CHAPITRE VI
Effets résultant du travail réuni de V achat et de la vente dans les échanges.
145. En considérant que dans l'échange des ouvrages en raison du prix naturel , chacun donne son travail à raison du mérite naturel pour l'exécuter, le transporter et le vendre , et reçoit autre travail d'une égale valeur dans le mérite complexe d'exécution , de transport et de vente, il s'ensuit que rechange de deux ouvrages doit nécessairement dériver des effets combinés du travail des deux échangeurs à exé' cuter, transporter, vendre et acheter. Ceci est de fait : néanmoins le principe qui établit que la valeur naturelle d'un travail est la valeur naturelle de l'exécution, du transport et de la vente., reste toujours le même.
La récompense qu'un individu reçoit pour le travail à vendre est le résultat des effets combinés de son propre travail à vendre, et du travail d'autrui à Tacheter. Cette récompense doit être très variable, parce que le travailleur est forcé, par les circonstances, à vendre son ouvrage tantôt à des personnes ignorantes ou paresseiises , tantôt à des personnes expertes ou assidues dans le travail de l'achat. Après tout,
par les mêmes principes énonces au chapitre sixième du second Période, chaque travailleur ne reçoit ni plus ni moins que le mérite naturel du travail occupé à vendre.
146. Celui qui achète pour revendre doit nécessairement retirer la récompense de son travail. Il la reçoit lorsqu'il revend l'ouvrage ; de manière que le prix naturel de l'ouvrage revendu est le prix naturel pour l'exécution , le transport, la vente , l'achat et la revente.
Celui qui achète une chose pour la faire servir dans les emplois , doit aussi retirer le prix de son travail à acheter. Le mérite naturel du travail exigé pour acheter les choses qui doivent servir dans les emplois ^ s'appuie sur les mêmes principes qui constituent le mérite naturel de tout autre travail : c'est le mérite que peut présenter la classe à laquelle il est convenable d'embrasser ce travail afin d'obtenir la comparaison la plus avantageuse à son propre travail.
t47- Parles mêmes principes, chaque acheteur de choses pour sa consommation individuelle, ne peut , parle moyen du travail à l'achat, retirer rien au dessus du mérite naturel de ce travail.
148. Les différens buts auxquels vise celui qui achète pour revendre ou pour faire servir les choses aux emplois, et celui qui achète pour
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SCS besoins individuels ^ doivent nécessairement être cause que le plus souvent le travail de deux individus à acheter soit différent , quoiqu'ils aient une égale aptitude à acheter, et qu'ils soient dans la situation d'une pareille circonstance économique. Le but de l'un est de tirer du travail à acheter la plus avantageuse comparaison d'échange; le but de l'autre est d'obtenir la satisfaction la plus utile à ses besoins. C'est pourquoi, si la chose recherchée par 1 acheteur pour sa consommation est destinée à lui procurer un plaisir, il préférera d'en faire l'achat d'un vendeur beaucoup plus cher cju'un autre, si la peine pour se procurer ce meilleur achat devait nuire au but qu'il se propose , c'est-à-dire au plaisir.
L'expérience fournit aux travailleurs les moyens de dresser le calcul du résultat complexe des ventes. JJadcquaio des ventes de leurs ouvrages donne toujours le prix naturel qui , d'après les principes établis, est dii au travail, soit pour l'exécution, soit pour le transport, soit pour la vente.
i49- Afm de ne pas compliquer inutilement les idées en présentant chez les échangeurs un conflit de travaux dans les achats réciproques, j ai toujours supposé, à chaque exemple cjue j'ai donné dans le traité de la valeur du travail, que le travail réciproque des échan<?;eurs éiait L 8
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égal , je continuerai cette hypothèse dans tous les exemples que je donnerai dans la suite. Il me suffit d'avoir énoncé dans ce chapitre les effets du conflit dans l'échange. Dès que la prospérité des emplois commence à s'étendre, la monnaie s'introduit, cet équivalent regardé comme invariable dans sa valeur, parce qu'en effet , si ce n'est à quelque époque très-rare et trèsextraordinaire , il n'est sujet qu'à des variations tellement légères qu'elles échappent à l'intelligence. Après l'introduction de la monnaie , presque toutes les ventes se font par son entremise. Dans les ventes contre l'équivalent , le vendeur cesse de travailler à l'instant de la vente pour acheter ; et, vice-versâ , dans les achats contre l'équivalent, l'acheteur cesse de travailler pour vendre. Supposons que tout individu connaisse que deux onces d'argent sont équivalentes à la valeur de dix journées, il s'ensuivra que le vendeur de draps qui est déterminé à vendre une aune de son drap pour dix journées, la cédera contre deux onces d'argent, sans traiter du mérite naturel de l'argent , puisqu'il lui est connu et qu'il est regardé invariable.
C'est pourquoi le temps aurait été employé en pure perte si je m'étais étendu plus qu'il ne
feulait pour énoncer la théorie de la valeur du travail de Tachât et de la vente.
i5o. Ici s'élève aussitôt la réflexion que l'introduction d'un équivalent ayant une valeur constante et reconnue de tous les hommes est d'un grand avantage à l'usage de l'échange. Comment s'introduit cet équivalent et comment sa valeur est presque invariable et présente à l'opinion de chacun une invariabilité constante , c'est ce que j'expliquerai après avoir achevé la théorie de la valeur des choses dans l'échange.