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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

orner , au sujet desquelles je ne dirai pas grand chose présentement , parce que les proportions de leurs ornements dépendent des règles que l'on trouvera dans le V« livre. Celle qui est sur la PI. XIII me plairait assez : elle a quelque chose de grand , quoique simple et rustique , et n'est que d'une dépense médiocre. Celle de la PI. XY n'est pas si belle, aussi la suppose-t-on faite pour un endroit où on né jugerait pas à propos de donner dans le magnifique. On en peut voir encore quatre autres beaucoup plus 'élégantes sur les planches XVI etXVII, que je^^ xvil. donne à dessein de montrer que la belle décoration n'est pas incompatible avec les fortifications : elles ont eu l'approbation des plus habiles architectes. On les trouvera peut-être trop riches pour être employées à des villes de guerre ; mais je pourrais dire que la dépense n'a jamais effrayé nos rois , puisqu'à Lille y Mâubeuge ^ et à plusieurs autres places , on voit des portes qui sont au moins aussi magnifiques que celles-ci.

Les portes se ferment ordinairement par un pont qu'on peut lever et baisser de plusieurs manières. La plus ancienne , qui est encore en usage en bien des endroits , est celle qui se fait avec une bascule composée de plusieurs pièces de charpente, et principalement de deux flèches , aux extrémités desquelles il y a des chaînes qui sont attachées au tablier du pont pour lui donner le mouvemetit , comme on le peut voir dans la deuxi^ëme figure de la PI. XVIII. On n'en fait plus ainsi aux Pi^ahcmb places neuves , parce que les flèches font voir de loin quand le pont est Yiq. L levé ou baissé, et que le canon de l'ennemi peut facilement les rompre^ par conséquent faire baisser le pont sans que ceux de la place puissent l'empêcher : un autre défaut , c'est qu'on est obligé de couper les plus beaux ornements du frontispice de la porte pour loger les flèches, comme on le peut remarquer à la façade dont nous parlons.

On s'est servi dans quelque endroit d'une autre sorte de pont-levis ^it?,^?* dont les flèches ne paraissent point eti dehors de la place : tel est celui Fig. i. qui est représenté dans le premier profil , qui montre que la flèche BD tourne sur ses tourillons à l'endroit C, de manière que la chafne AB étant d'un côté bien arrêtée au tablier A du pont , et de l'autre à l'extrémité B de la flèche , on tire la chaîne DE pour baisser la bascule, tandis que l'extrémité B décrit l'arc BC , l'extrémité A du pont décrit l'arc AF. Ce pont aurait son mérite, si, pour loger les flèches, il ne fallait un trop grand espace qui rétrécit beaucoup le passage du rempart au-dessus de

la portQ I G9 qui peut g^açr le charroi do c«ao^ çt les «utre» services da rfimpart. P'aiUeur» on i^ piçv( Ypu(er 1q dessus de la porto , à moins q» OA ne fa^ae upe vo^te ^nttém^m^nt élevée qui pe coovieodrait poiot, parcç q^e le liâtiment de dessus aérait trop en va«, aussi bien qne la &gf de> Cepepd^pt c'est u^e oéoefsité que le pas3(i(^ des portes soit oouvQrt à l'isprei^ye de U boinit»e> pour préveqir le$ aocideots qui pourr^ieftt arriver en ^«apsde siège, puisqu'il p'ep faudrait qu'une pour y o^ussr up grand dr aordre, Pt. XIII. Jtf» profil qui est sur la PI, Xm représente uoe fermeture de portes mf illieurQ que la pr^fiédeRte ; k l'ej^trémité l du tablier et de chaque çQté uoe fil»îiîne I^ % qui y ept atMiqhée par l'uo de ses bouts , l'autre va passer Aurdeu:( poulies G «t F, et es^ arrêté ensuite à l'endroit K de la porte PPii qui est suspendue eu l'sir quaud le pont est baissé, et s« ferme quand le powt est levé , m tournant sur des tourilons H. Car tandis que le pout. e» se levant décrit l'arc ÏG, la porte décrit l'arc KL, qe qui se fai^ en tirant U chaîne K.Ç yera h- Et pour juger encore mieux cçtmment s^ ferme cette porte , il n'y a qu'à jeter les yeux sur le profil qui est Qoupé sur la largeur cp , OP y verra les poulies Hm , et la disposition de leurs crapsudines- J'ajouterai qu'on pratique un guichet dftDs la porte f a^n qu« lorsqu'elle est baissée on puisse aller fermer les ▼errons de la bascule, .

Gomme il y a long-^temps qu'on s'est aperçu que les ponts-levis à A^èchea étaient sujets à plusieurs inconvénients , on les fait à bascule, comme on le voit dans le profil qui est sur la PI. XY. Ce pont est cornpoaé de plusieurs pQUtreUes, comme IF, qui ont environ 28 pieds de longueur. Upe partie de œs poutrelles étant recouvertes de madriers , composent par leur as^mbUge le tablier fiV , et le reste comme HI (qui est ce qu« Ton nomme kasct^) , sert de contre-poids pour donner le mouvement au pont par le moyen des tourillons qui sont à l'extréii^té d'une bwrre de fer, qui étant entretenue, avec les poutrelles, traverse t:OPte la largeur de la porte à l'endroit du seuil, Cette bascule est logée dans une cave que l'on nomme aussi c<ige de la, ffo^mle^ qui est couverte par un pont dormsant composé de poutrelles et de madriera. Quand ou met W pont-levis çn wouvenwnt, la bascule décrit l'arc IK- , «andia que le tablier décrit l'autre FG, Pour descendre dans la cave, on

LIVRÉ iV. DÉS ÉÙlFtCËS MILITAIRES. J5i

ftit lin èÉtuMet pt&^t^aé défis ïtak dti piédrôHs , ébmiUé il «ft figbrà au plàfi de U porté qui i'ép&tld ab ph^ffil doilf ticm^ pktXoi^.

