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LIVRE II. DE LA MECANIQUE DES VOUTES. ^^^^f

crainte d'affaiblir 1 épaisseur des piédroits , si Ton voulait considérer le tout dans Tétat d équilibre, puisqu'il faut avoir égard à la liaison des matériaux , dont Tadhérénce ne doit point dans la pratique être regardée comme absolument invincible. Je veux dire, par exemple, que si Ton s'apercevait que, pour avoir donné trop de longueur aux contreforts, la valeur de y ne fût point suffisante pour rendre les piédroits d'une épaisseur raisonnable, de sorte qu'on pourrait craindre que la poussée de la voûte ne fît çouffler la maçonnerie entre deux contreforts, il vaudrait mieux diminuer la longueur des contreforts, afin que les piédroits en devinssent plus épais : par la même raison , il est plus à . propos de partager la maçonnerie qu'on destine à soutenir les piédroits, en multipliant les contreforts, que d'en mettre une moindre quantité et les faire plus épais. Je veux dire, par exemple, que si l'on voulait soutenir une voûte par des contreforts dont la maçonnerie occupât un tiers de l'espace qui règne entre les piédroits et la queue des contreforts , au lieu de faire les contreforts de 6 pieds d'épaisseur et de i a pieds de distance de l'un à l'autre, il vaudrait beaucoup mieux ne leur donner que 3 pieds d'épaisseur , et les mettre à 6 pieds de distance , parce que plus Jes piédroits auront de points d'appui , plus l'ouvrage sera solide. On sent bien que- je veux parler des contreforts qui sont appliqués aux ouvrages de fortification ; car je n'ignore pas que quand il s'agit de quelque autre édifice, où il faut que la décoration et la solidité soient de concert (comme par exemple aux églises), on n'est pas toujours libre de déterminer la distance des contreforts, puisqu'il faut avoir égard à la largeur des croisées qui sont pratiquées entre deux , et aux endroits de la voûte qui doivent être arcbbutés préférablement à d'autres , parce que dans ces sortes d'édifices les voûtes n'agissent point partout également , leur poussée se réunissant à certains points qui in* diquent d'eux-mêmes la position des contreforts.

Remarque troisième.

23. On peut encore remarquer que la poussée d'une voûte. augmente ou dimioue selon que le point d'appui Pest ébigné du point S, extrémité.de. la perpendiculaire BS : car, si l'on se rappelle que cette poussée dépend du produit' de la pesanteur relative du vousaoir LfiD par la

iï^ Lk SCIENCE DES INGÉNIEURS,

perpendiculaire PO ^ Ton verra que plus le point d'appui P sera éloigne de S, plus la perpendiculaire PO sera accourcie. Ainsi, plus !a base des piédroits aura de largeur^ moins il faudra de résistance pour soutenir la poussée. S'il arrivait que le point d appui P fut tellement éloigné de S, que la ligne de direction LO passât par le point P^ c'est-à-dire, que les points O et P fussent confondus , alors Faction du voussoir LGD ne ferait aucun effet sur le piédroit : car la ligne MP deviendrait zéro^ • -et ^éro multiplié par n^ ne peut donner que zéro.

Remarque quatrième.

24- Puisque tous les points d'appui qui soutiennent la poussée d'une voûte se rencontrent positivement sous la queue des contreforts, -on voit qu'en construisant les fondements on ne saurait les faire trop solides en Ces endroits-là ; c'est pourquoi je voudrais qu'ils fussent composés des plus gros quartiers de pierres posées sur deux rangs de madriers, quand même le terrain sur lequel on voudrait asseoir la fondation paraîtrait ferme ; puisqu'il n'y a point à douter que la voûte , si elle est massive, ne cause par sa poussée quelque affaissement à l'extrémité des contreforts. Il parait même que, pour plus de sûreté, il serait prudent de faire les fondements des contreforts d'un pied et demi ou deux pieds plus longs que les contreforts mêmes , donnant aussi beaucoup de retraite sur les côtés , afin d'avoir de grands empattements qui allongent le bras de levier et fortifient le point d appui. J'ai vu un *Art4.5 magasin à poudre dont la voûte s'est fendue des deux côtés au milieu des reins depuis un pignon jusqu'à l'autre , peu de temps après avoir été bâti , quoique les dimensions des piédroits et des contreforts fussent beaucoup au-dessus de celles qu'il aurait fallu pour en soutenir la poussée^ et que la maçonnerie fût fort bonne. Ayant examiné d-oii cela pouvait provenir, je me suis aperçu que le terrain au-dessus des fondements de la queue des contreforts avait fléchi ; ce qui ne serait pas arrivé, si l'on avait mis deux ou trois bons madriers l'un sur T^utre^ pour assurer le point d'appui.

Les iogénieucft qui ont beaucoup d'expérience sosntiroot mieux que pecuonne ia conséquenoe de eetbe remarque^ non seulement au sojet des eofUciefbrts , mm encore pour tous les autres fondements qni doiveitt

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