CHAPITRE IV
Limiles du nombre des iraçalUeurs e'duqués et de ceuûo non éduqués dans un Elat ; et limites de raçiUssernent du prico naturel du traçail.
i3o. Le besoin des travailleurs aux ouvrages d'éducation , se borne, dans un Etat, à la quantité requise pour satisfaire la demande naturelle des travaux d'éducation dans l'Etat; et le besoin des travailleurs aux ouvrages qui n'exigent point d'éducation, se borne à la quantité requise pour satisfaire la demande naturelle des travaux qui n'exigent point d'éducation. Le nombre complexe des travailleurs éduqués et non éduqués, doit donc tendre à se circonscrire au nombre naturellement demandé par la quantité des travaux exigeant éducation, et des travaux qui n'en exigent point, (e)
i3i. Il dérive décela^ que , dans un État, les limites naturelles de l'éducation des travailleurs tendent à se circonscrire dans les limites de l'instruction nécessaire pour les travaux d'éducation demandés, (f)
loi. Attendu que par l'introduction de la division du travail dans les métiers, l'exécution de presque tous les ouvrages s'achève par une aptitude progressive et variée, les enfans peu-
Tent,aii moyen de cette division d'ouvrages, faire une partie du travail exécuté par les individus éduqués. Le prix naturel du salaire de l'enfant ëduqué sera en raison du prix naturel du salaire des classes qui exécutent ce même ouvrage , déduction faite de la valeur naturelle du mérite du travail de l'instructeur qui dirige l'enfant dans l'exécution de l'ouvrage , et de la valeur naturelle du dédommagement pour le capital plus grand que l'on doit employer à cause des fautes de Tenfant.
i33 Soit par l'effet des dons naturels d'aptitude, soit par l'effet de l'aptitude demandée dans les travaux , soit par l'effet des circonstances économiques dans lesquelles se trouvent les travailleurs, soit enfin par l'effet de l'égalité du mérite d'aptitude qui, par le niveau naturel de la concurrence aux travaux, résulte entre des individus d'une aptitude différente , la plupart des hommes non éduqués d'un lieu se distinguent sous une classe relativement à la population très-nombreuse , présentant un égal mérite d'aptitude dans la masse complexe des travaux par eux exécutés.
Il suffit de consulter l'expérience et de considérer l'exécution des travaux des individus non éduqués, pour en déduire cette vérité.
La classe des individus qui obtiennent en
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héritage de la iiadire une apliiiide telle, i]irelle présente, an même âge, un égal mérite d'aplititude pour la plupart des travaux qui n'exigent point d'éducation, est par elle-même déjà trèsnombreuse.
L'aptitude intellectuelle, nécessaire pour la plupart de ces ouvrages , est très-bornée ; c'est pourquoi l'homme cjui peut présenter un mérite d aptitude physique égal à celui présenté au même âge par la plupart des hommes non éduqués, offrira, à coût égal, un mérite égal de travail, quoiqu'il ait imc faible aptitude intellectuelle , lorsque cette aptitude n'est pas moindre que celle exigée pour ce travail.
Plusieurs ouvrages auxquels doivent s'occuper des hommes non éducjués, demandent aussi le concours d'un petit nombre de facultés physiques ; cela s'aperçoit évidemment dans l'agriculture. Quant aux ouvrages de l'industrie manufacturière lesquels n'exigent point d'éducation, s'ils sont assez nombreux pour occuper quantité d'hommes d'un même lieu , c'est par l'effet de la division du travail ; or , cette division entraîne nécessairement avec elle l'occupation d'un petit nombre de facultés physiques dans chaque travail.
Ainsi donc , ces hommes qui auront eu en naissant le petit nombre de facultés physiques
loi el morales acquises poiii- un genre doimé de travail exécuté par celle giandc classe d'individus non éduqués, ayanl au même âge un égal niéii le d'aptitude , doivent, dans Fexécutiou de ce travail, piésenler un égal mérite d'aptitude à pareil âge , s'ils peuvent , avec le petit nombre de facultés physiques et morales demandées pour cet ouvrage , offrir un mérite d aptitude égal à celui présenté dans ce même ouvrage par la susdite grande classe à pareil âge. C'est pourquoi un très - grand nombre d'hommes non éduqués qui , dans les rappoils réunis de leurs facultés physiques et morales seront de beaucoup inférieurs à ceux d'une aptitude commune , viendront à faire partie de la classe de ceux-ci , puisqu'ils présentent un égal mérite d'aptitude dans les travaux.
De même <}u'il n'est d'aucun avantage à l'homme d'avoir obtenu une aptitude supérieure à celle de la plupart des hommes , si cette supériorité se rapporte aux ouvrages d'éducation, et qu'il n'ait pas les moyens de s'éduquer ; il ne sera aussi d aucun avantage à l'homme d'avoir obtenu une aptitude supérieure à celle de la plupart des hommes dans les ouvrages pour lesquels l'éducation n'est pas requise,si dans sa situation économique ces ouvra-
ges ne sont pas propres à être embrassés par lui. Eloignement du lieu de l'exécution des travaux pour lesquels on eût en héritage une plus grande aptitude, abandon de sa famille , abandon de sa patrie, combien de circonstances s'opposent à ce que les hommes s'appliquent aux ouvrages pour lesquels ils obtinrent en naissant une aptitude supérieure ! Lors donc qu'en remplacement de ces travaux les hommes embrasseront ceux pour lesquels ils n'ont qu'une aptitude égale à celle que, à pareil âge, possède pour ces mêmes travaux la plus grande partie des individus non écluqués, ils en présenteront comme eux , à coût égal, un égal mérite de travail.
Il est des hommes qui, quoiqu'ils aient obtenu en naissant une aptitude telle qu'ils puissent présenter pour quelques travaux un plus grand mérite d'aptitude , et pour quelques autres travaux , un mérite moindre que celui présenté , à âge égal, par la susdite grande classe, donnent néanmoins, dans le résultat des travaux de Tannée, un mérite complexe d'aptitude, égal à celui des individus de la grande classe d'un même âge , ce qui se vérifie principalement chez les paysans.
Si, d'après toutes ces considérations j la classe des hommes , présentant au même âge et sous un égal coût une pareille aptitude dans
io3 le résultat complexe des travaux de 1 année 7 paraît déjà très nombreuse, combien ne doit-elle pas s'étendre par la conséquence des effets énoncés au §57, d'après lesquels un très-grand nombre de travailleurs se réunissent, par le niveau naturel de leur concurrence, en une seule classe présentant dans leurs travaux un égal mérite d'aptitude , quoiqu'ils aient une aptitude différente pour ces travaux, et qu'ils soient occupés à divers ouvrages dont l'exécution exige une conséquente diversité de facultés!
A tout cela il faut ajouter encore la réflexion que, si l'on considère le résultat complexe de tous les travaux auxquels doivent s'appliquer dans le cours d'une année la plupart des hommes occupés aux travaux très-simples qui n'exigent point d'éducation, on reconnaît que, pendant la plus grande partie de leur vie laborieuse , le mérite d'aptitude que Tun d'eux présente dans une année, il le présente aussi dans l'autre, (g)
De toutes ces circonstances réunies on inférera aisément que la plupart des travailleurs non éduqués d'un lieu présenteront un égal mérite d'aptitude dans le résultat complexe de tous les travaux auxquels ils doiven s'occuper dans l'année.