‹ La science des espritsChapitre 64 sur 84 · GOMME LA PRESENTATION DE MARIE AU TEMPLE A ÉTÉ · texte numérisé non relu

GOMME LA PRESENTATION DE MARIE AU TEMPLE A ÉTÉ

PRÉFIGURÉE AUPARAVANT.

La présentation de Marie est préfigurée au temple par la table qui fut trouvée au Sorbion, dont parle Scholastica Historia. Comme les pécheurs tendirent un jour leurs filets en la mer, quand ils les tirèrent à bord, ils y trouvèrent une table d'or, qu'ils présentèrent au soleil naturel,

car ils tenaient et adoraient le soleil ponr leur Dien au temple du soleil, qui, sur la rive de la met, était édifié. Par laquelle table Marie est pleinement préfigurée; par la fille de Jephté, dont il est écrit en la Bible, au livre d£ Judicvm^ qu'elle fut offerte indiscrètement, car elle ne pouvait plus après servir Dieu ; mais Marie a été ollerte avec discrétion, servant Dieu tous les jours de sa vie.

GOMME MARIE FUT PRÉSENTÉE AU TEMPLE^ ET T DEMEURA jusqu'à L'AOE de QUATORZE ANS.

Alors Marie fut présentée au temple ; elle y de* meura jusqu'à l'âge de quatorze ans, et fut col^ loquée avec les autres pucelles, qui aussi étaient agréables à Dieu ; elle apprenait la loi de Moïse, serviteur de Dieu . Elle délibéra en son cœur de prendre Dieu pour son père et ses parents, et pouvoir dire avec David : Père et mère m'ont délaissée, mais le Seigneur m'a reçue. Elle se laissa enseigner des prêtres en la loi mosaïque, pensa en son cœur quelle chose elle pourrait faire pour être plus agréable à Dieu, et à cet an pria incessamment le Seigneur qu'il lui ftt et donnât la

qu a prime, elle était en oraison, et après elle vaquait à faire quelques oeuvres manuelles jusqu'à l'heure de tierce et de sexte, que l'ange lui apportait sa réfection; après elle retournait à son oraison, tellement que jamais elle n'était oisive, soit qu'elle priât Dieu, méditât ou ftt quelques bonnes œuvres; elle demeura au temple dans cet exercice jusqu'à l'âge de quatorze ans.

APRÈS QUE JOAGHIM ET ANNE EURENT PBiSENTÉ LEUR FILLE AU TEMPLE^ ILS RETOURNÈRENT EN NAZARETH.

Après que Joachim et Anne eurent présenté leur fille Marie à Dieu, au temple, et demeuré un peu près d'elle, louant et bénissant le Seigneur de ses bénédictions qu'il leur avait montrées, retournèrent en Nazareth, et avaient été trois jours en chemin, allant à Jérusalem, ils furent semblablement trois nuits, et prirent un même logis que devant; en chemin il arriva plusieurs miracles, lesquels semblaient être contre le cours de la nature, je les passerai sous le silence.

faits, et immuable e;i courage. Jamais on ne la vit en colère, ses paroles étaient pleines de douceur; en sorte que par la langue on la pouvait connaître de Dieu. Elle était soigneuse de ses compagnes, en les gardant qu'elles n offensassent Dieu ou leur prochain, ou donnant de mauvais exemples, ou provoquassent quelqu'un à dire, ou fissent tort à personne. Sans cesse louait Dieu, et priait pour le salut du genre humain ; et quand on la saluait, elle répondait : Deo gratias. Il est vraisemblable que d'elle est venu cet usage, que quand les gens de bien sont salués, ils répondent : Deo gratias. Marie voua aussi à Dieu sa chasteté, dont il n'y avait point eu d'exemple, car aucunes filles, dès le commencement du monde, n avaient iait le semblable, en sorte qu'elle fut la première vouant à Dieu sa chasteté. Elle se conduisait en toutes ses affaires si sagement, que sa vie était à toutes gens un miroir de bonnes mœurs et vertus, comme écrit d'elle saint Ambroise, croissant journellement en sainteté, et fut tous les jours visitée des anges, et eut visions divines. Saint Jérôme écrit en une épitre aux saints évêques Gramario et Heliodato, que Marie s'était réglée tellement, que depuis le matin juiî-

