‹ La science des religionsChapitre 18 sur 31 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Les idées que nous venons d'exposer, et qui résamenl des faits que tout le monde connaît et d'autres que la science contemporaine découvre chaque jour, ne s'appliquent qu'aux sociétés âryennes. Celles-ci tirent toutes également leur origine de l'Asie centrale. Elles se sont donné ce nom h ellés-mémes dans beaucoup de pays et peut-être partout où elles se sont établies. Le plus antique des monuments de la race, le Véda, est celui où le nom d'Âryas est le plus souvent employé. Depuis qu'on l'y a lu presque à toutes les pasfes, la science a renoncé au mot indo-germanique et même au mot indo-européenne, par les- | quels on désigne encore quelquefois la famille des peuples âryens. Pour suivre avec profit l'application des lois qui viennent d'être exposées, il faut les prendre le moins loin possible du berceau de la race : il fauty partant du Vêda comme livre et des vallées de rOxus comme centre géographique, ressaisir Tunité religieuse diez les peuples anciens, puis chez les pei\ples modernes de la race aryenne, et à. mesure

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qii'<m avance dans l'histoire de chacun d'eux, reconnaître les éléments étrangers qui se sont ajoutés à la doctrine primitive, et ont engendré la diversité appa* rente des religions. L'étude serait complète, si la doctrine de nos ancêtres n'était jamais sortie de leur race, et n'avait donné lieu à aucun établissement religieux chez des hommes de race étrangère. Or, cela n'est pas. Presque tous les peuples qui se sont trouvés en contact avec une nation aryenne lui ont emprunté froe plus ou moins grande part de ses doctrines, et ont fondé ou modifié d'après elles leurs propres ins* litutions.

Quand on vit pour la première fois d'un peu près»

au temps de Louis XIV, les hommes jaunes de la prèsqn^ile au-delà du Gange, tout le monde crut quMls avaient une religion à eux» un peu barbare et passablement ridicule. Plus tard, on s'aperçut que le fameux Samanacodom, dont parle le poème de Louis Racine, n'était autre que le Çramana-Gautama des Indiens, c'est-à-dire le Bouddha. C'est de nos jours seulement qu'on a su à quelle époque et comment le bouddhisme, religion âryenne, avait été apporté par des missionnaires indiens chez ce peuple d'une race inférieure, l'avait adouci, transformé, civilisé, en avait fait celle peut-être de toutes lès sociétés humaines où la tolérance est le mieux pratiquée. Quand on compare le bouddhfsme de Siam avec celui des plus anciens Sûtras du NépAl, qui sont comme les évangiles de cette religion , on se convainc bien-

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tôt 406 la partia loétaphysique a presque di^ru da

reoseignemeat; que les peuple^ de la presqulle Tout remplacée par un aiaas de superstitioiis et de pra« tiques grosisières; que la s^upériorité des premiers missionnaires au milieu d'une population inculte, se traPMnettaut à leurs successeurs, a nmliipUé Ua prêtres et les couvents duns une effrayante propor- ' tioiL Le sacerdece, là oomoiA h Roma^ s'est modelé sur la QonslUutîoa politique du pa^s; tout ce clergé dépend d'un seul pontife, qui est l'égal du roi, qui règne à coté de luit el qui a lui^ême le titrât

(le roi.

On fut biea louftemiis aussi à s'apercewir que la

religion de beaucoup de Chinois était une importa*tioa étrangère, et que Fô est la forme monosyllabique chinoise du uom de Bouddha. Les voyages au Chine» la traduction d'anciens voyageurs chinois, notamment <^e de Hiouen*Thaang par M. Stanislas Julien^ ont jeté les plus vives lumières sur l'origine et Thistoire du culte de Fô, Il a été possible de le comparer avec le bouddhisme de nos jours et avec le bouddhisme primilif» tel qu'il se montre dans les Sûlras du Népal. On a vu combien Télément chinois a transformé la dM«> trine du maître. Tandis que beaucoup de lettrés sont des philosophes sceptiques et matérialistes, les sec<tateurs de Fd, ne comprenant rien à la haute métaphysique de Çakya-Mouni, l'ont reraplacée par des cultes idol&triques, dont le plus répandu est eriai d'une imm, idéale» Mâyâ» la mère du Bouddha^

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L'araoindrissemeat de la théorie piiaioidiale, base àm religions, pas été moins grand au Tibet qne cbez l6s autres peuples de la race jaune. Qu'on lise le père IIuc, mais qu'où lise surtout les documents ôfiaatanx, en partkuUer cenx qu'a traduits M. Foq* eaux, et l'on se convaincra facilement que le boud-ffimme tibétaio ett bien différent de œlui des In* diens du temps du roi Açôka ou de Tcbandragupta, l'allié diplomatique et aryen de Séleucus Nicator. Noua poorriong eontînoer celte énumération eC passer en revue, de Geylan au Japon, tous les. peuples de races étrangères qui ont adopté les institntîons bonddbiqnes; mais c'est un fait acquis à la science que I chez eux ce n'est pas seulement la portion pratique de eette religion qai a subi une déchéance, que c'est aussi la théorie métaphysique, partout remplacée par Tanthropomorphisrae, la croyance aux esprits et les autres superstitions. Quand nous cherchons à démêler la cause qui a produit cette chute { de Tune des pins grandes religions, nous ne la troth I ?ons ni dans cette rehgion même, ni dans les insli- I talions particulières de chacun des peuples jaunes on I noirs; elle est dans la différence des races. La Chine renferme des raoraUstes et des philosophes pratiques* mais pas un seul métaphysicien; beaucoup d'industiies empiriques et de métiers, mais point de science ; notre expédition d'il y a quelques années chercha dans Pékin un mathématicien chinois : elle n'en trouva pas un seul, quoique la ville regorgeât de

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calculateurs. Les notions générales d'une nature abstraite échappent à cette race d'hommes, à qui manque aussi la partie du cerveau qui en est l aigane. C'est pourquoi la théorie métaphysique , qui est Tessence de la religion , leur échappe également^ et il n'est pas plus possible de la leur enseigner qu'il n'est possible de prooréer un lion dans une brebis et de changer la loi des générations.

Parlerons-nous des peuples noirs, inférieurs aux

jaunes, qui de temps immémorial occupent le sud de l'Asie et «ne grande pwUe de l'Afrique? Denumderons-nous ce que sont aujouid'bui dans ces contrées les plus grandes religions? Que l'on consulte les Anglais de retour de l'Abyssinie, et ils raconteront ce que les sujets de Théodore avaient fait du christianisme, ce qu'étaient devenus chez eux, je ne dirai pas Dieu le Pére, dont Tidée n'était jamais entrée dans leur esprit, mais Jésus et Marie, les apôtres, les saints, les cérémonies de la messe et les sacrements. Avant que le christianisme se fût introduit en Abyssinie, les peuples noirs voisins de la Hante- Egypte avaient déjà reçu des missionnaires de l'Asie et avaient été convertis. Il existe en langue grecque un document depuis longtemps célèbre et traduit m plusieurs langues, mais dont la valeur n'a pas été comprise jusqu'à nos jours, parce que l'Inde et k Perse étaient demeurées inconnues: nous voulons parler du roman d'Héliodore connu sons le nm

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