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LIVRE III. DE LA CONSTRUCTION DES TRAVAUX

plutôt à donner' des exemples qui leur soient applicables, qu'à toute autre espèce de travaux : c'est pourquoi les dessins de la huitième planche représentent des profils de remparts.

Les fondements qui se font à sec sont assis sur le roc , ou sur un bon Fondement fonds. Quand on fonde sur le roc, on établit les assises par ressauts s'il faut monter ou descendre , leur donnant le plus d'assiette qu'il est possible , et un pouce ou un pouce et demi de pente du devant au derrière, afin que la maçonnerie qu'on veut élever se soutienne parfaitement. Si le roc est trop uni , et qu'on appréhende que la maçonnerie ne fasse Pi*- VIII. pas de bonnes harpes , on le pique à coups de marteau têtu , et après avoir bien nettoyé les décombres , on l'asseoit en bain de bon mortier, et on l'encastre de quelques pouces. Si le roc sur lequel on veut fonder est disposé de manière que sa hauteur puisse faire partie du mur, on lui adosse la maçonnerie , et on y fait des écôrchements pour que l'un et l'autre puissent se bien lier ensemble. Par exemple , après avoir creusé les fossés d'nne forteresse, on en revêtit son escarpe et sa con* trescarpe; et, au lieu qu'on aurait donné à la base du mur 10 ou la pieds dans tout autre terrain , on se contente de ne lui en donner que 4 ou 5 , suivant les ressauts qu'on a formés , parce qu'alors n'ayant pas de grands remblais à faire , les revêtements n'ont que peu de poussée , et même quelquefois point du tout.

Ces sortes de revêtements, quoique aisés à construire en apparence, parce qu'on n'a rien à appréhender de la part du fonds, rencontrent souvent bien dés difficultés dans l'exécution , quand il s'agit d'élever quelque forteresse au sommet d'un rocher escarpé , où Ton ne peut faire 4 toises d'ouvrage sans monter ou descendre, et où il faut quelquefois dix ou douze profils différents pour exécuter une seule pièce. Les ingénieurs qui font travailler dans le Roussillon et dans les autres endroits montagneux , seraient seuls capables de donner de bonnes instructions pour se conduire dans de semblables terrains : je crois même qu'il n'y a guère que sur les lieux qu'on peut s'apercevoir des différentes pratiques dont on sera obligé de se servir, la nécessité avec un peu de génie fournissant mille moyens pour surmonter les obstacles à mesure qu'ils se présentent. J'ai toujours regardé ce chapitre comme le plus difficile de ceux que j'avais à traiter, puisque, pour le rendre complet, il m'aurait fallu de bons mémoires , généralement de tous les

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ingénieurs en chef qui sont dans nos places : car il y a'cda de fachenx qa'on ne peut passer de Tune à l'aotre , sans rencontrer quelque changement dans la manière de trayaîUer^ ce qui vient de la différence du terrain ou de la qualité des matériaux. Mais si j^avais voulu embrasser toutes les parties d'un SQJet aussi vaste que celui-ci , et en faire de même pour les autres^ j'aurais été obligé d'entrer dans un détail im* mense qui m'aurait engagé, non pas à faire un livre, mais une bibliothèque. Il a donc fallu m'en tenir aux pratiques les plus essentielles, dans l'espérance qu'on me ferait grâce de tout ce qui méritait moins d'attention.

^ Quand on est obligé d'établir des murs sur un roc fort inégal par sa figure et quelquefois {lar sa consistance, la plus grande difficulté est de raccorder à une certaine hauteur les premières avises de ma^nnerie qui doivent servir de fondements, et de les bien lier avec le roc. De tous les moyens qui sont venus à nui connaissance , et dont on peut se servir en pareil cas^ en voici un entre autres pour lequel je pencherais beaucoup, et dont on s'est bien trouvé dans la construction de plusieurs grands ouvrages.

Fondement Après avoir établi le terrain de la manière qu'on le jugera le plus dcpierrée. convenable, et avoir réglé l'épaisseur qu'il faudra donner aux fondements , par rapport à l'élévation de la muraille , il faut en barder les alignements avec des cloisons de charpente , en sorte qu'elles com- FiG. II posent ensemble un coffre dont le bord supérieur sôit disposé le plus et 12. horizontalement qu'il se. pourra; car, pour le bas, il doit suivre la figure des ressauts et des différentes sinuosités qu'on aura été obligé de donner au roc. Ayant fait un grand amas de pierrailles , il faut les corroyer avec du mortier; on pourra même si le roc est bon se servir des décombres qu'on en aura tirés , après avoir réduit les plus forts quartiers à une grosseur médiocre , qui ne doit pas passer celle da poing. Il faut le lendemain , ou au plus tard deux jours après qu'on aura fait plusieurs tas de mortier de pierrées , avoir un grand nombre de manœuvres, dont les uns rempliront les coffres de ce mortier, tandis que les autres le battront ^ à mesure que la maçonnerie s'âevera, avec des dames du poids de 3o livres y ferrées par le bout ( je crois qu'il n'est pas besoin de dire qu'elle doit être assise immédiatement sur le roc dans lequel elle doit être encastrée de 7 ou 8 pouces). Lorsqu'elle

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