‹ La science des espritsChapitre 27 sur 84 · ESPRITS · texte numérisé non relu

ESPRITS

Il existe des esprits élevés, il en est d'inférieurs, il en existe aussi des médiocres.

Parmi les esprits élevés, on peut distiaguer aussi les plus élevés, les moins élevés, et ceux qui tiemient le milieu.

Il en est de même pour les esprits médiocres et pour les esprits inférieurs.

Ceci nous donne trois classes et neuf catégories pour les esprits.

Cette hiérarchie naturelle des honunes a (ait supposer par analogie les trois rangs éi les neuf chœurs des anges, puis, par inver^on, les trois cardes et les neuf d^rés de Tenfer.

Voici ce que nous lisons dans une anci^me Glavicnle de Salomon, traduite pour la première fois de l'hébreu :

« Je te donnerai maintenant la clé du royaume des fôprits.

Cette clé est la même que celle des nombres mystérieux de Jézirah.

Les esprits sont r^s par la hiérarchie naturelle et universelle des choses.

Trois commandent à trois par le moyen de trois.

Il y a les esprits d'en haut, ceux d'en bas, et ceux du milieu ; puis, si vous retournez l'écheUe sainte , si vous creusez au lieu de monter , vous

trouTez la contre-hiérarchie des écorces ou des esprits morts.

Sache seulement que les principautés du ciel, les vertus et les puissances ne sont pas des personnes, mais des dignités.

Ce sont les d^rés de l'échelle sainte le long de laquelle montent et descendent les esprits.

Alichaël, Gabriel, Raphaël et les autres ne sont pas des noms, mais des titres.

Le premier des nombres, cest un.

La première des conceptions divines nommées Sépkiroth^ c'est Keter ou la couronne.

La première catégorie des esprits est celle d'Hajoth Haccadosch ou es ilntelligences du tétragramme divin dont les lettres sont figurées dans la prophétie d'Ézéchiel par des animaux mystérieux.

Leur empire est celui de l'unité et de la synthèse.

Us correspondent à l'intelligence.

Us ont pour adversaires les Thamiel ou bicéphales, démons de la révolte et de l'anarchie, dont les deux chefs toujours en guerre l'un conti*e l'autre sont Satan et Moloch,

. Le second nombre est deux, la seconde SéphÎFe est Clwcmah ou la sagesse.

Les esprits de sagesse sont les Ophanim^ nom qui signifie les roues, parce que tout fonctionne dans le ciel comme d'immenses rouages semés d*étoiles. Leur empire est oelui de rharmonie. ils correspondent à la raison.

Ils ont pour adversaires les Chaigidel ou le» écorees qui s'attachent aux apparences matéiMles et mensongères. Leur chef ou plutôt leur guide, car les mauvais esprits n'obéissent à personne, est Béelzébub, dont le nom signifie le Uieu des mouches, parce que les mouches fourmillât pir les cadavres en putréfaction.

Le troisième nombre est trois.

La troisième Séphire est Bikah ou rint^li* gence.

Les esprits de Binah sont les Aralim ou |m forts.

Leur empire est la création des idées ; ils cor^ respondent à Tactivité et à l'énergie de la prisée.

Ils ont pour adversaires les Satari^l ou vélateurs, démons de l'absurdité, de l'inertie intellect tuelle et du mystère.

Le chef des Satariel est Lumfuge^ appdé faii«-

sèment et par antiplirase Lucifer^ comme les Euménides, qui sont les furies, sont appelées en grec les Oraeieuses.

Le quatrième nombre est quatre ; la quatrième Séphire est Géduiah ou Chesed, la magnificence ou la bonté.

Les esprits de Oédulah sont les Haschmalim ou les lucides.

Leur empire est celui de la bienfaisance ; ils correspondent à l'imagination.

Ils ont pour adversaires les Gamehicoth ou les perturbateurs des âmes.

Le chef ou le guide de ces démons est Astaroth ou Astarté, la Vénus impure des Syriens , qu'on représente avec une tête d'âne ou de taureau et des niamelles de femme.

