‹ La science de bien mourirChapitre 55 sur 128 · LA FOI · texte numérisé non relu

LA FOI

Justus autcm meus ex fide viviU Mon juste vit delà foi.

(Ilebr., X, 3S.)

Tous les jours do la neiivaine, nous nous proposons (le méditer sur une vertu de saint Josepi), que nous étudierons d'al)ord dans son cœur, et que nous lâcherons d'imiter. Il convenait de commencer parla foi, qui est le principe et la base de toute perfection, et sans laquelle on ne peut même espérer de plaire au Seiyneur •.Sine (idnim-

29i COURS DE LA BONNE MORT.

possibile est placere Deo (Hebr., xf, 6). Toute la vie de saint Joseph a été un acte sublime de foi ; on peut dire que ce fut sa vie même, d'après la parole de saintPaul, puisque le juste vit de la foi, et que saint Joseph est le juste par excellence, le juste de DieUj/MsfMS meus... Joseph autem vir ejus cum essct justus... (Matth., 1, 19). C'est pour cela qu'il a été choisi et mis à la tète de la sainte famille. Ci qu'il y a d'admirable dans cette foi, c'est qu'elle n'a cessé d'augmenter en son cœur, malgré le danger pour les âmes de s'habituer aux choses les plus saintes elles plus divines; aussi est-ce pour cela qu'on l'invoque toujours, et que les prêtres surtout ont recours à lui, pour obtenir l'esprit intérieur et la vie spirituelle de la foi.

I. Commençons par exposer le dogme, ou la doctrine sainte sur cette vertu. La foi est un don du ciel, une lumière et un mouvement de l'Esprit- Saint, qui nous fait croire tout ce que Dieu a dit et révélé ; vertu céleste, théologale, parce qu'elle unit l'âme à Dieu. Pour en bien concevoir la nature, vous n'avez qu'à méditer l'acte même de cette vertu '.Mon Dieu, je crois... etc., où vous remarquez Vobjet de votre foi : tout ce que Dieu a dit, et le motif ou la raison de cette foi :... l'autorité, la vérité de ce Dieu... Or rien de plus nécessaire que cet acte, c'est le premier pas pour aller

PREMIÈRE NEUVâT^E A SAINT JOSEPH. 293 au Seigneur... Credere oportet accedentem adDeum. (Ilcbr., XI, 6.) Rien de plus glorieux, car c'est immoler son esprit et son cœur, par la soumission à une parole pleine de mystères et de sacrifices. Rien de plus doux, cari ame fidèle se trouve tout éclairée des splendeurs de Dieu, qui la remplit de sa grâce et des consolations ineffables de la vérité. Dieu même s'unit à l'àmc dans l'acte de cette belle vertu. Spovsahn te mihi in ftde. (Osée, u, 20.)

Mais faisons ici une remarque importante, et voyez comme l'amour, aidant à la foi, dans tous les mystères de la religion, nous rend la parole de Dieu facile, trop facile à croire : Crcdibilio. facta sunt niîïiis. (Ps. xcu, 5.) H vous sera bien doux de méditer cette penséeféconde, en parcourant lesplus grandes vérités de la révélation. Ainsi l'Incarnation, la Rédemption, l'Eucharistie... quels mystères ! Est-il possible ! pouvez-vous comprendre ? Non; mais on vous dit que c'est par amour pour vous que ce Dieu est né dans une crèche, par amour pour vous qu'il est mort sur une croix, par amour qu'il se donne à votre àme... Ah ! vous le croirez bien !... vous le croirez sans \)Q\nc... Credibilia fac'M sunt nimis !... L'amour explique tout, et vient en aide à la lui. Il n'y a plus de mystères pour votre cœur!

