Paul de Lagarde, Mitlheilwigen, Gœliingen, i88i
JO LA SCIEN'CE DES KKLIGIONS
vénération qu'inspiraient aux Sémites certaines espèces d'arbres, sont des recueils de faits indéniables, mais qui ne suffisent point pour placer la science des religions comme un corollaire, ni comme un appendice, de la zoologie ou de la botanique.
Après avoir discuté les prétentions et défini les droits respectifs de toutes les disciplines qui prétendaient s'établir avec fracas et régner sans partage dans le domaine des sciences religieuses, je vous demande la permission d'arriver sans retard et sans transition aux conclusions que vous avez sans doute tirées vousmêmes de ce qui précède.
La science des religions, si elle fait de larges et légitimes emprunts à toutes les sciences que nous venons d'énumérer, est, par son essence, et doit être, par sa méthode, une section des études histori ques.
Rechercher la vérité sous le voile de la légende, constater et expliquer la généra-
tion et les transformations de l'idée religieuse, mettre en oeuvre les matériaux de provenances diverses qui peuvent être utilises pour établir sur des fondements solides la connaissance des faits de cet ordre, voilà, si je ne m'abuse, un cadre qui ne diffère pas sensiblement de celui où se meuvent les mémoires scientifiques sur une question d'histoire politique ou d'histoire littéraire.
Le savant qui cherche à poiler la lumière sur les origines obscurcies des convictions religieuses, aura seulement a combattre des ennemis plus acharnés, qui seront portés à taxer sa logique froide d'impiété et de blasphème. Qu'il ne se laisse ni effrayer pour atténuer son langage, ni passionner pour l'accentuer.
« La critique, a dit excellemment M. Renan ', dont la règle est de nesuivre que la droite et loyale induction, en dehors de toute arrière-pensée politique; la
i. Études d'histoire religieuse, ; c éd. (Pari 1.SG4), p. vu.