‹ La science des espritsChapitre 26 sur 84 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

Quand Thomme s'endort du dernier sommeil, il tombe d abord dans une sorte de rêve avant de 86 réveiller de lautre côté de la vie.

Chacun voit alors dans un beau soi^ ou dans un terrible cauchemar le paradis ou Tenfer aux-^ quels il a cru pendant son existence mortelle.

C'est pour cela que souvent Tàme épouvantée •e rejette violemment dans la vie qu elle vient dé quitter, et que des morts, bien morts lorsqu'on ka a ensevelis, se réveillent vivants sens la tomke»

L'âme alors, n'osant plus mourir, se consume en efforts inouïs pour conserver la vie en quelque sorte légumineuse de sou cadavre.

Elle aspire pendant leur sommeil la vigueur fluidique des vivants et la transmet au coips enterré dont les cheveux poussent comme une herbe vénéneuse et dont un sang rouge colore les lèvres.

Ces morts sont devenus des vampires; ils vivent conservés par une maladie posthume qui a sa crise comme les autres, et qui finit par des convulsions horribles pendant lesquelles le vampire, pour tâcher de s'anéantir lui-même, se dévore les bras et les mains.

Les personnes sujettes au cauchemar peuvent se faire une idée de l'horreur des visions infernales. Ces visions sont le châtiment d'une croyance atroce et assiègent surtout les croyants superstitieux et les ascètes fanatiques : l'imagination s'est créé des tourmenteurs, et ces monstres, dans le délire qui suit la mort, apparaissent à Tâme avec une effroyable réalité, Tentourent, l'attaquent, et la déchirent en cherchant à la dévorer.

Le sage, au contraire, est accueilli par des

visions heureuses, il croit voir ses amis d'autrefois venir au devant de lui et lui sourire. Mais tout cela, avons-nous dit, n'est qu'un rêve, et l'âme ne tarde pas à se réveiller.

Alors elle a changé de milieu, elle est audessus de l'atmosphère qui s'est solidifiée sous les pieds de son enveloppe devenue plus légère. Cette enveloppe est plus ou moins lourde, il en est qui ne peuvent s'élever au-dessus de leur nouveau sol ; il en est d'autres au contraire qui montent et planent à volonté dans l'espace comme des aigles.

Mais des liens de sympathie les rattachent tou^ jours à la terre sur laquelle ils ont vécu, et sur laquelle ils se sentent vivre plus que jamais, parce que, le corps qui les isolait étant détruit, ils ont conscience de la vie universelle et prennent part aux joies et aux souffrances de tous les hommes.

Us voient Dieu tel qu'il est, c'est-à-dire présent partout dans la justesse infinie des lois de la nature, dans la justice qui triomphe toujours à travers tout ce qui arrive, et dans la charité infinie qui est la communion des élus. Ils souffrent, avons-nous dit, mais ils espèrent parce qu'ils

aiiuetit, et ils se trotivent heureux de souffrir. Ils M¥Ouretit pftisiblement la douce amertume du Mcriflee et sont les membres glorieux, mais sai^ gnants toujours, de la grande victime éternèlld.

Les esprits créés h l'image et à la ressemblance de Dieu sont créateurs comme lui, mais, comme lui, ils ne peuvent créer que leurs images. Les volontés audacieuses et déréglées produisent des larves et des fantômes, l'imagination a le pouvoir de former des coagulations aériennes et électron magnétiques qui reflètent un instant les pensées, et surtout les erreurs de l'homme ou du cercle d'hommes qui les met au monde. Ces créations d'avortons excentriques épuisent la raison et la vie de ceux qui les font naître, et ont pour caractère général la stupidité et la malfaisance, parce qu'elles sont les tristes fruits de la volonté déréglée.

Ceux qui n'ont pas cultivé leur intelligence pendant leur existence restent, après la mort, dans un état de torpeur et d'engourdissement plein d'angoisses et d'inquiétude ; ils ont peine à reprendre conscience d'eux-mêmes, ils sont dans le vide et dans la nuit, ne pouvant ni monter, ni descendre, et incapables de correspondre soit avec

le ciel, soit avec U terre. Ils sont tirés peu à peu da eet état par les élus qui les instruisent, les consolent et les éclairent, puis ils obtiennent d'être admis h de nouTçUes épreuves dont la nature nous est inconnue, car il est imposiiiMe que le même homme renaisse deux fois sur la même terre. Une feuille d'arbre, une fois tom^ bée, ne se rattache plus à la branche. La chenille devient papillon, mais le papillon ne rederiant Jamais chenille. La nature ferme les portes derrière tout ce qui passe et pousse la vie en avant. Le môme morcrau de pain ne saurait 6tre mangé et digéré deux fois. Les formes passent, la peor sée reste et ne reprend plus ce qu'dle a usé une fois.

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