qu'à prime, elle était en oraison, et après elle vaquait à faire quelques oeuvres manuelles jusqu'à l'heure de tierce et de sexte, que Fange lui apportait sa réfection; après elle retournait à son oraison, tellement que jamais elle n'était oisive, soit qu'elle priât Dieu, méditât ou Ùi quelques bonnes œuvres; elle demeura au temple dans cet exercice jusqu'à Tâge de quatorze ans.

APRÈS QUE JOAGHIM ET ANNE EOEENT PRÉSENTÉ LEUR FILLE AU TEMPLE^ ILS RETOURNÈRENT EN NAZARETH.

Après que Joachim et Anne eurent présenté leur fille Marie à Dieu, au temple, et demeuré un peu près d'elle, louant et bénissant le Seigneur de ses bénédictions qu'il leur avait montrées, retournèrent en Nazareth, et avaient été trois jours en chemin, allant à Jérusalem, ils furent semblablement trois nuits, et prirent un même logis que devant; en chemin il arriva plusieurs miracles, lesquels semblaient être contre le cours de la nature, je les passerai sous le silence.

GOMME JOAGHIM TREPASSA LA MÊME ANNÉE QC'tL EUT PRÉSENTÉ MAKDS AU TEMPLE.

Incontinent que Joachim et Anne eurent présaité leur iSlle Marie à Dieu au temple, et furent retournés à la maison, la même année Joachim devint malade, et pria Dieu qu'il le voulût recevoir comme il avait fait de ses prédécesseurs; ainsi qu'il était au lit malade et sentait approcher la mort, il appela Anne sa femme, disant : Ma femme Anne, l'heure est venue que je prendrai repos avec nos pères. Je te prie de me faire mettre dans le tombeau de mon père Barphanter, et de cheminer le reste de ta vie dans les commandements du Seigneur. Ayez souvent mémoire avec gratitude envers Dieu des bienfaits qu'il nous a montrés ici-bas ; ayez aussi souvenance de la promesse de notre fruit au salut de tout le monde, car je m'en irai aux limbes et annoncerai à nos pères la miséricorde de notre Dieu, afin qu'ils soient consolés, attendant leur délivrance, et quand tu feras savoir mon trépas à notre fille Marie, dis-lui qu'elle prenne la mémoire de moi gravée en ton cœur comme le soleil an firma^

ment. Et quand il eut dit cela, il rendit son esprit à Dieu ; ce qu'Anne voyant, elle se prosterna en terre, pleurant de bonne affection et amour cordial dont elle l'aimait. Elle ordonna qu'il fût oint de précieux onguents, et le fit mettre près de son père, suivant son ordre, et demeura sur sa sépulture, se lamentant et regrettant son trépas, et après retourna en sa maison, où elle continua à pleurer l'espace de quarante jours.

GOMME ANNE, APRÈS LE TRÉPAS DE SON MARI, PAR LE COMMANDEMENT DE l'ANGE, PRIT UN AUTRE BfARI, NOMMÉ GLÉOPHAS.

Un an après le trépas de Joachim, Anne prit ses habits solennels, les voulant défaire et donner aux pauvres, disant : Dorénavant ne seront trouvés de moi aucuns habits solennels, ainsi vêtirai habits viduaux et de deuil, pleurant le trépas de mon mari ma vie durant. Et comme elle prit un couteau pour couper ses vêtements, l'ange s'apparut à elle, disant : Anne, tu ne rompras point tes vêtements, mais tu auras souve-

