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CHAPITRE DIXIEME

Oà Von enseigne comment Von doit employer les mMeriaux qui composent la Maçonnerie.

LiA meilleure de toutes les ma^nneries est sans contredit celle qui est faite de pierres de taille ; mais comme cette pierre est assez rare, il

LIVRE IIL DE LA CONSTRUCTION DES TRAVAUX. 269 a'eat pas oitlinadre de faire des bâtuoents qui ea smeat tout composes. On m contente seulement de remployer pour les soubaaseôiçnts des gros murs^ anx. encoignures des édiiices, et aux angles des revètem^its des ouvrages de forti6catftons. Pour la mettre en oeuvre» on en prépare de deux espèces : la première^ que l'on nomme carreau owparmeresse , est celle dont la largeur excède la longueur ; la seconde ^ que Ton nomme boutisse ^ est celle dont la longueur excède la largeur. Les panuaesses font parement de toute leur largeur , et les boutîsses de leur tête seulement ^ leur que.ue faisant partie de V^paisseur du mur. C'est ainsi qu'on les distribue dans chaque assise ^ observant de placer une bouttsse^ ensuite une panneresse^ successivement une boutisse, et une panneresse posées plain sur joint; c'est-à-dire que les joints perpendiculaires de la seconde assise répondent au milieu des pierres de la première^ ainsi àes autres qui sont au-dessus.. Pour cela l'on fait les assises bien réglées , en sorte que les carreaux et les boutisaes aient la même hauteur^ afin que les joints horizontaux qui régnent sur toute la longueur du mur ^ fassent des lignes parallèles et de niveau* A mesure que l'on pose une de ces assises, on garnit le reste de l'épaisseur du mur de briques ou de moellon maçonné avec de bon mortier ; et quand il n'est que d'une médiocre épaisseur, on tâche d'avoir des boutisses assez longues pour qu elles puissent le traverser et faire parement des deux côtés , ce qui rend la maçonnerie beaucoup plus solide par la liaison qui se fait du parement avec le reste en mur ; et quand cela se pratique ainsi, les boutisses qui font parement des deux cotés se nom- Aient pierres de parpain ou parpaigne.

Quand. on construit quelque édifice militaire dont les murs doivent être d'une épaisseur considérable, comme de 5 ou 6 pieds, on emploie de la graisserie au parement jusqu'à pne certaine hauteur , de la brique pour le parement intérieur , et le reste de l'épaisseur se fait de moellon. Or^ pour que le tout soit en bonne liaison, on emploie la graisserie comme on vient de le dire. À l'égard de la brique on commence par poser une première assise de deux briques et demie d'épaisseur , une seconde de deux briques y et une troisième d'une et demie , chaque assise bien arrasée avec du moellon , après quoi on recommence tout de nouveau une assise de deux briques et demie, une seconde de deux briques^ et une troisième d'une brique et demie ^ toujours bien liées et

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arrasëes avec le moellon et la graisserie. Quand on est partenu à la dernière assise de graisserie ^ et qu'on veut faire de brique le reste de la hauteur du parement, on la pose par assise réglée comme on vient de le voir pour l'intérieur ; et afin de rendre la liaison plus parfaite , on peut , de trois en trois assises , faire une chaîne de deux briques d'épais, seur sur toute l'étendue de l'ouvrage, posées plain sur joiiit.

Les soubassements d'un mur étant faits , si on élève le reste du pare-* ment avec du moellon , on a soin de le bien ébousiner et de le tailler jusqu'au vif, On se sert epcore de boutisses et de panneresses , en observant toujours de ne les poser que plain sur joint ; car oe serait un défaut grossier de voir deux ou plusieurs joints perpendiculaires sur un même alignement, parce que le mur n'en serait pas si solide, et choquerait le coup-d'œil. Dans les ouvrages qu'on veut faire proprement , on a égard non seulement de donner la même hauteur à toutes les pierres qui V doivent composer les assises , mais encore de les tailler de façon que la largeur des panneresses soit double de celles de la tête des boutisses , afin d'observer une bonne haison et un certam ordre de symétrie qui fait un fort bel effet.

Les anciens étaient extrêmement attentifs à travailler les' parements des édifices considérables : ils en rendaient les joints presque imperceptibles ; ce qui a fait croire, comme il y a toute apparence, qu'il leur arrivait quelquefois de bâtir sans mortier, ^imant mieux tailler les pierres si juste , que leur situation et leur poids pussent suffire pour donner à l'ouvrage toute la fermeté possible. Ils avaient encore recours à une pratique assez ingénieuse pour rendre les parements polis : ils taillaient bien proprement les faces des pierres qui devaient être unies les unes contre les autres , et laissaient un pouce de velu à celles qui devaient composer le parement; quand l'ouvrage était entièrement achevé , on recoupait ces pierres en ravalant. Ainsi , quand ils se servaient de mortier, il ne paraissait presque point, et le tout ne semblait être composé que d'une seule pierre.

Outre les pierres de parement dont on vient de parler , et que Ton nomme grand appareil , on en distingue encore de deux espèces: la première e&tlelibage, qu'on emploie pour les fondements; la seconde est le moeUonage ou le petit moellon, dont on se sert pour garnir le milieu des gros mi;irs. C est ici oii les entrepreneurs n'oublient pas leurs

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