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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

point impunément y il n*y a qu'une longue pratique accompagnée cl*une certaine théorie qui puisse en donner la possession.

Les magasins suivant le modelé de M. le maréchal de Vauban se font ordinairement de 10 toises de longueur dans œuvre sur â5 pieds de largeur.

Pour les fondements des longs côtés, on leur donne 9 ou 10 pieds Planche d'épaisseur, et la profondeur se détermine selon la nature du fond sur p^^ ,' lequel on veut bâtir; car je ne saurais croire que cette profondeur ait et 2, été réglée à i5 pieds, comme je Tai vu dans un dessin sfgné de M. de Vauban , puisqu'il semble que 7 pieds sont plus que suffisants; mais il se peut que ce dessin ait été projeté pour être exécuté dans un endroit qui exigeait qu'on en usât ainsi.

Sur ces fondements , on élève les piédroits de 9 pieds d'épaisseur lorsque la maçonnerie n'est pas des meilleures, et de 8 pieds seulement lorsqu'elle se trouve composée de bon matériaux; et en ne faisant point de grenier, il suffit de leur donner 8 pieds de hauteur au-dessus de la retraite, de sorte que quand le plancher du magasin est élevé au-dessus du rez-de-chaussée autant qu'il est nécessaire pour le mettre à l'abri de l'humidité, il reste à-peu-près 6 pieds depuis l'aire du plancher jusqu'à la naissance de la voûte.

La voûte se fait de 3 pieds d'épaisseur au milieu des reins, et com-. posée de quatre voûtes de briques répétées l'une sur l'autre; l'extrados de la dernière terminée en pente , dont la direction se détermine en donnant 8 pieds d'épaisseur au-<lessus de là clef, ce qui rend l'angle du faîte un peu plus ouvert qu'un droit.

Les deux pignons se font chacun de 4 pieds d'épaisseur; ils sont élevés jusqu'aux pentes du toit et même un peu au-dessus, comme cela se pratique à tous les édifices. Â l'égard des fondements de ces pignons, on leur donne 5 pieds d'épaisseur et autant de profondeur qu'à ceux des longs côtés.

.Les piédroits ou longs côtés se soutiennent par quatre contreforts de 6 pieds d'épaisseur et de 4 de longueur, espacés de lâ pieds les uns des autres.

Dans le milieu de l'intervalle d'un contrefort à l'autre , on pratique des évents pour donner de l'air aux magasins.^ Les dés de ces évents ont ordinairement un pied et demi en tous sens , et l'espace vide pi a*

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tiqué autour se fait dé 3 pouces de largeur, et est contourné de manière qu'il aboutit au parement extérieur et intérieur en forme de créneaux. Ces dés serrent k empêcher que des gens mal-intentionnés ne puissent jeter quelque feu d'artifice pour faire sauter le magasin : et pour prévenir un semblable malheur, il est à propos de fermer encore les fentes des évents par plusieurs plaques de fer percées ^ parce qu'autrement on pourrait attacher à la queue d'un animal la machine qu'on voudrait y introduire, ce qui ne serait pas difficile, puisqu'on a trouvé plusieurs fois dans des magasins, des coquilles d'œufs, et des volailles que les fouines y avaient portées. .

Après que l'aire du magasin est bien arrasé , on fait un couchis de lambourdes de bois de chêne de 8 à 9 pouces de grosseur, espacées à un pied et demi les unes des autres, dont l'intervalle se remplit de charbon ou de recoupes de pierres , puis on rçcouyi:e le tout de deux planchers de madriers de a pouces d'épaisseur chacnn. posés^ l'un sur l'autre.

Pour éclairer le magasin, on fait une fenêtre dans chaque pignon, que l'on ferme avec deux yentaux de madriers de a ^ 3 pouces d'épaisseur, dont l'un est en dehors et l'autre en dedans : celui d^ dçfaprs est couvert de tôle, et se ferme, aussi bien que l'autre, avec deux bons verrous. Ces fenêtres se font fort élevées , xraiqte des accidents: on les ouvre avec le seçoura d'une échelle, pour donper de l'air au iQagasin pendant les beaux jours. ~

On ferme aussi les magasins par deux portes de bons madriers qui s'ouvrent en dehors et en dedans : celle de dehor3 est recouverte de tôle et^n'a qu'une serrure ^ celle de dedans en a deux qui ont chacune leur clef différente : le gouverneur ou le commandant de la place en a une, le lieutenant d'artillerie l'autre, et le garde-magasin celle de la première porte. Il est à propos, autant qu'on le peut, que l'entrée regarde le midi, ou au moins le levant, afin que le magasin soit orienté avantageusement, pour être éclairé du soleil q^a'nd on veut Iqi donner de Tair.

Pour empêcher qu'on n'approche des magasins, on fait, à 12 pieds de distance, un mur de clôture d'un pied et demi d'épaisseur et dç 9 ou îo de hauteur.

Un magasin tel que celui-ci peut contenir 94i8oo livres de poudre,

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