CHAPITRE PREMIER
Economie de chaque Htat considérée dans ses rapports avec l étranger.
21 5. La division de la terre en un très-grand nombre d'Etats donne à chacun d'eux les intérêts, les mobiles^ et les passions de chaque chef de famille.
Le but que chaque Etat se propose est le bien-être, la richesse et la puissance de son peuple.
21 6. La population, premier élément de la puissance nationale, s'accroît si les richesses augmentent ; elle décroît si les richesses diminuent C'est le corps des travailleurs qui compose la plus grande partie de la population. Or nous venons de voir au § i3o que le nombre des travailleurs tend à se mettre au niveau du nombre nécessaire pour satisfaire la demande naturelle des travaux. Ainsi comme il n'y a pas augmentation dans la demande des travaux, s'il n^y a pas augmentation de richesse, il s'ensuit que la prospérité de la population repose sur la prospérité de la richesse nationale.
A la faveur des richesses se maintient et
s'améliore non seulement la force physique d'un Etat , mais encore sa force morale. Si on excepte le sacrifice de sa propre existence, toutes les actions vertueuses de Fhomme pour le bien de l'Etat, sont un tribut de travail, ou de capitaux. On ne peut pas élever les enfans à la carrière des emplois publics, si on ne possède les moyens de soutenir les frais de l'éducation. On ne peut pas se livrer gratuitement au service de la patrie si, à l'aide des biens patrimoniaux , on ne peut suppléer aux émolumcns que la patrie ne donne pas. Combien de malheureux laboureurs auraient été grands s'ils avaient eu tant soit peu de richesses! Envain l'orgueil ennoblit les situations humaines, il faut toujours revenir à cette source. Pour apprendre aux peuples la morale, l'amour de la patrie, la religion même, il faut des précepteurs nombreux , des administrateurs éclairés , de grands établissemens : enfm on ne prépare les peuples à la vertu qu'à l'aide des richesses.
217. La réunion des richesses particulières des habitans de l'Etat compose la richesse nationale. L'augmentation générale des capitaux, et l'amélioration du sol, du travail, et de tous les emplois constituent l'augmentation de la richesse nationale.