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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

de mettre entre deux des coi\5sinets ou bouts de madriers d*un pouce et demi ou 2 ponces d'épaisseur.

Toutes les lambourdes étant bien arrasées y on posera le premier et le second plancher comme à l'ordinaire, bien chevillés; et comme l'entrevous des poutrelles , aussi bien que rintenralle des dés sur lesquels elles seront posées, ne sera rempli par aucune matière, il faudra, afin que Tair puisse y circuler et rafraîchisse le dessous du plancher, pratiquer dans le platicher même y le long de chaque pignon, des trous ou é vents d'un pied en quarré, en sorte qu'il s'en trouve deux aux extrémités de chaque espace vide qui règne.

Pour avoir une parfaite intelligence de ce que je viens de dire , il suffira de considérer avec un peu d'attention le plan et le profil représentés par les figures 5 et 6 de la planche XXVII, oii l'on verra que le plan- Planche cher du magasin est partagé en deux parties: l'une fait voir la disposi- ^^^'î" tion des dés de maçonnerie et des lambourdes , et l'autre en quel sens ces et 2. lambourdes sont recouvertes par les madriers ; ainsi je ne m'y arrêterai pas davantage.

En composant ce chapitre, j'ai cherché à résoudre une difficulté qui s'est présétitée plusieurs fois à mon esprit : savoir, comment il fallait déterminer l'épaisseur des voûtes des magasins; celle des souterrains et de tous autres édifices militaires , selon leur différente grandeur, pour qu'elle résiste également au choc des bombes. Il est vrai que nous sommes prévenus qu'une voûte en plein cintre de a5 pieds de largeur, et de 3 pieds d'épaisseur dans le milieu des reins, est parfaitement à répreuve; mais nous ignorons quelle dimension il faut donner à celle qui aurait plus ou moins de largeur; car il n'y a point de doute qu'il né faille régler l'épaisseur à proportion, et c'est ce que l'on pourra faire en suivant la règle que voici. i

Voulant construire un magasin de 36 pieds de largeur, couvert par une voûte en plein cintre, on demande quelle épaisseur il faut lui donner dans le milieu des reins pour qu^elle soit à Tépreuve ; il faut dire: si le diamètre de â5 pieds donne 9 pour le quarré de Vépaissenr de la voûte qui est à Vépreuve, que donnera 36 pieds diamètre d'une autre voûte pour le quarré de son épaisseur, afin quelle soit aussi à V épreuve ? On trouvera environ i3 pieds, dont la racine quarrée, qui est 3 pieds 7 pouces 2 lignes , sera au juste l'épaisseur que Ton demande: ainsi des autres.

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Si Ton fait nKention qu« le principe que nous avoos inâimié ^ afa sujet de la résistance des bois ^ dans le deuxième chapitre de Ce <|ua« trième livre, peut s'appliquera celle des voûtes ^ on apercevra «fins peine la démonstration de cette règle; c'est pourquoi je ne m'y arrêterai pas , pour ne point faire une trop longue digression. Je dirai seulement qu'on pourra trouver de la même manière ^la longueur des voussotrs pour les arches des ponts, de telle grandeur que Ton voudra, oomme j'en ferai mention dans le second volume.

Quand on construit des magasins sur des lieux élevés , et qu'on peut pratiquer au-dessous de leur rez-de-^haxtssée des souterrains pour renfermer des munitions de guerre ou de bouché , on leur donne la disposition que Ton voit représentée par le troisième et le quatrième dessins de la planche XXYI , où l'on observera que le souterrain est couvert par plusieurs voûtes d'arête , pour éviter l'élévation qu'il aurait ùAlu, loi donner, si on avait voulu le faire autrement: on remarqueitf) aussi que les contreforts se trouvent placés vis-à-vis les piliers qui sotitiennent ' ^les voûtes dans le milieu des souterrains ^ parce qu'ainsi ils battent toute l'action de la poussée, qui, dans ces sortes de voûtes, aboutit au point où se rencontrent les arêtes ou diagonales. Comme ces voûtes sont garanties du principal efïbrt de la bombe par celle qui; couvre le magasin qui est au-dessus <, il suffît de leur donner deux pieds d'épaisseur à l'endroit de la clef pour être parfaitement à l'épreuve. ^

On descend dans le souterrain par un escalier que l'on voit marqué sux*"le plan, et c'est dans k pignon qui répond à la rampe cpie l'cm pratique un évent ou petite fenêtre pour lui donner de l'air. On ponr^ rait même faire des soupiraux, entre les contreforts pour le rendre moins humide; mais il faudrait qu'ils fussent tournés de façon à ne causer aucun préjudice.

Comme Tétage de rez-de-chaussée n'est autre chose qu'un magasin ordinaire { qui ne comprend rien de particulier, je ne m'y arrêterai paa, non plusqu'auic dimensions qu'il convient de donner aux piédroits, en ayant dit assez sur ce sujet dans le second livre.

Dans plusieurs de nos places, on voit des édifices exécutifs comme

le précédent ; il s'en trouve même de plu» considérables, comme oh en

PLi^NCHE peut juger par le profil représenté par la fig, 3 de la planche XXVII,

Fie. 3 4^^ appartient à un arsenal composé de quatre étages: le premier est

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