‹ La science du beauChapitre 17 sur 48 · PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXIII

promptement, ce sont les résultats que l'on semble vouloir lui imposer d'autorité. Dans la pratique de l'enseignement supérieur, nous avons pu éprouver maintes fois que les amis de la philosophie demandent qu'on les mette de moitié dans la recherche de la vérité. Ils suivent volontiers et avec une attention presque infatigable celui qui, leur faisant l'honneur de les tenir pour capables de penser, marche devant eux, mais avec eux, au lieu de s'élancer au bul d'emblée; y arrive après lui qui pourra et par où il pourra. L'auditeur et le lecteur ne comprennent, n'acceptent et ne gardent que les principes qu'ils ont eux-mêmes découverts. On doit leur rendre le chemin plus facile, mais il ne faut pas les dispenser de le parcourir. Le désir du succès prochain, l'ambition de se rendre populaire, fût-ce au détriment de la rigueur et de la solidité, sont mortels à la science; ils lui enlèvent les sympathies des esprits sérieux, sans lui conquérir celles des esprits frivoles. Sa force principale, ou plutôt son unique force, est dans le respect d'elle-même. Et la science cesse de se respecter elle-même dès qu'elle vise a autre chose qu'à accroître par un énergique labeur les titres de la vérité à l'assentiment des intelligences. Telle était d'ailleurs la signification des conseils que la section de philosophie nous a adressés par l'organe de son éminent rapporteur; et il nous

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