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LIVRE IV, DES ÉDIFICES MILITAIRES

dans lesquelles on ne manque pas de tomber quand on travaille sans raisonner (i).

On dira peut-être qu'on a peine à s'imaginer qu'une poutre qui est retenue par les deux bouts , comme elles le sont ordinairement , puisse se rompre à l'endroit des appuis , puisque cela est contraire à l'expérience, qui montre que cette rupture se fait toujours dans le milieu. Il est vrai que cela arrive souvent , mais c'est par une cause qui n'a rien de commun avec ce que l'on vient d'insinuer , puisque si l'on y fait attention , on verra que quand les poutres se courbent dans le milieu^ t>u sont prêtes à se rompre , leurs extrémités sont sorties de leur situation naturelle.) c'est*À-dire qu'elles ont un peu charrié : ce qui provient d'ordinaire de ce<}ue la maçonnerie qui^es t au-dessus s'est dégradée, ne serre pas la poutre , et leur laisse assez de jeu pour n'être pas contrepesée par le poids qui la maintenait fixe ; ou bien on emploie des poutres trop. courtes, lesquelles n'étant engagées dans le mur que de 5 ou 6 pauces , il n'y en a point une assez grande partie d'embrassée pour qu'elle puisse être serrée comme il faut ; et c'est en quelque manière -pour ce sujet qu'on les retient toujours par des ancres, mais qui sont faibles ou mal accrochées , et qui ne peuvent jamais faire le même eflfet que si la poutre reposait sur toute l'épaisseur du mur, parce que ces ancres se plient et suivent la poutre dans la situation qu'elle est <!ontrainte de prendre.

Les principes que je viens d'établir , quoique très-évidents , seront sans doute reçus encore avec plus de confiance , si je montre que les •expériences que j'ai faites sur la force du bois, sont parfaitement d'accord avec notre théorie / et ce t[ui m'a le plus satisfait dans ces expériences , c'est de voir qu'^llei se rencontraient assez bien avec celles -de M. Parent, mais sur lesquelles je n'ai pas voulu compter, que je ne

(i) BéKdor ne dit pas ici précîsémeiit de combien il estime qu'une :poùtrè dont les deux extrémités sont encastrées e»t plus forte qu'une poiUre semblable qui est posée librement sur ses eztrémitës ^ mais on verra plus bas que ses .^xpérieuces Tout conduit à estimer sa force dans le premier cas plus grande de moitié en sus que dans le second. Cette estimation est erronée , théoriquement parlant^ et la résistance à la rupture d*an solide encastré à ses extrémités est double de celle d'un solide posé sur deux appuis* Vojez la. note à la fin du chapitre suivant (N).

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visse par tooi^même ce qui en était ? Qr ^ pouf quon puisse en tirer toute lutilitë qu'on a lieu d'en espérer, on en va voir le détail. dans le chapitré suivant, qui pourrait être justifié par vingt ou vingt-K^inq officiers d'artillerie de l'Ecole de la Fère , qui se sont rendus à l'arsenal de la taèrûe place , pour se convaincre de ce qu'ils m'avaient entendu dire sut la force du bois dans l'Ecole de Mathématiques.

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