LIVRE SECOND
QUI TRAITE DE LA MlÉCANIQUE DES VOUTES^ POUR MONTRER LA MANIÈRE DE DÉTERMINER l'^PAISSEUR DE LEURS PII^DROITS.
ibi Ton a bien conçu ce? que je viens d'enseigner dans le livre précèdent , on conviendra sans doute qu'il y a une méthode pour considérer les sujets qui se rapportent à l'architecture ^ par laquelle on est sûr de ne pas donner dans le faux , des qu'on saura se servir heureusement des connaissances acquises par l'étude des mathématiques. Les principes quelles nous présentent sont d'une si grande fécondité, qu'il n'y a rien à quoi ils ne soient applicables, principalement ceux de la mécanique. C'est vainement, qu'on voudra nous persuader que la pratique abandonnée à elle-même peut arriver au point de perfection : l'expérience prouve souvent le contraire , et j'en vais faire voir un exemple au sujet des voûtes, qui viendra fort à propos pour faire sentir combien il est de conséquence dé ne pas suivre sans examen les principes qui ne sont autorisés que par l'usage. Mais avant cela il faut que j'insinue de quelle manière se fait la poussée des voûtes , afin d'examiner si le sentiment qu'on en doit avoir peut s'accorder avec les productions de la pratique.
Gomme je serai obligé d'employer encore l'algèbre en parlant des voûtes, bien des gens qui ne l'entendent point se mettront peut-être de mauvaise humeur de ce que , non content d'en avoir rempli tout le premier livre , je m'en sers encore dans le second : mais je les prie de m'excuser et de lire celui-ci tout de suite , afin de profiter des endroits qui sont faciles à entendre , tels que les applications et la plus grande partie des remarques. En récompense , dans le dessein de leur faire ma cour , ils trouveront dans le quatrième chapitre dés méthodes générales pour avoir l'épaisseur des piédroits de toutes sortes de voûtes par le seul calcul des nombres , sans le mélange d'aucun caractère algébrique : moyennant cette condition , j'espère que nous vivrons bien ensemble.