nance comme Dieu t'a rendue féconde lorsque tu étais stérile, et envoyé un fruit très-salutaire, dont n'a été et ne sera jamais le semblable, duquel sortira le Fils de Dieu éternel, au salut de tout le monde. Par ainsi te faut être obéissante à Dieu, et prendre à mari celui que je te nommerai, lequel devant Dieu est trouvé juste, ap^ pelé CUophas ; tu auras une fille dont seront nés de grands hommes, qui soutiendront la foi chrétienne, et combattront jusqu'à l'effusion de leur sang, après recevront la couronne du martyre, lesquels il veut faire premi^s de tout le monde; ils seront assis sur des sièges, jugeant les douze lignées d'Israël. Anne, crois-moi et suis mon conseil, car pour cela Dieu m'a envoyé vers toi, ôte tes habits de deuil, et habille-toi solennellement, et tu accompliras le vouloir de Dieu. Quand Anne eut oui ce que l'ange lui avait dit, elie se mit à genoux en iMaerciant Dieu, et épousa Cléo* phas, duquel elle conçut et enfanta dedans l'aqpnée une fille, comme l'ange lui avait prédit, qui fut nommée Marie ^ pour la révérence de sa première qu'elle eut de Joachim ; et avant qu'elle accouchât, Gléophas, son second mari, trépassa, laissant sa femme enceinte. Anne, voyant cela, fut

remplie de triste^e^ disant : O fâë Je sois défio* lée I quand s^ai-je réjouie du fruil que je pc^el U me survient grand ennui^ ear là fille qui de moi naîtra ne ccmnaîtra et ne Verra jamais son pème^ et en cet ennui fut Anne^ attendant le pmt desetn accouchement^ et l'henre venue, elle en-* fauta une fille qa'dle fit nommer Marie. Q«aBé eette fiUe ivà ea âge de se loarier, et par le co»^ sml de sa mèro, prit un homme ^ bien craîgiiai^ Béen, nommé AJj^mj duquel soat ii9sus sunt Jacques le Mineur, saint Alpliéus, ou hidas son autre nom, et Joseph le juste, qui furent apôtres dSilésus^hrist. Et ainsi plairait Anne âeredlief k mort de son xfiafi Cléophas, et un an après elle dit en soinnême : J'ai maintenant accompli la Y(dontédeDien, et doréna^nt ne veux être en compagnie d'homme. Et incontisi^it qu'elle ^tt dit cala, Tange vint à elle, disant : Anne, tu sais bien que tout témoignage est poié en nombre teruiire; pour ce, qu'il te faut prendre un troisième mari, qui t été trouvé juste devant Dieu, nommé Salomé, duquel tu concevras et enfanteras une fille que tu nommeras Marie, ccmime les autres ; d'^le naîtront deux princes qui régneront sur les douze lignées d'Israël, et Dieu fera des choses

merteilkùses par eux deiiaat tout le mandée CW pourquoi, Ailiie, réjouiMoi de tea eofants; cw Die» veut faire des choses mem^iUeuses sur la terre par eux, et ce qui descendra de toi recevra btoédiction éternelle; par quoi consens à mes paroles, car après le trépas de trois maris tu resteras veuve comme il t'a été ordonné.

. # CpCBm AKUE PRIT SON TROISIEME MARI, NOMMI& SALOMÉ^ ' SUIVANT LE COMMANDEMENT DE l'AIïGE.

Quand Anne eut entendu lordonnanoe de range, elle bénit Dieu, qui en toutes ses œuvres est merveilleux, prit le troisième mari, nommé Salomé, et vivtient ensemble justement et en la crainte de Dieu, gardant ses commandements • Quand ils eurent été un an ensemble, Anne GOSk^ Qut et enfanta une fille,* qu'ûUe fit nommer Marie, qui, étant en âge de se marier, on la imé rîa à un personnage très -- pieuj(, nommé /^ bedem, dont elle conçut et enfanta deui m^ fants, apôtres de Dieu, Japques le Miyeur et mui Jean Tévangéliate. Quelque temps après, Sa^ lamé trépassa, et Anne le pleura ponun^ elle

avait fait de ses autres maris ; après la mort duquel Anne quitta tous ses joyeux et beaux habits, proposant de . vivre le reste de sa vie en austèke pénitence, comme elle fit.

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