‹ La science des espritsChapitre 24 sur 84 · ESPRITS HYPOTHÉTIQUES · texte numérisé non relu

ESPRITS HYPOTHÉTIQUES

OU

THÉORIES DES KABBALISTES SUR LES ANGES, LES DÉ- MONS, ET LES AMES DES MORTS.

Sur les choses que notre science en cette vie ne saurait atteindre on ne peut raisonner que par hypothèses. L'humanité ne peut rien savoir de surhumain, puisque le surhumain est ce qui dépasse la portée de Thomme ; les phénomènes de décomposition qui accompagnent la mort semblent protester au nom de la science contre ce besoin inné de croire à une autre vie qui a enfanté tant de rêves. La science cependant doit tenir compte de ce besoin, car la nature, qui ne fait rien d'inutile, ne donne pas aux êtres des besoins qui ne doivent pas être satisfaits. La science donc, forcée

d'ignorer, doit supposer au moins l'existence de choses qu'elle ne connaît pas, et ne saurait mettre en doute la continuation de la vie après le phénomène de la mort, puisque rien de brusquement interrompu ne se fait remarquer dans le gi*and œuvre de la nature qui, suivant la philosophie d'Hermès, n'agit jamais par soubresauts.

Les choses qui sont au-delà de cette vie peuvent être supposées de deux manières, ou par les calculs del'analogie, ou parles intuitions de l'extase; en d'autres termes, par la raison ou par la folie.

Les sages de la Judée avaient choisi la raison, et ils nous ont laissé dans des livres généralement ignorés leurs magnifiques hypothèses. En les lisant, on comprend tout d'abord que nos croyances en sont sorties comme des fragments inexpliqués, et que l'absurdité apparente de nos dogmes disparaît lorsqu'on les complète par les grandes raisons de ces vieux maîtres. On est étonné aussi d'y trouver réalisées et terminées philosophiquement toutes les aspirations les plus belles et les plus grandioses de notre poésie moderne. Gœthe avait étudié la Kabbale, et l'épopée de Faust est sortie des doctrines du Sohar. Swedenborg, Saint- Simon et Fourier semblent avoir vu la divine

synthèse kabbalistique à travers les ombres et les hallucinations d'un cauchemar plus ou moins étrange, suivant les différents caractères de ces rêveurs. Cette synthèse est en réalité ce que la pensée humaine peut aborder de plus complet et de plus beau.

Les livres qui traitent des esprits suivant les kabbalistes sont la Pnewnatica kabbalistica qui se trouve dans le Kabbala dmvdata du baron de Rosenroth, le Liber de revolutionibus ammarum par Isaac de Loria, le Sepher Druscfdm^ le livre de Mosché de Gorduero,' et quelques autres moins célèbres. Nous en donnons ici, non pas Tabrégé seulement , mais en quelque manière la quintessence. Nous y avons joint les trente-huit dogmes kabbalistiques, tels qu'on peut les voir dans la collection des kabbalistes publiée par Pistorius. Ces dogmes résument à peu près toute la science, et si nous nous sommes contenté d*y joindre une rapide explication, c'est que dans nos précédents ouvrages nous avons développé la science dont ces dogmes sont l'expression.

Jui

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