Si nous avons pitié d'eux, un jour aussi, on se souviendra de nous, et l'on nous appliquera la même grâce de la miséricorde et des Indulgences. C'est la loi : Quâ mensurâ mensi fueritis, remetietur vobis (Matt., vu, 2). On vous donnera, comme vous aurez donné.
ONZIÈME LEÇON