‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 143 sur 207 · LIVRE V. DE LA DÉCORATION · texte numérisé non relu

LIVRE V. DE LA DÉCORATION

M. de Cliambray un maître qu’il se ferait honneur de suivre, et qu'il n’était pas assez téméraire pour rien changer à son projet. Exemple rare, où la concurrence s'est dépouillée de ses propres intérêts pour rendre hommage au vrai mérite. Mais cela ne doit pas surprendre; les grands hommes ont toujours des traits qui marquent leur caractère, au lieu que l'ignorance croit se signaler et trouver de la ressource dans les sentiments de jalousie qu’elle fait éclater.

Comme il ne reste aucun monument de l'ordre To.scan qui se soit trouvé digne de quelque attention , .M. de Chambr.iy n’en donne point d’exemple. Mais en récompense on a lieu d’être satisfait de ceux qu’il rapporte des autres ordres; et comme, tout admirables qu'ils sont on ne peut les regarder s.ins faire quelque choix, puisqu’il se trouve de chaque ordre en particulier des |)rofils mieux proportionnés les uns que les autres, je me suis attaché à décrire les plus approuvés dans le rang qui leur convenait relativement à celui que Vignole iloiine aux siens.

Si l’on considère la planche XLIIl , on verra qu'elle représente un Plzsche chapiteau et un entablement doriques tirés des Thermes de Dioclétien. **'*’*■ Ce morceau est regaixlé comme un des plus excellents de tous les ouvrages antiques de cet ordre : sa compositiou est noble et régulière, les ornements sont appliqués avec goût sur chaque membre, en enrichissant les uns sans blesser les autres.

Comme la colonne ne subsiste plus en entier, on ne peut juger positivement des proportions générales qu'on y a suivies : cependant l'on remarrjue que l’entablement est de quatre modules, ce ([ui fait pré.sumer que la colonne en avait seize, parce que les anciens ont presque toujours donné à la hauteur de l’entablement le quart de la colonne. Quant à sa base, M. de Cliambray ne la rapporte point, parce qu’apparemment il n'en parait plus, la barbarie de certains siècles ayant tellement défiguré la plupart des anciens monuments, que ce n’est qu’avec bien de la peine qu’on en a tiré quelque morceau entier.

La planche XLIV représente un profil ionique qui peut passer pour l’ouvrage le plus parfait qui nous soit resté des anciens. M. de Chambray le regarde comme le chef-d’œuvre de la plus haute perfection. Palladio, qui l’a aussi rapporté dans le treizième chapitre de son quatrième livre , ne peut lui donner trop d’éloges ; et quand on manquerait dégoût pour

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