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d'Allah, le Rahmân miséricordieux » '.
Une massore aussi rudimentaire était une ébauche imparfaite qui appelait des compléments et des rectifications. Le Fihrist (p. 25) contient un essai d'ordonnance générale qui paraît remonter au commencement du m e siècle de l'hégire.
11 ne diffère pas sensiblement de celui que M. Nœldeke, dans son Histoire du Coran(p. 47), a emprunté à un auteur du v c siècle. Dans l'un et dans l'autre, on applique aux morceaux entiers ce qui s'ouvent n'est vrai que pour le commencement, et on les traite comme s'ils étaient venus d'un seul jet, sans additions, sans interpolations, sans un vrai travail de marqueterie ou de soudure.
Nous ne pouvons entrer dans les détails de l'inventaire exact que la critique moderne a commencé et qu'elle achèvera
1. Ce n'est pas ici l'endroit île justifier celte traduction, où je me suis conformé J l'exemple de M. Sprcnger, Das Leben und die Lehi e des Moltammad, Berlin, 1861, 3 vol in-8".
des chapitres, des fragments et des versets. On trouvera dans le Dictionnaire de V islam de M. Hugues, en dehors de son point de vue personnel, largement exposé p. 4 9 3-5i6, aux pages 490-492, un curieux parallèle sur trois colonnes de « l'ordre chronologique » d'après As- Soyoûtî dans son Itkdn, Rodwell dans sa traduction du Coran et Muir dans sa Vie de Mahomet. Pour être complet, il aurait dû ajouter dans deux autres colonnes les hypothèses de G. Weil dans son Mohammed le prophète et les suggestions si instructives de M. Nœldecke dans son Histoire du Coran.
Nous nous contenterons d'énumérer et de passer en revue les grandes divisions de la vie du Prophète en leur rapportant respectivement les symptômes dominants de l'influence successive qu'elles ont exercée sur les accents de la prophétie.
Les années, qui précèdent l'hégire, peuvent être réparties en trois périodes :
i° Visions célestes et hallucinations, vers 6 io ou 612 de notre ère. Les versets, par lesquels débutent les chapitres xcvi et lxxiv sont, nous l'avons dit, de cette époque.
Il se pourrait que les compilateurs du Coran eussent admis quelques méditations antérieures de Mahomet, quelques fragments poétiques sans tendances autres que les tendances monothéistes d'un hanîf. Les sourates, qui pourraient bien être antéislamiques, sont les sourates 1, eu, cix-ckvi, cxix-cxxvi. Le vague de ces élucubrations poétiques interdit de les dater avec une rigueur mathématique. Si le mètre ne faisait pas défaut, ces morceaux auraient pu aussi bien être insérés dans le Kitâb aUagâni ou dans la Hainâsa, que dans le Coran. Le souffle qui les anime semble appartenir à une âme |eune et ardente. Elles sont évidemment parmi les plus anciennes paroles d'Allah, un peu avant ou un peu après la sourate du sang coagulé. Celle-ci est la vocation du Prophète qui se considère comme ap-