‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 163 sur 207 · LIVRE V. DE LA DÉCORATION. 5o · texte numérisé non relu

LIVRE V. DE LA DÉCORATION. 5o

e»t le ceutre. Je ne dis rien de celles qu'on fait à pans , c’est-à-dire terminées par plusieurs faces, parce quelles ont mauvaise grâce et ne sont point appi'ouvécs. ■

Si l'on veut avoir un balcon au-dessus de la porte, on peut le faire porter par des colonnes quand le lieu le permet. En ce cas , on fait saillir les ornements d'architecture, ou bien, si l’on ne fait pas de colonnes, le balcon est porté par des consoles- Mais, lorsqu'on est obligé de ménager la place, on fait des pilastres ou avant-corps qui ont peu de saillie. Quelquefois même on prend la porte dans un renfoncement , et alors les ornements se distribuent selon la nécessité et les circonstances.

A l’égard des entablements qui couronnent les portes, Scamozzy veut qu'ils aient, pour l'ordre Toscan, la quatrième partie de la hauteur du vide, et la cinquième partie pour l’ordre Composite, et qu'on prenne des moyennes proportionnelles entre ces deux ordres pour l'ionique, le Dorique et le Composite. Ensuite la hauteur de l'entablement doit être divisée en quinze parties, dont on donne cinq à l'arehitrave, quatre à la frise et six à la corniche, et les moulures se font à proportion ; la largeur des piédroits ou montants des chambranles et les moulures doivent être pareilles à celles du linteau , dont le pro6l est ordinairement semblable à celui de l'architrave.

Il faut, autant qu'il est possible, laisser les ventaux des grandes portes de toute leur hauteur, à moins qu'on n’en soit empêche par un entresol. Si la porte est ronde, et qu’on y mette un dormant, il doit occuper la partie cintrée, en sorte que l’imposte continuée serve de linteau; a l'égard de leur compartiment il y faut peu de panneaux, et que ceux d'en bas soient arrasés comme du parquet , que la richesse des cadres et des moulures soit conforme à la décoration de l'architecture. Si l’on y pratique des ornements de sculpture , il faut qu’ils aient peu de relief , faisant en sorte qu'ils se trouvent dans l'épaisseur du bois sans être rapportés.

Pour dire aussi quelque chose de l’intérieur des édifices, il faut convenir qu’on n’a jamais eu tant de goût qn’on en remarque aujounl'hui dans les appartements un peu considérables. La manière d'orner les cheminées demanderait elle seule un grand détail, si l'on voulait rapporter des exemples pour montrer l'art de mêler à propos le marbre , la sculpture et le bronze doré pour accompagner les glaces qui en font le

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principal ornement. Mais je renvoie le lecteur au livre de Daviler, qui a traité ce sujet à fond , et me contenterai de parler des autres ornements qui semblent appartenir essentiellement à l’architecture.

Les anciens , au rapport de Vitruve , ornaient leurs plafonds de bois précieux et d’ouvrages de marquetterie fort riches, par la diversité des bois de couleur, l'ivoire et la nacre de perle, dont ils composaient des compartiments, qui étaient enrichis par des lames de bronze. Il est constant que les plafonds conviennent fort aux salons et aux grandes pièces , où la hauteur des planchers donne assez d’éloignement pour les voir d’une distance niisonuable , parce que dans les petites pièces il faut le moins de relief qu’il se peut. Pour faire la division des compartiments, les cadres doivent répondre au vide des murs, comme fenêtres et portes, ce que les poûtres règlent assez facilement. Dans les grandes pièces, il faut de grandes parties , particulièrement une qui marque le milieu , et qui soit différente des autres par sa figure; par exemple, elle doit être ronde ou octogone pour les pièces quarrées, et ovale pour les longues: les enfoncements peuvent être ornés de roses tombantes qui ne doivent point excéder l’arrasement des poûtres principales. Les corniches ou entablements doivent être tellement proportionnés que leurs profils aient la même hauteur que s’il y avait un ordre au-dessous , parce qu’alors on est sûr que la corniche ne sera ni trop puissante , ni trop faible , lorsqu'elle sera élevée à la hauteur de l’ordre qu’elle doit couronner. A l'égard de la frise, elle peut recevoir de beaux ornements; mais il faut qu’ils soient i-épandus avec choix et avec goût , et qu’ils conviennent au lieu où ils sont employés. Mais, pour régler d’une manière générale la proportion qne doivent avoir les entablements qui portent les plafonds, s’il n’y a qu’une architrave ou imposte, il faut, selon Scamozzy, qu’elle ait la seizième partie de la hauteur, depuis le plancher jusque sous le plafond; et si le lieu permet d’y mettre une corniche, soit avec modilloDS ou sans modillons, il faut qu'elle ait alors la treizième partie et demie de cette hauteur. Daviler veut qu'on donne aux corniches la douzième partie de la hauteur des chambres, ou, ce qui revient an même, un pouce par pied, et cela pour les pièces qui auraient depuis 8 pieds jusqu’à 1 5 d’exhaussement; et pour celles qui en ont davantage et où l’on a coutume de faire des entablements, il prétend qu’un dixième de la hauteur conviendrait mieux.

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