‹ La science de l'économie politiqueChapitre 17 sur 62 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Introduction de /'éducation au trmail.

104. Cet instinct bienfaisant qui pousse l'homme à endurer les fatigues iesplus rudes, et les plus pénibles , afin d'amasser des richesses pour ses enfans, FcnUaine aussi à travailler sans relâche pour améliorer leur aptitude, dans l'espoir que cette amélioration leur procurera

une heureuse existence. Ce doux penchant est consolidé par Tintérct. Instruit par son propre cœur, le père s'attend que cette loi suprême, qui le porte à rechercher le bien-être de son fds, excitera aussi le fils à partagera son tour avec lui les riches produits de l'éducation , lorsque la froide vieillesse aura rendu stérile son ancienne aptitude.

io5. L'exécution de la plupart des travaux de l'agriculture est simple. Elle exige des connaissances si aisées à acquérir, qu'aux enfans des paysans il suffit de vivre avec leurs parens pour devenir habiles dans fart de l'agriculture. Ces enfans exécutent plusieurs travaux agricoles dès que leurs facultés ont acquis quelques forces. Par les entretiens domestiques, aussi bien que par lexemple des agriculteurs experts, ils acquièrent toutes les connaissances nécessaires à leur état.

En imitant leurs parens , les jeunes gens apprennent aussi facilement la plupart des travaux de la pêche , de la chasse , de la récolte des végétaux , et de l'art d'élever et de nourrir les bestiaux.

io6. Mais, pour devenir supérieur dans la plupart des travaux de modification , ainsi que dans la direction des grandes entreprises agricoles , il faut une grande étendue de connais-

sances et une adresse exercée dès rcnfance à l'aide de Téducation. L'amour paternel affronte tous les obstacles. C'est à lui qu'on est redevable des progrès des arts. Dédaignant de retirer un gain arrose des sueurs de ses enfans, toute la sollicitude d'un père généreux se dirige à occuper leurs tendres années à l'apprentissage des métiers et des arts, pour les rendre de plus en plus supérieurs à lui-même.

107. Aussitôt que l'accroissement prospère de l'aptitude améliorée par l'éducation commence à produire de riches bénéfices, le perfectionnement du travail prend un libre essor , soit par l'adresse et la sagacité acquises dans l'âge le plus tendre et le plus flexible, soit par la simplicité des méthodes et par la facilité d'exécution que l'aptitude améliorée apporte dans l'achèvement des ouvrages.

L'augmentation des jouissances produites par ces travaux accomplis à l'aide des facultés améliorées, en accroît à son tour la demande. Les marchandises nouvelles affluent de plus en plus sur le marché ; et par les heureux effets de la concurrence des nombreux acheteurs , les richesses des Hmploycms ^ qui excellent dans leurs travaux , se multiplient rapidement.

L'amour du gain, et l'instinct sacré de préparer un heureux avenir à ses enfans , entraînent

l'Employant à transformer ses avances en nouvel aliment de son travail; et \cs liemplois successifs donnent enfin une telle accumulation de capitaux, qu'ils excèdent la quantité qu'il en faut, soit pour l'entretien des choses nécessaires à VEmploiel au maintien de la famille, soit pour Tachât des produits à modifier jusqu'à l'époque de la rentrée du prix des ouvrages vendus.

Pour faire valoir les capitaux excédans, l Employant est contraint d'aller à la recherche des ouvriers qui se joignent à sa famille dans l'exécution des ouvrages qu'il se propose d'augmenter. De là prend naissance l'institution des salariés.

Mais il faut que ces ouvriers ne soient pas étrangers aux arts : et ce but ne peut cependant être atteint parles Employans dans les premiers jours de la prospérité des métiers où les arts s'améliorant dans les familles, il doit arriver nécessairement que les ouvriers pauvres soient bien grossiers dans les métiers. \^employant est donc forcé de tourner sa sollicitude à l'instruction des enfans de ceux qui vivent à lu journée. Il entreprend cette tache.

Dès que la vigueur de la jeunesse des élèves se prononce et que leur aptitude s'est perfectionnée dans les travaux , tous les Employans se disputent à l'envi à faire des offres avantageuses à

ces jeunes ouvriers ; et conséquemmcnt, les instructeurs sont abandonnes par les élèves, s'ils ne se soumettent à leur accorder un gain pareil à celui qui leur est offert par les autres Employans. Encourages par les avantages retirés de réducation,lessalariéséduqués s'empressent successivement d'envoyer leurs enfans à l'apprentissage des métiers. Mais VEmployant instructeur ne veut pourtant pas être déçu désormais dansla récompense qu'il attend de ses soins. Il exige donc une rétribution pour l'éducation de l'enfant, ou un engagement que celui-ci ne quittera son métier qu'après un certain laps de temps ; les pères y consentent, et le prix de l'éducation s'introduit.

io8. L'industrie nationale s'élève à une vie nouvelle : tous les métiers présentent le tableau d'une foule d'enfans qui se hâtent de partager les bienfaits de l'éducation.Par les heureux effets de la division, l'éducation devient moins dispendieuse, plus accélérée, plus instructive. L'institution des précepteurs publics s'établit. Des gymnases s'ouvrent pour apprendre aux enfans les rudimens nécessaires à la plupart des emplois , et l'aptitude améliorée par l'instruction publique perfectionnant les arts, les métiers , et tous les Emplois, porte l'édifice de la lichcsse nationale à la prospérité.

Page 1