Où ne Élit plud {yfësétitëittent dé ctsi Bàiteà de pkrtitd^ t>^reé c(ti'lÉ le biéb pteûdte ils sôAt encore plue déîéûltteûjL qùé Uà ëbtrés à ûèébéé : câf la cage e^t d'ttue gtàtiâë dépetàé, et affaiblit beàtacëtipfe taiiV de face i et ils sont sujets k déi fépitt6iiàhà eotltlhvLeikë , et difficile^ à manœuvrer. Un autre inconvénient est que la Cftgé qti'il fàdt hiVt pota loger la bascule ne peut avoir lieu qu'aux places dont les fossés sont à sec ; car s'ils étaient iriôn'dè^, il faudrait que le i^ez-de- chaussée de la porte fut au moins de i5 pieds au-dessus du niveau des plus hautes eaux , autrement elle pénéti«rÀit dàtià là càvé ^ èit dégfàdèVait la lï^a^ontierie, causerait une gi^àtide diffîdulté de hauSsCi' et baiSsef lé partie sur-tout en hiVér , où , venant à sfe gëlè* , là "basctale potftràit se trouver prise.

Oh piréseiita en ï'^bB h M, Pélletiei" dfe Sôvtiy^ pmt ïôrs direCteurgénél>al deâ fortifications de Fi^nCe , un tititodète de potit-levis fàti ihgériieitt dtâ 6 étéexétiùté à GitCt èri iiid. PtAwcHE

Si r<m Jette les yetix sur le troisiëtte dessin de h PI. XVIII , oii iéttst J,^ J; qtle lé tabliéi: B se l*Ve par le môyeti de déixx flèches qui ont iû ou i3 pieds de longueur sur lo à 1 1 pouces de grosseur au inîKéW, revetiatif à 8 et 9 par les bout*. Elles sotit tràvcfsééi par le milieu d'un axe de fer d'environ deux poucfes qùarrës et de i6 à /8 ptoitces de loàgiiétrr. Léâdeûx bouts qtii excëdéntlâ flèche éorit arrondis sur 3 à 4 pouces de lotigueur et tournent sUf deux crâpaudiAéà , dotït l'tif^e est posée au tiiflreU dû tableau dé la porté au point G , et Faiitre , fait en S , passe àudevaut de là flè<^he , cotniiSe le marque le profil âU iliêtfte poîrtt G, et est attachée par un gofljoiif de fer à chacune de ses extréitfités et scellée en plomb dans la partie du tableau la plus avancée. Ces goujons sont faits en vis par leur extrémité , pour recevoir un écrou semblable à eeu'x que Ycfù met aut essieux de carrosse, afin de ptfuvoit dëmotiter les flèches lôrijqu'il faut les rcAouveler.

Les deux flèches sont liées au tablier du pont B, et à la bascule H, par deux barreaux de fer arrondis ou à pans , qui ont leur mouvement à chaque extrémité dans des œillets, ou par des doubles charnières^ de sorte que tirant la chaîne I , k mesure que la baiscirle descend et tourne sur les tourillons K , le pont monte jusqu'à ce que tout ait pris

35a LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

une situation verticale. Quoique ce mouvement soit plus composé que celui des bascules ordinaires , il n'a pas laiâsë de fort bien réussir à Givet et à Toul, où on l'a mis en œuvre. Mais ce pont , que Ton nomme Zigzag , n'est pas d'une invention nouvelle , comme on la voulu insinuer k M. Pelletier : il s'en trouve de semblables en plusieui^ villes d'Allemagne , qui y ont été construits depuis long-temps , entre autres à Hambourg et à Lubec (i).

Noui^elle manière de pont-levis.

P XX Après avoir examiné les différentes sortes de ponts qu'on a inventés pour former les portes des villes , j'ai cherché si je ne trouverais pas quelque moyen plus simple que ceux que je viens de rapporter : car à mon sens ce n'est point assez de faire la description des choses qui sont en usage. Ceux qui se mêlent de décrire sont dans une espèce d'obligation de travailler à les perfectionner : autrement les arts ne font point de progrès , et les livres se multiplient sans que ceux qui les lisent en deviennent plus éclairés. Pour entendre parfaitement le pont que j'ai imaginé , il est à propos que j'expose le raisonnement que je me suis fait a moi-même : le voici.

On suppose que AB est un levier sans pesanteur, dans le milieu duquel on a suspendu un poids D qu'on regardera comme réuni au point C ; qu'une des extrémités B peut tourner autour d'un poids fixe ; qu'à l'autre extrémité A, l'on a attaché une corde qui va passer sur deux poulies £ et F , pour soutenir un poids G , qui est en équilibre avec celui du levier ; enfin que la verticale B£ est égale à la longueur BA.

Pour que le poids G soit en équilibre avec celui qui répond au point C , il faut, selon les principes de la mécanique, que la pesanteur de l'un soit à celle de l'autre dans la raison réciproque des perpendiculaires tirées du point d'appui B sur les lignes de directions AË et CD. Aipsi le poids G doit être au poids D comme BC esta BI, c'est-à-dire comme

(i) On a imaginé depuis la publication de la Science es Ingénieurs plusieurs espèces .(le ponts mobiles, suceptibles detre employés aux. portes des villes de guerre. On peut voir à ce sujet le Traité de charpenterie de M. Krafft, et le Traité de la cons* ^ruction des ponts , Uv. III . chap. IV (NJ.

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Pro/ii coi4J>e. xTiir /a /o/içiw^/r t/p /a JPorÙP' .

Plan au Penufort au t/e^rj'ti^ t/e /a. PortC'

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