‹ La science des autographesChapitre 17 sur 40 · C . vi · texte numérisé non relu

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ments autographes exposés a été publié en 1872, sous le titre de Musée des Archives nationales. Il forme un beau volume in-4 0 , illustré de nombreux fac-similés.

La Bibliothèque Mazarine, fondée par le cardinal Mazarin et par Gabriel Naudé, et celle de l'Arsenal, dont le cabinet du marquis de Paulmy a été le noyau principal, contiennent également des autographes. La Bibliothèque de la ville de Paris, reconstituée dans l'hôtel Carnavalet après les incendies de la Commune, par M. Jules Cousin, avec une libéralité et un dévouement rares, donne une place d'honneur aux autographes dans ses vitrines. La Bibliothèque de l'Institut de France possède les précieux fonds de la famille Godefroy. La Bibliothèque del'Université, qui se trouve à la Sorbonne, a eu en legs la collection d'autographes du dix-septième siècle, formée par l'illustre Victor Cousin. M. Georges Monval est le gardien vigilant des archives si curieuses du Théâtre-Français, et il y fait chaque jour de nouvelles découvertes. On conserve religieusement dans le foyer de la Comédie la signature de Molière provenant de la collection Bovet et due à la libéralité de M. Alexandre Dumas. Le compositeur Weckerlin a constitué dans la Bibliothèque du Conservatoire de Musique une galerie de portraits et d'autographes de musiciens et d'artistes dramatiques, et M. Charles Nuitter a doté l'Opéra d'une collection de même nature. M. Jules Desnoyers, membre de l'Académie des Inscriptions et bibliothécaire du Muséum, a classé les archives confiées à sa garde, et M. Eugène Muntz a mis en ordre celles de l'École des Beaux-Arts. L'Observatoire de Paris conserve une partie des correspondances de son fondateur, Cassini, et des astronomes Hevelius et De l'Isle. La Bibliothèque de la Chambre des députés a donné asile à des autographes précieux, parmi lesquels il suffira de citer une copie de la Nouvelle Hêloïse calligraphiée par Jean-Jacques Rousseau et ornée des dessins originaux de Gravelot.

Chacun de nos ministères possède d'importantes archives trop longtemps délaissées. Celles des Affaires étrangères sont des plus précieuses et offrent aux historiens des documents de premier ordre (1). On a récemment prescrit le classement des archives de la Marine, pour la conservation desquelles une commission spéciale de savants et de marins a été constituée. Pareille mesure devrait être prise pour les archives des autres ministères, car le classement de cette masse de documents enfouis, et la rédaction d'inventaires indispensables, amèneraient certainement d'intéressantes découvertes et rendraient les plus grands services à la science historique.

Les sociétés ou corporations civiles, historiques, littéraires ou artistiques ont égamentdes archives. Les études des notaires renferment de nombreux autographes. C'est là que Beffara et Eudore Soulié ont découvert plusieurs actes signés de Molière. Malheureusement il n'existe pas encore un répertoire des documents contenus dans les archives des notaires, et ce serait là un travail des plus utiles pour les chercheurs. M. Ernest Maindron a reconstitué, sous les auspices du grand chimiste Dumas, les

(1) Cf. Histoire du dépôt des archives des Affaires étrangères, par Armand Baschet. Paris, 1875, in-8.

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