LA SCIENCE DES KEL1G10NS
rant ' » d'abord, et par lui ensuite l'humanité î .
Mahomet rentre de la montagne dans un état alarmant d'agitation et de fièvre.
Il va perdre connaissance; tout son corps frissonne : « Enveloppez-moi », crie t-il de loin. On se presse autour de lui, on le couvre, mais on ne parvient pas à conjurer une violente attaque de nerfs, pendant laquelle il croit entendre les paioles suivantes {Coran, lxxiv, 1-7) :
1 « O toi qui es enveloppé, léve-toi et | prêche. Ton seigneur, glorifie le; tes vêtements, purifie-les ; ta souillure, fuis-la Ne sois pas généreux pour t 'enrichir ; et, en face de ton maître, prends patience.
A partir de ce moment, Mahomet appartient tout entier à la mission que lui a révélée un ange descendu du ciel, qui s'est
î- Coran, vu, i56 et 1 58.
2. Nous suivrons ici et dans la suite de notre exposition le livre magistral de M. Auguste Muller, Der Islam im Alorgen und Abendland, t. t (seul publié), Berlin, i«S5, dans la collection de W. Otiken, Allgemeine Weltgeschiçhte.
approché de lui « jusqu'à deux portées d'are ou plus prés encore » '; la source de l'inspiration ou au moins de la prédication ne tarit plus en lui, et « 1 envoyé d'Allah », comme il se nomme sans cesse, répand avec effusion la parole de son dieu, sans se ménager dans cette propagande tantôt pacifique et tantôt belliqueuse.
L'exégèse du Coran procéderait avec plus de sûreté au classement chronologique des cent quatorze chapitres ou sourates, dont il s? compose, si les allusions aux événements contemporains y étaient plus transparentes, si les noms propres n'étaient point presque partout omis de propos délibéré -, si les chapitres eux-mémémes, surtout les longs chapitres, n'é-