CHAPITRE I
UNITÉ ET SOLroARITÉ DBS ESPRITS.
Suivant les kabbalisteys , Dieu crée éternellement le grand Adam, Thomme universel et complet, qui renferme dans un seul esprit tous les esprits et toutes les âmes.
Les esprits vivent donc à la fois de deux vies. Tune générale, qui leur est commune à tous, et Tautre spéciale et particulière.
La solidarité et la réversibilité chez les esprits tient donc à ce qu'ils vivent réellement les uns dans les autres, illuminés tous des lumières d'un seul, affligés tous à cause des ténèbres d'un seul.
Le grand Adam était figuré par Tarbre de vie, il s'étend au-dessus et en dessous de la terre en branches et en racines ; le tronc c'est Thumanité, les diverses races sont les branches, et les individus innombrables sont des feuilles.
Chaque feuille a sa forme, sa vie particulière et sa part de sève, mais elle ne vit que par la
branche, comme la branche ne vit elle-même que par le tronc.
Les méchants sont les feuilles sèches et les écorces mortes de Tarbre. Ils tombent, se corrompent et se changent en fumier qui retourne à l'arbre par les racines.
Les kabbalistes comparent encore les méchants ou les réprouvés aux excrétions du grand corps de rhumanité.
Ces excrétions servent de fumier à la terre qui donne des fruits pour nourrir le corps ; ainsi la mort retourne toujours à la vie, et le mal même sert au renouvellement et à la nourriture du bien.
La mort ainsi n'existe pas, et l'homme ne sort jamais de la vie universelle. Ceux que nous appelons morts vivent encore en nous, et nous vivons en eux; ils sont sur la terre parce que nous y sonmies, et nous sommes dans le ciel parce qu'ils y sont.
Plus on vit dans les autres, moins on doit craindre de mourir. Notre vie, après là mort, se prolonge sur la terre en ceux que nous aimons, et nous puisons dans le ciel pour la leur donner la sérénité et la paix.
La communion dès esprits du ciel à la terre et de la terre au ciel se fait naturellement sans trouble et sans prodiges ; Tintelligence universelle est comme la lumière du soleil, qui se repose à la fois sur tous les astres, et que les astres se renvoient pour s'éclairer les uns les autres pendant la nuit.
Les saints et les anges n'ont pas besoin de parles ni de bruit poui- se faire entendre ; ils pensent dans notre pensée et ils aiment dans ndre cœur.
Le bien qu'ils n'ont pas eu le temps d'accomplir, ils nous le suggèrent et nous le faisons pour eux, ils en jouissent en nous, et nous en partageons avec eux la récompense, car les récompenses de Tesprit s'agrandissent lorsqu'on les partage, et ce qu'on donne à un autre, on le double en soi-même.
Les saints souffrent et travaillent en nous, et ils ne seront heureux que quand l'humanité tout entière sera heureuse, puisqu'ils font partie de l'indivisible humanité.
L'humanité a dans le ciel une tête qui rayonne et qui sourit, sur la terre un corps qui travaille et qui souffre, et dans l'enfer, qui pour nos sages
n'est qu'un purgatoire, des pieds qui sont enchaînés et qui brûlot.
Or, la tète d'un corps dont les pieds brûlent ne pdut iotlrire qu'à force de courage, de résignation et d*espérance ; la tête ne peut être joyeuse quand IM pieds brûlent.
Nous sommes tous les membres d'un mtaie corps, et 1 homme qui cherche à supplanter et à détruire un autre homme ressemble à la main dféUte qui, par jalousie, chercherait à couper la main gauche.
Celui qui tue se tue, celui qui injurie s'injarie, criui qiii Yole se vole, celui qui blesse se blesse, car les autres sobt en bous et tious Marnes en eux.
Les riches s'ennuient , se haïssent entre eux et se di^ûtmit de la Tie ; leur richesse même les tor« ture et les accable, parce qu'il y a des pautrai qui manquent de pain.
Les ennuis des riches sont les angoisses des pauvres qui souffrent en eux. Dieu exerce sa j^t^ tiôe par l'intermédiaire de la nature, et sa miidé^ ricorde par l'entremise de ses élus.
Si ta mets ta main au feu, la natum tebtiftléra safiir ^tié; mais un homme charitable pourra ptuntt et guérir ta brûlure.
Ia loi est inflexible, mais la charité est sans bornes*
La loi damne, mais la charité pardonne. Par lui-même, le gouffre ne rend jamais sa proie, mais on peut y jeter une corde à celui qui s'est laissé tomber.