‹ La science du beauChapitre 11 sur 48 · XVI PRÉFACE DE LA PREMIERE EDITION · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE DE LA PREMIERE EDITION

1817 '. Lu an après, en 1818. il agitait la même question devant ses auditeurs de la Faculté des lettres de Paris. Ces leçons, où l'esthétique avait dès lors trouvé ses hases les plus solides, imprimées depuis à diverses reprises et chaque l'ois améliorées et enrichies, forment aujourd'hui la partie la plus éclatante de ce livre sur le Vrai, le Beau el le Bien, dont huit éditions n'ont pas épuisé l'immense et légitime succès.

Dans le temps où elles étaient encore inédites, l'École normale ayant été supprimée el ses plus brillants professeurs disgraciés, M. Jouffroy, qui avait ouvert dans sa modeste demeure des cours particuliers où assistaient des auditeurs d'élite, tels que MM. Duchâtel, Vitet et Sainte-Beuve, aborda à son tour la question du beau. « Il l'avait toujours aimée, dit M. Damiron % il lavait prise pour sujet de thèse en sortant de l'École normale; il y était sans cesse revenu, au milieu de ses divers travaux, témoin une foule de notes qui s'y rapportent, dans ses papiers; les discussions littéraires, dont on était alors fort préoccupé, l'y ramenaient naturellement; la vive et sérieuse curiosité de ses auditeurs l'y provoquait : que fallait-il de plus pour le déterminer à la traiter

1 Voir M. V. Cousin, Premiers essais de Philosophie^ o° édition. p. 263 et 346, et le livre Du Vrai, du Beau el du Bien, préface. - Dans la préface du Cours d'Esthétique de M. Jouffroy, p. 15.

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régulièrement et par ordre? C'est ce qu'il entreprit en 1820. Ce fut donc dans la rue du Four, dans cette petite chambre que je vois encore, avec les vingt ou vingt-cinq jeunes gens qui la remplissaient habituellement, que M. Jouffroy professa son Cours d'Esthétique. » Ce Cours, M. Jouffroy l'eût remanié sans doute et livré lui-même à l'impression, si sa déplorable santé et une plus longue vie lui en eussent laissé la force et le temps. Toutefois, il n'est point perdu: M. Damiron l'a publié en 1843, un an après la mort de l'auteur, à l'aide de rédactions si fidèles, que M. Jouffroy les avait demandées précédemment pour en tirer copie et qu'il en avait dressé de sa main une table développée. Si donc le style de M. Jouffroy n 'y est pas tout entier avec ses qualités propres de lucidité et de profondeur, sa pensée y est exactement reproduite. Dans ce livre dont on ne saurait trop recommander l'étude aux amis de la philosophie, on peut voir jusqu'à quel degré de précision scientifique la théorie spéciale du beau était, il y a trente-quatre ans, portée en France, au moyen d'une méthode essentielment psychologique et toute française, sous l'impression encore vive de l'enseignement de 1818, et en dehors de toute influence des leçons d'esthétique que Hegel faisait à Berlin, de 1820 à 1829, et qui ne furent réunies et publiées que plus tard.

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