‹ La science des ingénieursChapitre 100 sur 306 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

De la manière de faire les Fondements des Édifices dans toute sorte d'endroits , et principalement dans le mauvais terrain.

Il semble qu'avant d'enseigner la construction des fondements j'aurais dû dire quelque chose sur les précautions qu'on prend pour se mettre en état de travailler dans les lieux aquatiques , expliquer la façon des

genre de travaux. Elle se compose de plusieurs éléments qui n'ont pas encore été publiés y OU qui sont dispersés dans divers ouvrages : je vais en donner ici l'idée.

La théorie des travaux de terrasses peut se diviser en trois parties , qui sont : i*^ les procédés de calcul du volume des solides de déblai et de remblai; a^ la manière de faire la distribution du débbi et du remblai , en sorte que la dépense soit la plus petite possible ; 3^ la manière de fiadre la fouille et lo transport des terres , et l'évaluation de la dépense de ces opérations.

1** On trouvera sur le calcul des terrasses les détails nécessaires dans le Traité de topographie, d* arpentage et de nivellement de M. Puissant, liv. IV, chap. IV. Ce calcul s'exécute par le moyen d'un petit nombre de formules très-simples.

L'évaluation du volume des déblais et des remblais se réduit toujours à la cubature ties espaces compris entre la surface du terrain naturel et celle du projet. Ces surfaces peuvent être planes ou courbes : dans le premier cas , les solides qu'eUes interceptent peuvent être évalués par les principes de la géométrie élémentaire : dans le second on substitue aux véritables solides des solides qui n'en diffèrent pas sensiblement, et qui, étant suceptibles d'une définition rigoureuse, peuvent se prêter au calcul. Parmi toutes les hypothèses qu'on pourrait adopter pour cet objet , on s'est arrêté à la suivante, qui conduit à des procédés commodejs.

La surface du terrain est connue par des points de nivellement placés dans une suite de plans verticaux, ordinairement parallèles entre eux : on supposé ces points réunis par des lignes droites, qui sont considérées comme les sections du terrain par les plans, et qui forment ce qu'on nomme Ats profils; et d'un profil à l'autre, la surface du terrain est censée formée par une surface gauche décrite par une droite qui se mouvrait parallèlement à un plan vertical donné, en touchant constamment les lignes du terrain. Cela posé , et eu égard à ce que la surface du projet est toujours plane, ou cqnsidérée

^44 LA SCIENCE DES INGÉNIEUltS,

batardeàux que Ton construit pour se garantir des eaux étrangères, ou pour faire des épuisements avec le secours des machines que Ton a imaginées à cet usage, et détailler les propriétés de ces machines , afin de donner la préférence à celles dont on peut se servir le plus utilement.

comme telle , il est aisé de conceToir qu'on n a jamais à cuber que des solides dont les faces latérales sont des plans yerticaux, dont la base inférieure est un triangle ou un trapèze plan , et dont la base supérieure est un triangle ou un trapèie gftuche. On trouve les formules suivantes pour leyaluation du volume de ces solides.

On a t^ pour le solide à base triaugulairs

V=Bi±^l±i-'

B ^ la base ;

h' j h' j h" y les trois hauteurs^

y , le volume.

n^ Ppur le sdide dont la base est un trap&be ,

IB' , la base d*un des deux triangles qui fonnent le trapèaie;.

B" , la base de Vautre triangle ; A, A' , A , les hauteurs repondant àB'; A., h\ A", les hauteurs répondant à B".

a" A regard de la manière de distribuer les terres du dâ>Iaî dans les différentes parties du remblai , M. Monge a traité ce sujet pour la première (cas dans les Mémoires de r Académie des Sciences pour 1781. M. Dupin a ajouté quelque chose à ses résultats dans la correspondance sur rEcole Poljteebnique, n^ 7. On trouvera, dans- le Traité de la Construction des ponts, Uv. lY, chap. U , le développement des préceptes que ces recherches foumiaseot pour la pratique , exposé dune manière très-élémentaire. Elles sont fondées sur le principe, que la somme dea éléments du déblai multipliés par les distances qu on leur £But parcourir, doit être la plus petite possible ; d où il résulte immédiatement que les routes suivies par ces éléments doivent être les plus courtes distances entre les points de départ et d'arrivée , et que ces routes ne doivent, point se croiser entre leurs extrémités. Ces principes , appliqués aux différentes circonstances que présentent les déblais , indiquent dans chacune la disposition qu'on doit donner au travail pour fiiire la moindre dépense possible.

3^ Quant axtx procédéa de la fouille dea terre», il y aurait peu de chose à ajouter à ce qui est dit dans lo texte ; il n en est pas de même de ceux du transport , Bélidor n'ayant parlé que du transport par brouettes. Ce damier ne peut donner lieu à beaucoup

Page 1