CHAPITRE XII
De la valeur corriparaihc des denrées considérées sous le rapport dun échange élahli enire elles, non seulement dans leur entier^ jmn's aussi dans leurs parties fractionnaires.
PREMIÈRE SECTION
De la valeur naturelle des fractions des produits agricoles.
194. Jusqu ici nous avons considéré la valeur comparative des denrées dans la valeur complexe des productions. A présent, il s'agit de rechercher quelle valeur comparative ont les fractions.
Les mêmes principes d'où découle la valeur d'échange entre les productions indivises , établissent la valeur comparative des fractions.
Une idée aussi simple que claire du procédé de la valeur naturelle de l'échange réciproque entre fractions et fractions, entre entiers et entiers, et entre fractions et entiers, nous est offerte parla marche avec laquelle la valeur comparative procède dans l'échange des productions indivises, provenant les unes de terrains d'une culture entremêlée de diverses denrées,
et les autres de terrains cultivés en une seule denrée.
Donnons l'exemple suivant :
Qu'un terrain de culture entremêlée produise un hect. de froment et dix kil. de raisin : — qu'un autre terrain d'égale étendue, cultivé séparément moitié en vigne et l'autre moitié en froment, donnent un hect. de froment dans le champ , et dix kil. de raisin dans la vigne : — que le coût réuni de culture, de transport et de vente soit égal.
Il en doit résulter que les denrées produites par les terrains de culture entremêlée, doivent s'échanger dans la proportion d'un hect. de froment contre dix kil. da raisin, et que le terrain de culture entremêlée appartienne à la même classe à laquelle appartient le terrain où l'on cultive les denrées séparément.
D'après cet exemple , on aura la méthode pour démêler la valeur d'échange des parties fractionnaires d'une production.
En effet supposons:
Qu'il y ait deux terrains d'égale étendue et en affinité l'un avec l'autrcpar idonéUé àe. culture.
Que l'un de ces terrains soit cultivé, moitié en froment , moitié en arbres dont l'écorce soit nécessaire pour une manufacture : que la partie du terrain planté en arbres donne 80
^77 kll. de bois à brûler et 20 kil. d'ocorce , et que la partie da terrain semé en froment doiuic iinhcct. de froment :
Que l'autre terrain soit cultivé moitié en f r ment et moitié en bois bon à brûler, de même que celui de Tautrc terrain ; et que la partie produisant du bois donne 80 kil. de bois, et celle semée en froment donne 1/2 hect. de froment :
Que le capital, le travail de l'employant et la consommation du capital pour le coût réuni de culture , transport et vente des denrées , autant de l'un que de 1 autre terrain , soient égaux.
Cela posé , les 20 kil. d'écorce s'échangeront contre un demi hect. de froment.
it)5. Ces considérations conduisent au résultat suivant ;
La formation des classes des terrains et leur gradation doivent s'établir sur les rapports de leur /Jo«c7/<?' à procurer la production la plus utile par les effets combinés de la valeur comparative de toutes les fractions de la production.
Chaque possesseur qui travaille pourl'échange, tend à employer les terrains, le travail et les capitaux , à la production des denrées qui sont propres à lui procurer, dans le marché le plus convenable, la comparaison la {(lus avantageuse 1. 12
sous les effets con)binés de Techange de toutes les parties fractionnaires des denrées.
Chaque classe se compose de tous les terrains présentant égale raison de profit naturel agricole aux capitaux , — égale raison de mérite naturel d'aplitudc cduquéc, ou non , au travail, — et égalité dans le revenu excédant la compensation des capitaux consommés , la valeur du travail et le profit agricole , par le niveau naturel de comparaison dans le rapport de toutes les fractions des denrées produites.
De même la supériorité d'un terrain sur le terrain en affinité, naîtra de la supériorité résultant des rapports combinés de toutes les fractions des productions.
