‹ La Science des religions et l'islamisme, deux conférences faites le 19 et le 26 mars 1886, à l'École des hautes-étudesChapitre 12 sur 24 · Coran, LUI · texte numérisé non relu

Coran, LUI

2. Le prophète ne ciie dans le: Coran, par. ni les personnes de son entourage, que son oikIu Abuù Lahab (exi, 1) et son fils adopiif Zaid (xxxm, 35). Ajoutons-y peut-être Al-Walîd ibn Mougaira, l'un des chefs des KoraiBchites, s'il est vraiment désigné par son surnom d'Unique dans LXHV, 11.

taient pas des assemblages arbiti aires de morceaux disparates.

L'ordre actuel du recueil n'a jamais, dans la pensée de ses auteurs, impliqué une présomption en faveur d'une date plus ou moins ancienne. Si l'on excepte le premier chapitre, une courte prière, devenue dés l'origine le fondement de la liturgie musulmane, et placée pour ce motif sur le seuil du livre, les sourates s'y suivent un peu au hasard, la proportion de leur longueur déterminant seule le classement. A la tin ont été reléguées des harangues très courtes, de quelques lignes à peine, comme, dans le dhvân d'un poète, les rapsodes arabes mettent au bout les pièces composées de quelques vers, les distiques et les épigrammes./

Ces épanchements rapides, où la rime résonne à voiées régulières comme le tintement d'une cloche ', représentent dans

i. Cette comparaison est donnée comme de Mahomet lui-même Jans lbn Khaldoûn, Prolégomènes (tr. de Slane,) I, p. 1 85 et 2o3.

le Coran la première période de la prophétie. La phrase est courte, hachée, entrecoupée ; on dirait qu'elle scande chacun des spasmes du malade, alors qu'Allah lui envoie au milieu des convulsions sa parole accablante '. Les gens de sa tribu, les Koi aischites, témoins de ce spectacle, s'acharnaient à le traiter de possédé (madjnoûn), à cause de la coïncidence de ses troubles nerveux avec ses apostrophes véhémentes. 11 relevait volontiers le reproche pour rappeler qu'avant lui « il n'y avait pas eu de prophète qui n'eût pas été traité de sorcier ou de fou » (Coran, li, 52). N'était-ce pas « la révélation du maître des mondes, que l'esprit fidèle faisait descendre sur son cœur d'apôtre afin qu'il la propageât dans une langue arabe claire » (Coran, xxvi, iq2-ig5)? La surexcitation de la pensée, la concision de la forme, la vibration sonore des rimes, voilà, en dehors des autres indices, le critérium qui per-

Coran, lxxiii, 5.

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