De toutes ces notions saintes, cl de cette doctrine

sur le principe et les motifs de la foi chrétienne, vous conclurez aussitôt quelles qualités elle doit avoir: il faut qu'elle soit humble, active, constante et généreuse, — humble et constante; ce grand Dieu qui l'a dit, ne change pas : Ego Dominus et non muter (Malth., ni, 6). Verbum Domini manetinaeternum (Is., XL, 8), et sa parole divine est immuable et éternelle, — active et généreuse ; car sans cette vie, sans cet esprit qui doit animer vos pensées et vos œuvres, votre foi serait vaine : Vana est fdes vestra (I Cor., XV, 17)... Que dis-je ? elle serait morte. Fides vestra mortuaest, exinanita est (Rom., iv, 17), et votre condition deviendrait pire que celle des payens, est infideli deterior (I ïini., v, 8), car ils n'ont pas vu la vérité, la lumière, ces malheureux ; et vous, après l'avoir vue, vous auriez fermé les yeux, et résisté àl'Esprit-Saint.

II. Il n'y a plus qu'à tirer les conséquences pratiques de ces notions sur la foi, et surtout examiner si nous avons cette vie, qui seule constitue la justice devant Dieu. C'est donc cet esprit delà foi qui devrait animer, diriger nos pensées, nos sentiments, inspirer nos paroles et régler nos actions... Voyez si vous êtes riche de cette vie supérieure et divine, Divites in /?c?e (Jac, ii, S}. Si vous aimez et cherchez les choses d'en haut, du ciel, de Dieu... si par cette arme de foi vous savez

PREMIÈRE NEUVAINE A SAINT JOSEPH. l'M vaincre le monde : Haec est Victoria quae vmcit mundum, fides (Joan,, v. 4), N'est-ce pas plutôt le monde et son esprit d'orgueil et de volupté qui est entré dans votre âme, qui devient la règle première de votre vie ; dominant tout, la pensée et le sentiment, et donnant à votje cœur l'impulsion et le mouvement ? 0 mon Dieu ! si vous veniez maintenant dans le monde, que vous y trouveriez peu de foi ! qu'ils sont rares, les chrétiens qui croient fermement à votre parole, à vos saints mystères ! oui, je l'affirme, même à ses vérités purement spéculatives, de la Trinité sainte, de la Rédemption et de l'Eucharistie ! Oh! que nous y croyons peu! mais surtout à ces grandes vérités fondamentales' du Symbole, à la mort, au jugement, à l'enfer, à l'éternité! pouvez-vous dire que vous y croyez encore? mais vous vivez à peu près comme si vous n'y croyiez plus !... Et à ces paroles tout évangéliques et essentiellement pratiques !... Vue mnndo! (Matlh., xvni, 7.) Quid prodest ?... (Matlh., xvi, 26). Quaerite primum regnum Dei (Matth., vi, 33). Deati pauperes (Mattli., v, 3). Malheur au monde !... heureux les pauvres. — Cherchez avant tout le royaume de Dieu.,. Qui donc y croit encore? 0 mon Dieu ! qu'avons-nous fait de la foi ? Uùi est fides vestra ? (Luc, vni, 2o). Elle est morte ! Examinez- vous et, descendant au

tond de votre cœur, cherchez le principe, la cause de cette diminution des vérités en vous ; diminutae sunt veriiates in (iliis hominum (Ps. xi, '2). Et si vous ne savez pas la trouver, moi, je vous le dirai bien avec saint Jean Ghrysostome, c'est que votre cœur a perdu sa pureté, son innocence : Impossibile est y sivitamimpuram habeas, infidenon vacillare. Des nuages se sont élevés du cœur et ont obscurci cette lumière. Je ne crains pas de l'affirmer, c'est toujours dans la boue que l'on éteint le flambeau de la foi. Et jamais je n'ai vu le lis de l'innocence dans la main d'un incrédule, jamais ! On terminera la méditation par un colloque ou une prière fervente à saint Joseph, pour lui demander de nous obtenir la foi, de l'augmenter dans notre cœur : Adjuva incredulitatem meam (Marc, XI, 23). Adauge nobis fidem (Luc, xvii,5).

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