CHAPITRE PREMIER
Où ton explique les propriétés des moulures et de leurs ornements.
Il y a deux sortes de moulures, savoir, les quarrées et les rondes. Les quarrées sont faites avec des lignes droites, les rondes avec des portions de cercle ou autres lignes courbes. De ces moulures il y en a de grandes et de petites : les grandes sont lesdoucines, oves, gorges, talons, tores etscoties ; les petites sont les filets, astragales et congés. Les petites moulures servent à séparer et à couronner les grandes, pour leur donner aussi plus de relief et de distinction. Les unes et les autres se tracent différemment, selon la distance d’où elles doivent être vues, puisque c’est de cette distance que dépendent les saillies ou retraites qu’on leur donne.
Les plus belles moulures sont celles dont le contour est parfait, comme le quart-de-rond et le cavet, qui se tracent par le moyen d’un quart-de-cercle, ainsi qu’on le peut voir dans les figures 6, 7 et 8. Le talon et la doucine marqués par les figures 9, 10, ii et ta, ont aussi fort bonne grâce : pour les tracer, il faut être prévenu qu’on donne à ces quatre moulures autant de saillie que de hauteur, c’est-à-dire que AB est égal à BC, et qu’ensuile on tire la ligne AC, qu’on divise en deux également au point F ; sur chaque partie égale CF et F.A, comme
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base, on fait un triangle équilatéral, l’un en dehora, l'autre en dedans, aün d’avoir les points D et E qui servent de centre pour décrire deux portions de cercles , qui composent ensemble la sinuosité de cette moulure, qui est la même dans les figures g et lo, l’une étant droite et l’autre renversée : les cimaises ou talon que l’on voit exprimés par les ligures 1 1 et 12, se tracent aussi par le moyen du triangle équilatéral, avec cette diflérence cependant , que la portion de cercle GH qui répond à la partie saillante G est convexe, et que l’autre qui répond à la partie rentrante I est concave, au lieu que dans les deux autres ligures, c’est tout le contraire.
Ix contour des astragales se fait ordinairement avec les trois quarts , ou les deux tiers de la circonférence d’un cercle, au lieu que le gros et le petit tore .sont formés par une demi-circonférence entière , ainsi qu’on le voit marqué aux figures 3 et 4- A l’égard de la scotie et du tore corrompu marqués par les figures 5 et 1 3, on n'a, je crois, aucune règle géométrique pour tracer la concavité de l’une et la convexité de l’autre : c’est à ceux qui font des modèles de prolils , de contourner les moulures de façon qu’elles ne fassent point un effet désagréable.
Pour faire de beaux profils, il faut prendre garde de ne les point trop charger de moulures, et de n'en point répéter de semblables immédiatement l’une après l’autre ; pour cela il faut les mêler alternativement de quarrccs et de rondes, de manière que les grandes soient séparées des autres par des petites qui les fassent valoir à l'aide de leur comparaison réciproque. De ces grandes moulures, il faut qu’il y en ait qui liominent, comme le larmier dans la corniche, qui est la moulure la plus essentielle, évitant sur-tout l’égalité des moulures dans les prolils ; c’est pourquoi on les fait de différente hauteur : et pour donner là-> dessus quelques règles générales, on aura attention qu’une moulure qui en couronne une autre, doit avoir au plus pour hauteur la moitié de celle qui est au dessous, et au moins le tiers. De même le filet sur l’.astragalc, et l’astragale sous l’ove, ne doivent point être moindres que le quart, ni surpasser le tiers de i’ove. Mais on jugera mieux de toutes ces proportions parcelles qui accompagnent les profils, que nous expliquerons par la suite (i).
(1; Le nifuen de composer de ïinto profil- est, suivant M. Dnninil ( Prsxis liei