TITRE. — JOSEPH EPOUX DE LA SAINTE VIERGE
Joseph vlrum Mariae de quàna-
tus est Jésus, loseph, époux de Marie, qui est
mère de Jésus.
(Matih , I. 16.)
Après le titre incomparable de gardien et père nourricier de Jésus fils de Dieu, Custos Domini, il ne peut y en avoir de plus beau, de plus glorieux que celui-ci : Virum J/ar/ae..,, Époux de la Vierge Marie, Mère de Jésus, iJe quâ nutus est Jésus. Si le pi'emier titre nous prouve que Joseph était l'homme le plus juste du monde, le second nous prouve qu'il devait être le plus pur. Mais ces deux titres réunis durent être pour cchii qui les a portés et mérités, une source inelTable de grâces, et
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le gage d'une puissance sans borne dans les cieux.
Vous ne cesserez de contempler pendant la méditation Joseph entre Jésus et, Marie, soit à Nazareth où il a passé la plus grande partie de sa vie, soit en Egypte ou dans quelques mystères de la Sainte-Enfance ; mais remarquez bien, entre Jésus et Marie, c'est là sa place ; et encore devezvous le considérer comme le chef de la maison, puisque c'est lui qui a l'autorité dans cette sainte famille. Nous suivrons toujours le même ordre :
1° Quelques pensées sur le titre même.
2° Des réflexions pratiques pour nous, ou les conséquences.
I. Commençons par bien établir la vérité de ce fait et la réalité de ce titre incontestable ; oui, Joseph était réellement l'Époux de Marie, l'Évangile lui donne cette qualité, lui en reconnaît les droits. Il vous sera doux, je pense, de vous rappeler les circonstances merveilleuses par lesquelles Dieu même le désigna comme seul digne de cette gloire et de ce bonheur. Marie depuis le jour de sa Présentation au temple du Seigneur, vivait pour ainsi dire à l'ombre de ses autels d'une vie sublime et toute céleste, dans le silence et les sacrifices d'amour : quelles prières ferventes ! quels saints désirs ! les anges du ciel s'étonnaient de l'ardeur de ses vœux et des élans de ce cœur plus pur que les
DEUXIEME NEUVAI.NE A SAINT JOSEPH. 3i!)
purs séraphins du ciel. Mais le temps de la marier dans sa tribu et selon la loi d'Israël étant venu, et un grand nombre de jeunes gens de la famille de David prétendant à la gloire de cette sainte alliance, le Pontife du Seigneur leur ordonna d'apporter tous un rameau ou une brandie d'amandier qu'ils devaient couper sur la montagne, et ils déposèrent tous ensemble sous les yeux du grand prêtre ces brandies dans l'arche du Seigneur. Le lendemain, à l'heure indiquée, tous se présentèrent de nouveau pour reprendre les rameaux mystérieux; ils s'attendaient à quelque signe, et leur foi vive ne fut pas trompée ; le rameau de Joseph se trouva seul chargé de fleurs fraîches et odorantes (l).Alavuede ce prodige le Pontife et tous les jeunes gens s'écrièrent que Joseph était l'élu des cieux... et pendant que les unsré-
(I) Il est vrai que ce miracle n'est pas écrit au livre des saints P!ivangiles, mais il est conforme à la tradition jjes siècles et atleslc par de graves auteurs, confirmé enTm par le langage unanime des monuments les plus antiques. C'est pour cela que toutes les images et statues de S. Josoph le représentent avec celiàtou fleuri, symlioie éclatant de ses vertus, et souvenir du prodige qui lui assura la préférence sur tous ses rivaux. Ainsi ce fait a toujours été conservé dans les clirouiques du Carmel. II est raconté dans la vie de la S. Vierge par (Â>'i\iu de Plancy, ouvrage approuvé par son Km. le Cardinal d.) Malincs; et depuis par Ms^ de Uelay Évé(|ue do Trovcs. Il est rapporté comme un lait certain par Luduiphc
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pandaient des larmes abondantes et que les autres brisaient leurs rameaux flétris, l'homme juste, le fils de David élu entre tous, sous les yeux du Très-Haut, et béni par la prière sainte du Prêtre, mettait §a main dans la main de la jeune fille de Juda, la très-pure Vierge Marie, et tous deux unis par les liens sacrés du mariage sortirent du temple au milieu des concerts de louange de cette multitude ravie.
