‹ La science des autographesChapitre 27 sur 40 · C. ix · texte numérisé non relu

C. ix

cs^ CLASSEMENT DES COLLECTIONS

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dans le département, tels que gouverneurs, prélats, députés, préfets; 3° Documents concernant le département, les arrondissements, les cantons ou les villes.

Le classement d'une collection opéré, il convient de veiller à la conservation des pièces et de choisir une méthode qui permette de les manier facilement et sans danger. Il faut, pour cela, placer chaque autographe dans une chemise de papier un peu fort et de format in-4 0 ou in-folio. Sur cette chemise, on a soin d'inscrire le nom et les prénoms du personnage, ses lieux et dates de naissance et de mort et sa qualité déterminante. Puis on dispose ces dossiers dans des cartons qui portent comme étiquette l'indication de la série. Telle est la méthode la plus simple de conserver les autographes.

La plupart des amateurs joignent à chaque dossier le portrait du personnage. Le portrait est le complément obligé de l'autographe. Il est utile, comme je l'ai dit dans la préface du catalogue Fillon, de mettre de la sorte la physionomie de la personne en face de l'expression la plus palpable de son individualité morale. Le choix des portraits n'est pas indifférent. Il faut toujours préférer la ressemblance à l'aspect agréable de la planche ou au talent de l'artiste.

Il est bon aussi d'ajouter au dossier des notices biographiques du personnage, des documents le concernant, tels que lettres de naissance ou de décès, des gravures, des dessins, tout ce qui, en un mot, peut être un élément d'intérêt.

Il me reste à parler des albums d'autographes. Plusieurs amateurs en ont formé de remarquables. M. Chambry avait disposé toute sa collection dans des albums, où les pièces se trouvaient cousues sur des feuillets de papier. Cette méthode a de graves inconvénients pour une collection générale qui peut s'augmenter chaque jour, mais elle s'applique facilement à certaines séries dont le cadre est bien défini, ou à des correspondances. Les rois de France ou les maréchaux, par exemple, peuvent constituer des albums. M. le baron Feuillet de Conches a fait des chefs-d'œuvre en ce genre, avec des correspondances de François I, de Henri IV, de madame de Sévigné, de Jean-Jacques Rousseau, de Voltaire, etc.

Pour constituer un album, on opère de la manière suivante. Prenons comme exemple la série des maréchaux de France. On dresse la liste des noms par ordre chronologique de promotion depuis le quinzième siècle jusqu'en 1870, liste que le Dictionnaire historique de la France par Ludovic Lalanne nous fournit. On prend un nombre de feuilles de papier un peu fort, de format in-folio, correspondant au nombre de maréchaux. On numérote chaque feuillet et on y fait inscrire au crayon le nom et la date de promotion. Puis on remet au relieur les pièces en lui recommandant de les coller avec des onglets sur chaque feuille. Les noms manquants sont figurés par des feuillets blancs, ce qui permet de ne pas attendre que la collection soit complète pour en faire un album. On fait placer en tête une feuille de titre et à la fin une table alphabétique des noms avec renvoi aux pages. On fait ensuite calligraphier au haut de chaque page la notice du personnage. Ce tra-

^ LA COLLECTION ALFRED BOVET -a*©

vail terminé, le relieur revêt le tout d'une peau de maroquin, sur le dos ou sur le plat de laquelle il fait graver le titre convenu, et l'album est constitue'. On peut y ajouter des portraits, ce qui en augmente l'intérêt.

Les collections d'autographes ainsi disposées en album sont d'un maniement agréable et facile et elles" constituent un livre de luxe exceptionnel. Elles sont pour un salon un élément de décoration comme un tableau et un objet d'art.

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