Le cinquième nombre est cinq, la cinquième Séphire est Géburah ou la justice.

Les esprits de Géburah sont les Séraphim ou les esprits brûlants de zèle.

Leur empire est celui du châtiment des crimes.

Ils 'correspondent à la faculté de comparer et de choisir.

Ils ont pour adversaires les Galab ou incendiaires, génies de la colère et des séditions, dont

le chef est Asmodée, qu'on appelle aussi le Sa-maJêl noir.

Le sixième nombre est six ; la sixième Séphire est TiPHERETH, la suprême beauté.

Les esprits de Tiphereth sont les Mcdachim ou les rois.

Leur empire est celui de l'harmonie universelle.

Ils correspondent au jugement.

Ils ont pour adversaires les Tagaririm ou les disputeurs, dont le chef est Belphégor.

Le septième nombre est sept ; la septième Séphire est Netsah ou la victoire ; les esprits de Netsah sont les Eldim ou les dieux, c'est-^-dire les représentants de Dieu.

Leur empire est celui du progrès et de la vie; ils correspondent au sensoriwn ou à la sensibilité.

Us ont pour adversaires les Harab-Sérapel ou les corbeaux de la mort, dont le chef est Baal.

Le huitième nombre est huit ; la huitième Séphire est HoD ou Tordre éternel ; les esprits de Hod sont les Beni-Eldim ou les fils des dieux.

Leur empire est celui de Tordre; ils correspondent au sens intime ; ils ont pour adversaires les

Samaël ou les batailleurs, dont le chef est Adrainelech.

Le neuvième nombre est neuf; la neuvième Séphire est Jésod ou le principe fondamental.

Les esprits de Jésod sont les Ghérubim ou les anges, puissances qui fécondent la terre et qu'on représente dans le symbolisme hébreu sous la figure de taureaux.

Leur empire est celui de la fécondité.

Ils correspondent aux idées vraies.

Us ont pour adversaires les Gamaliel ou les obscènes, dont la reine Lilith est le démon des avortements.

Le dixième nombre est dix ; la dixième Séphire est Mâlchuth ou le royaume des formes.

Les esprits de Mâlchuth sont les Ischim ou les virils, ce sont les âmes des saints, dont le chef est Moïse (1).

Us ont pour adversaires les méchants qui obéissent à Nahéma, le démon de l'impureté.

Les méchants sont figurés par les cinq peuples maudits que Josué devait détruire.

(I) N*ouliiions pas que c*€sl Salomon qui parle.

Josué ou Jéhosua le sauveur est la figure du Messie.

Son nom se compose des lettres du tétragramme divin changé en pentagramme par l'addition de la lettre Schin mijfpp.

Chaque lettre de ce pentagramme représente une puissance du bien attaquée par un^ des cinq peuples maudits.

Car rhistoire réelle du peuple de Dieu est la légende all^orique de rhumânité.

Les cinq peuples maudits sont les Amalécites ou les agresseurs, — les Géburim ou les violents, — les Raphàim ou les lâches, *-^ les NèphiUm ou les voluptueux, — et les Anacim ou les anarchistes.

Les anarchistes sont vaincus par le Jod, qui est le sceptre du père.

Les violenta sont vaincus par le He, qui est la douceur de la mère.

Les lâches sont vaincus par le Vau, qui est le glaive de Michaël et la génération par le travail et la douleur.

Les voluptueux sont vaincus par le second He, qui est Tenfantement douloureux de la mère.

Les agresseurs enfin sont vaincus par le Schin, qui est le feu du Seigneur et la loi équilibrante dfi la justice.

Les princes des esprits pervers sont les faux dieux qu'ils adorent.

L'enfer n'a donc d'autre gouvernement que la loi fatale qui punit la perversité et qui corrige l'erreur, car les faux dieux n'existent que dans l'opinion fausse de leurs adorateurs.

