‹ La Science des religions et l'islamisme, deux conférences faites le 19 et le 26 mars 1886, à l'École des hautes-étudesChapitre 16 sur 24 · Coran, vi · texte numérisé non relu

Coran, vi

l'objet et les accusations d'imposture qu'elle provoque, le Prophète n'est pas découragé. Son allure reste militante, son langage acéré, sa conviction absolue qu'au jour de la victoire « on verra les hommes entrer dans la religion d'Allah en masses compactes » (Coran, ex, 2).

En attendant cette adhésion unanime, la petite confrérie, en dépit de l'ombre dont elle s'enveloppe, ne se sent pas en sécurité à La Mecque et, en 6i5, une partie de ses membres se décide à traverser la Mer Rouge et à chercher un asile auprès du Négus, roi d'Ethiopie.

3° Homélies remplies de légendes rabbiniques, chrétiennes et arabes, destinées à propager la foi nouvelle parmi les juifs, les chrétiens et les païens de La Mecque.'

Un événement décisif fait sortir l'islamisme de la maison d'Arkam, de l'oratoire où il cachait discrètement ses lents progrès. Vers 616, Omar, jusque-là un ' des adversaires les plus acharnés de Mahomet, devient avec éclat un de ses plus

ardents alliés. Ce transfuge du paganisme apporte dans le camp, dont il veut désormais assurer la défense et l'extension, la fougue de sa nature et la passion de ses vingt-six ans. Ce n'est plus dans les faubourgs que les partisans d'Allah se cacheront comme des conspirateurs. L'islamisme se produira au grand jour et réclamera non pas seulement la tolérance de son culte dans la Ka'ba, mais la reconnaissance officielle de ses droits exclusifs sur ce qui est encore le panthéon cies tribus arabes. Allah va devenir un Dieu jaloux, comme le Dieu d'Israël, et réclamer pour lui seul la possession de sa maison.

Dans un moment d'oubli, les trois déesses, dont nous venons de parler, Allât, la parèdre d'Allah; Al-'Ouzzâ, la parèdre du dieu Al-'Azîz, dont le nom propre 'Abd Al-'Azîz ' a conservé la

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