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RÉPARATION DES PETITS ACCIDENTS JOURNALIERS

Toile bosselée. — Mouiller la toile par derrière à l'endroit de la bosse avec une éponge imbibée d'eau tiède et laisser sécher à une température moyenne.

Ampoules ou cloques. — Amollir l'ampoule en mettant dessus de l'huile essentielle de pétrole mélangée par moitié avec de l'essence de pétrole; ensuite, la percer à son sommet avec la pointe d'une aiguille et

faire pénétrer par ce trou, à l'aide d'une petite seringue (dite compte-gouttes), un peu de vernis à tableau ; appuyer avec un chiffon pour aplatir l'ampoule et enlever en même temps l'excès de vernis qui ressortira ; et enfin mettre en presse sous un morceau de zinc ou de verre, dont les bords soient bien rodés, de façon qu'ils ne marquent pas. Il faut aussi avoir soin d'intercaler un morceau de papier enduit de colle de pâte entre le verre et l'ampoule, parce que le vernis qui peut encore en sortir collerait sur le verre qu'on ne pourrait plus retirer sans dégât, tandis que le papier s'enlève ensuite avec un peu d'eau tiède.

Fendillements, crevasses^ gerçures. — Lorsque la couleur est fendillée, ce qui arrive lorsqu'on repeint trop tôt, surtout en ton foncé sur un ton clair, il faut frotter un peu de vernis à retoucher et reboucher les fentes au couteau avec un mastic spécial que nous avons inventé à cet usage. (Voyez Mastic

à reboucher, page 322.)

Toiles crevées. — Lorsqu*une toile est crevée, on a l'habitude de coller par derrière une petite pièce de toile fine imbibée de cire fondue toute chaude : c'est un très mauvais moyen. D'abord, la cire seule n'est pas à l'abri de l'humidité, et souvent ces raccords se pourrissent; ensuite, la cire passe de l'autre côté de la toile par la crevasse, et comme il faut toujours repeindre pour dissimuler cette réparation, les répeints n'ont pas de solidité, la peinture à l'huile (comme nous l'avons dit) ne tenant pas sur la cire.

APPENDICE

Il vaudrait mieux, avant de coller la pièce, mettre au couteau un peu d'enduit à la caséine et au blanc de zinc (Voyez page 311) ; cet enduit empêcherait la cire de traverser, et au lieu de cire pure fondue, employer un mélange de moitié cire et moitié résine dammar fondues ensemble au bain-marie. Il y aurait ainsi plus de chance d'éviter l'humidité.

Mais voici un autre moyen que nous croyons bien supérieur.

Le tableau devra être placé horizontalement sur un marbre ou une plaque de métal, la peinture en dessous, en intercalant une feuille de papier enduite d'huile essentielle de pétrole.

Les bords de la tpile crevée seront rapprochés et les fils bien couchés^à l'aide même d'un fer à repasser s'il en est besoin, en ayant soin de chauffer ce fer à l'eau bouillante seulement.

On enduira ensuite toute la partie abîmée avec de la colle de caséine selon la formule ; quand l'humidité sera un peu évaporée et que cette colle commencera à poisser sous le doigt, on appliquera un morceau de papier mince, mais encollé, c'est-à-dire pas buvard, pour que la colle ne le transperce pas et on aplatira bien avec le fer à repasser, modérément chaud. Il ne faut pas qu'il reste aucune soufflure. Tout ceci étant sec, on mettra de nouveau de la colle sur le papier et on appliquera une pièce de toile fine un peu moins grande que le papier, parce que la toile ne collerait pas bien sur l'autre toile. On aplatira au fer chaud comme la première fois, et le tout

étant bien sec, on passera une ou plusieurs couches successives de vernis à retoucher, en laissant sécher chaque couche avant de remettre la suivante. Le vernis doit dépasser les bords du papier et mordre sur la vieille toile de façon, que les bords des pièces de toile et de papier soient bien garantis et n'aient pas tendance à se soulever si quelque chose les accroche.

Quand la dernière couche de vernis sera sèche, on retournera le tableau pour le placer verticalement. Si, par hasard, le papier enduit d'huile essentielle de pétrole qu'on avait intercalé entre la table et le tableau se trouvait collé, on le décollerait avec un peu d'eau tiède. Il ne restera plus qu'à boucher les traces de la crevasse avec le mastic à reboucher (Voyez page 322) ou avec un peu de blanc de zinc et de la colle de caséine. On peut même faire un mastic avec la colle de caséine et de la poudre de couleur dans le ton que l'on désire.

Si c'est un mastic à la caséine que l'on a employé, on passera du vernis à peindre par-dessus et on laissera sécher avant de repeindre.

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