Le Seigneur lui-même avait béni avec amour leurs liens sacrés, et Joseph et Marie, retirés dans riiumble demeure de Nazareth, commencèrent la vie laplus sainte et la plus pure. Comme deux lis éclatants de blancheur s'élèvent ensemble et mêlent leurs parfums... comme deux astres dans les cieux unissent la splendeur de leurs rayons, ainsi vivaient Joseph et Marie, et les Anges admiraient la prière de ces âmes célestes, et leurs vœux, et leurs désirs ardents pour la rédemption d'Israël. Quelques semaines après la célébration de celte alliance sainte, le Seigneur, touché du spectacle de tant de vertu, envoya l'archange Gabriel à la jeune Vierge qui avait pour époux cet
de Saxe dans sa vie de N.-S. Enfin ce miracle est écrit au Vatican, dans une des plus belles peintures de Raphaël, qui représente le mariage de la S. Vierge avec St. Joseph, tableau admirable et reproduit cent fois par la gravure l
liommejiiste nommé Joseph Missusestanfjclus
Gabriel à Dco... ad vmjincm desponsatam viro^ cui nomen erat Joseph (Luc, i, 26, 27). Paroles saintes que je me plais à citer encore pour montrer qu'avant rincarnation, et au jour môme de ce mystôre adorable, comme après la naissance de Jésus, l'Évangile a toujours donné à ce saint patriarche le titre d'époux de la Vierge i\Iarie, Virum Mariae.
II. Et maintcnant/)o?/r l'exercice de l'intelligence, appliquons-nous à méditer, c'est-à-dire à réfléchir sur ce titre, et tâchons d'en tirer pour les familles chrétiennes quelques conséquences pratiques. Sans revenir sur la gloire et la puissance attachées à cette élection divine, qui donnait à Joseph une autorité vraie sur Jésus et sur Marie, relations essentielles et consacrées par la bénédiction même du Pontife du Seigneur, et qui, subsistant encore dans les cieu.v, foi'uient la base de notre confiance en ce saint protecteur ; contentonsnous ici de faire quehiues réHcxions sur le mariage, ce grand sacrement de l'Église, et tâchons en éclairant les esprits, de prémunir les âmes contre de terribles malheurs, prcs({uc inévitables de nos jours et souvent irréparables.
Qu'est-ce donc quele mariage aujouid'hui ? C'est une spéculation, une affaire. Il n'y a plu^ pour
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une foule de chrétiens, il n'y a plus rien de sacré, rien de divin dans ce grand acte. On ne consulte ni Dieu ni ses Anges. Ce sont les notaires qui se voient et s'entendent ; et tout cela s'arrange comme ils veulent. Savez-vous ce qu'on demande quand on commence à prendre des informations, comme on dit : le ?iom, cela va sans dire, la fortune, c'est l'essentiel, la santé, c'est encore assez important; mais le caractère, on verra, la vertu, la piété ! pour les jeunes filles on suppose toujours qu'elles en ont bien assez, et pour les hommes on se croit obligé de capituler sur ce point ; on les convertira d'ailleurs... Et puis où va-t-on chercher et choisir quelquefois la personne à laquelle on donnera son cœur et sa vie ? C'est dans un bal, où les Anges ne se trouvent pas... et nous voyons pourtant par la sainte Écriture que les Anges interviennent toujours dans les mariages bénis du ciel. Mais quel peut être le résultat de toutes ces imprudences ? Une série de déceptions cruelles et le désespoir d'une vie enchaînée pour toujours, Lebonheur qu'on avait rêvé, qui avait été promis» est perdu pour deux âmes qui ne peuvent se comprendre et s'unir, et le salut même est compromis: Jésus ne viendra pas dans ces familles, il ne pourra jamais s'y fixer. '
Donc priez, parents ; ô mères chrétiennes et
vertueuses, consultez les Anges, si vous avez une lillc chérie dont l'avenir commence déjà à vous préoccuper. Invoquez surtout saint Joseph dans ces graves circonstances de la vie. Il est la lumière des cœurs, il est le protecteur des alliances dans les familles saintes. Ciiaque année à l'époque de notre neuvaine solennelle, plusieurs associés ont ohtenu des gràcCiS de ce genre, mais des grâces miraculeuses, et j'allais dire, inespérées. Priez avec confiance, vous qui êtes engagés déjà dans ces liens sacrés du mariage, ne cessez d'implorer encore ce grand saint, et si le ciel vous a donné un petit enfant à élever, pensez que c'est Jésus lui-même, et soyez saints, Sancti estole (Luc, xi, 44). Soyez purs surtout, pour donner à cet enfant l'exemple de toutes les vertus qui assurent le Ijonheur.
TUOlSIÊiME JOUR