CHAPITRE VI
T^aleur naturelle des choses manufaciure'es ou modifiées, et de tout ce qui dérive d'un emploi quelconque^ hors V agriculture et les emplois ci-dessus énoncés^ apr^ès V introduction du commerce étranger^ des primes, des impôts , des dîmes, des douanes, etc. , des privilèges, et des prohibitions dimpoHation et d exportation.
283. La valeur naturelle des choses manufacturées ou modifiées est en raison de la valeur naturelle de la matière première, et de la valeur naturelle du travail et du profit naturel des capitaux nécessaires à X employant du lieu le plus propre à tel emploi^ pour l'achat, les impôts et le transport de la matière première, et pour la fabrication, le transport, la vente et les impôts de la chose manufacturée , déduction faite de la valeur naturelle des primes obtenues par le manufacturier employant. C est pourquoi, il ne pourrait exister de manufacture dans un lieu , si , malgré la faveur des primes accordées à
cette manufacture, la raison combinée de la valeur naturelle de la matière première , de la valeur naturelle du travail et du profit des capitaux nécessaires à Vemploi et aux impôts jusqu'à la vente effective au marché sortable, présentait une valeur plus grande que celle présentée par une semblable manufacture d un autre lieu national ou étranger à la faveur des primes, et par la raison combinée de la valeur naturelle de la matière première, de la valeur naturelle du travail, et du profit naturel des capitaux nécessaires à Vemploi et aux impôts jusqu'à la vente effective au marché sortable.
284. La valeur naturelle à retirer par un employant^ pour tout emploi qui n'appartienne ni à l'agrieulture, ni à la pèche, ni à la chasse, ni à Texploitation des mines et des carrières, ni à la récolte des végétaux dans des propriétés particulières, ni à l'art d'élever les animaux, se compose de la valeur naturelle du travail et du profit des capitaux nécessaires h-V employant an lieu propre à cet emploi^ soit pour l'entreprise de Vemploi même, soit pour le payement des impôts jusques à la vente effective, déduction faite de la valeur naturelle des primes obtenues par V employant.
EFFETS qui^ en conséquence de ces principes dériçent des primes et des impôts établis et constans.
285. Lorsqu'un genre de travail d'une manufacture, est plus chargé d'impôts ou plus favorisé de primes qu'un genre de travail égal dans une autre manufacture, et lorsqu'il y a égalité d'impôt ou de primes sur tout travail égal dérivé de quelque manufacture que ce soit, il en résulte les mêmes effets que les impôts et les primes produisent sur la valeur des minéraux, soit dans les circonstances que des minéraux égaux aient élé plus ou moins imposés, plus ou moins favorisés, soit dans les circonstances d'une égalité parfaite d'impôt ou de prime sur des minéraux égaux dérivés de quelque mine que ce soit.
286. Un impôt qui diminuerait le revenu naturel d'une manufacture, doit être supporté par le propriétaire des capitaux endonnnageahles^ pourvu que cet impôt n'arrive pas au point d'enlever partie du profit naturel du capital transportable. La manufacture serait abandonnée si l'impôt enlevait une partie de ce profit; et il s'ensuivrait les mêmes effets qui en résultent, quand l'impôt sur les terrains enlève
^79 une partie du profit naturel du capital transportable (§ 265). • '
287. Les effets des primes et des impôts, qui se réfèrent à tout autre emploi qu'à Tagriculture, à la chasse, à la pèche, à l'exploitation des mines et des carrières, à l'art d'é ^ lever, et de nourrir les animaux, à la re'coltc des végétaux dans des propriétés particulières, sont égaux aux effets, qu'en pareilles circonstances d'impôts et de primes éprouvent les ouvrages, les capitaux et les propriétaires d'une manufacture.
288. Des maximes énoncées que V emploi des capitaux dans l'art d'éduquer les hommes, est de nature égale à celle de V emploi d'une manufacture, et que le degré de mérite d'éducation est égal au degré du mérite du coût d'éducation (§11 5), il s'ensuit, que si par l'effet des impôts et des primes, le coût d'éducation dans un lieu éprouvait une augmentation, ou une diminution plus grande que n'éprouve parle même effet le coût d'éducation dans uu autre lieu, les rapports AHdonéiic pour le choix des travaux, devraient s'altérer entre ces deux lieux.
289. Le législateur aura donc enlevé aux habitans de son propre Etat un genre de fabrication pour le transporter chez l'étranger, si le travail étranger par l'effet de Fimpôt national
qui augmcnlerait le coùl d'éducation, devenait plus sortable que le national à ce genre de fabrication.
Réciproquement il auia introduit le genre d'industrie dans son propre Etat, si le travail national devenait plus sortable, soit par les effets de la diminution ou de l'exemption des impôts, soit par l'effet des primes ou d'une éducation gratuite.
290. Si V emploi de l'art d'élever et de nourrir les animaux, s'associe à celui de l'agriculture, les effets des impôts et des primes sur cet emploi et ces produits, découlent des mêmes principes d'où dérivent les effets des impôts et des primes, dont on favorise ou dont on charge Vcinploi de l'agriculture et ses produits. Mais si cet emploi ne s'associe pas à celui de l'agriculture, les effets des impôts et des primes sur ledit emploi ou sur ses produits, se puisent dans les principes d'où naissent les effets des impôts et des primes sur les emplois ci-dessus indiqués, qui n'appartiennent pas ni à l'agriculture, ni à la pèche, ni à la chasse, ni aux mines, ni à la récolte des végétaux dans les terres et dans les eaux de propriété particulière.
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