De la nature des principes mentionnés cidessus, on inférera aisément que les lois qui constituent la valeur comparative des produits indivis sont celles même qui constituent la valeur comparative des fractions.
ig6. Il s'élève le doute qu'il puisse y avoir des fractions présentant des qualités qui ne pourraient pas être comparées avec d'autres produits, et par conséquent qui n'auraient pas à puiser leur valeur naturelle dans la valeur de comparaison.
iqy. A la vérité, si Ton examine profondément les effets des parties fractionnaires sur les objets auxquels ces parties sont occupées, on
Ï79 s'aperçoit que , sinon touîes les iraclions , pros- «luc chaque fraction est :
I". On égale par cquipollcnce d'effet?, à des productions indivises :
•2°. Ou différente dans ces effets à des productions indivises, mais jointe à d'autres fractions qui, par cquipollence d'effets sont égales à des productions indivises; de manière que la denrée qui renferme cette fraction incomparable , n'en renferme pas d'autres qui ne puissent pas être comparées.
3". Ou égale par équipoUence d'effets à une fraction qui, étant différente des productions indivises , se trouve néanmoins jointe à des fractions qui sont égalesà desproductions indivise.'s, de manière que la denrée qui la renferme , n'en présente pas d autres qui ne puissent pas être comparées.
Chaque fraction qui est dans ces circonstances présente par conséquent une liaison de comparaison , et doit être régie par les lois de la valeur comparative.
ig8. Si pourtant le cas pouvait arriver que , dans leurs effets équipollens, deux ou plusieurs fractions d'une denrée ne fussent pas égales, Oii à des produits entiers ou à d'autres fractions, il en résulterait que ces fractions manqueraient d appui de comparaison. Alors la valeur coai-
i8o plcxe de ces fractions qu'on ne peut pas comparer, se partagerait sur les fractions en parties égales , si la demande naturelle de chaque fraction était égale. C'est pourquoi , si , par exemple, la der^ande naturelle de la peau et de la viande d'un bœuf était égale, on échangerait au pair la peau contre la viande.
Mais si la demande n'était pas égale, la valeur de cette fraction qui aurait la demande plus forte, s'élèverait sur la valeur de la fraction qui aurait la demande plus faible , en raison de la supériorité de la force de la demande. Les effets de cette lutte resteront toujours dans les limites du dividende, de manière que la valeur naturelle réunie des fractions ne pourra excéder la valeur naturelle du dividende , considéré dans le mérite naturel de l'entier. Si le dividende avait une valeur plus grande ou moindre que la naturelle, il s'ensuivrait que la valeur complexe de la production obtiendrait une valeur diverse de la valeur naturelle. Cela ne pourrait être, parce que cela serait en opposition aveclc niveau naturel des valeurs.
La valeur naturelle du complexe de toutes les fractions tend toujours à être ni plus grande, ni moindre que la valeur qui, par les lois énoncées de la valeur comparative, appartient à l'entier ; parce que , si le complexe des valeurs des
fractions sV'levait au-dessus de la valeur naturelle de rentier, la culture de la denrée augmenterait ; et si le complexe des valeurs tombait au-dessous, la cuUure de Tentier diminuerait à son tour.
La valeur complexe des fractions doit donc rejoindre son niveau, c'est-à-dire, la valeur naturelle qui dérive de la classe des terrains où la denrée est cultivée.
DEUXIEME SECTION
Valeur naturelle des fractions des produits de la pêche , — de la chasse , — des animaux domestiques , — des mines et des carrières.
ic)9. Des principes qui établissent la valeur naturelle des fractions des végétaux produits par les terrains cultivés et par les terrains incultes , il s'ensuit :
1°. Que Vidonéité et la gradation des classes dans les emplois de Tart d'élever et de nourrir les animaux, — de la pèche , — de la chasse, — des mines et carrières, doivent naître toujours des rapports combinés de toutes les parties fractionnaires ;
2°. Que les fractions qui ne peuvent puiser leur valeur dans la liaison de comparaison, et
qui, par conséquent , ne peuvent recevoir d'appre'cialion par les lois énoncées de la valeur comparative, doivent puiser leur valeur dans les principes établis au § i 98 ;
3". Que la valeur comparative des fractions comparables suit les lois de la valeur comparative des produits indivis.