Baal, Belph^or, Moloch, Adramelech ont été les idoles des Syriens; idoles 8«ms âme, idoles maintenant anéanties et dont le nom seul est restée

Le vrai Dieu a vaincu tous ces démons comme la vérité triomphe de Terreur. Cela s'est passé dans l'opinion des hommes, et les guerres de Michaël contre Satan sont des figures du mouve«^ m^it et du progrès des esprits.

Le diable est toujours un dieu de rebut.

Les idolâtries accréditées sont des religions dans leur temps.

Les idolâtries surannées sont des superstitions et des sacrilèges.

Le panthéon des fantômes à la mode, c'est le ckd des ignorants.

L'égout des fantômes dont la folie même ne * veut plus, c'est Tenfer.

Mais tout cela n'existe que dans rimagination du vulgaire.

Pour les sages, le ciel c'est la suprême raison, et l'enfer c'est la folie.

On comprend que nous employons ici le mot ciel dans le sens mystique qu'on lui donne en l'opposant au mot enfer.

Pour évoquer les fantômes, il suffit de s enivrer ou de se rendre fou . Les fantômes sont les compagnons de l'ivresse et dû vertige.

Le phosphore de l'imagination abandonnée à tous les caprices des nerfs surexcités et malades se remplit de monstres et de visions absurdes.

On arrive aussi à l'hallucination en mêlant la veille au sommeil par l'usage gradué des excitants et des narcotiques ; mais de pareilles œuvres sont des crimes contre nature.

La sagesse chasse les fantômes et nous fait com-< muniquer avec les esprits supérieurs par la contemplation des lois de la nature et l'étude des nombres sacrês. »

Ici le roi Schlomoh s'adresse à son fils Roboam.

• H Souviens-toi , mou lils Roboam , que la crainte d'Adonaï n'est que le commencement de la sagesse.

c< Maintiens et conserve ceux qui n'ont pas rintelligence dans la crainte d'Adonaï , qui te donnera et te conservera ma couronne.

« Mais apprends à triompher toi-même de la crainte par la sagesse, et les esprits descendront du ciel pour te servir.

« Moi, Salomon, ton père, roi d'Israël et* de Palmyre, j'ai recherché et obtenu en partage la sainte Ghocmah qui est la sagesse d'Adonaï.

« Et je suis devenu le roi des esprits tant du ciel que de la terre, le maître des habitants de l'air et des âmes vivantes de la mer, parce que je possédais la clé des portes occultes de la lumière.

« J'ai accompli de grandes choses par la vertu du Schéma Hamphorasch et par les trente-deux voies de Jézirah.

« Le nombre, le poids et la mesure déterminent la forme des choses : la substance est une, et Dieu la crée éternellement.

a Heureux celui qui connaît les lettres et les nombres.

« Les lettres sont des nombres, et les nombrelir des idées, et les idées des forces, et les forces des Eloïm. La synthèse des Eloïm, c'est le Schéma.

« Le Schéma est un, ses colonnes sont deux, sa puissance est trois, sa forme est quatre, son reflet donne huit, qui multiplié par trois tous donne les vingt-quatre trônes de la sagesse.

« Sur chaque trône repose une couronne à trois fleurons, chaque fleuron porte un nom, chaque nom est une idée absolue. Il y a soixante-douze noms sur les vingt-quatre couronnes du Schéma.

« Tu écriras ces noms sur trente-six talismans, deux sur chaque talisman, un sur chaque côté.

« Tu diviseras ces talismans en quatre séries de neuf chacune, suivant le nombre des lettres du Schéma.

« Sur la première série tu graveras la lettre Jod figurée par la verge fleurie d'Aaron, sur la seconde la lettre He, figurée par la coupe de Joseph.

« Sur la troisième, le Vau figuré par Tépée de

David, mon père.

« Et sur la quatrième, le He final, figuré par le sicle d'or.

(( Les trente-six talismans seront un livre qui

contiendra tous les secrets de la nature. Et par

^leurs diverses combinaisons tu feras parler les génies et les anges. »

(Ici s'arrête le fragment de la Clavicule de Sa-* lomon.)

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