‹ La science du beauChapitre 6 sur 48 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

semblé être le privilège exclusif des sciences dont les lois s'expriment par des nombres. Les esprits littéraires, les hommes de goût accréditaient pour leur part cette opinion. 11 leur répugnait d'admettre, en matière de beauté, tout autre arbitre que le sentiment. En présence d'un cas difficile, un mot consacré les tirait d'affaire. « Cela se sent, disaient-ils ; cela ne se définit ni ne s'explique. » Le procédé était commode; il a décidément vieilli et ne suffit plus. Le goût a des lois ; les trouver est malaisé ; raison de plus pour les chercher avec persévérance. Les méthodes philosophiques, bien comprises et sévèrement appliquées, peuvent devenir et deviennent sous nos yeux des instruments de précision, à de certaines conditions toutefois.

Ces conditions, quelles sont-elles ? La première, la plus essentielle, consiste à prendre pied sur le sol invisible où se déroulent les phénomènes de l'âme. Il serait étrange que la science morale eût sa base ailleurs que dans l'être moral. On pourra, on devra réviser sans se lasser jamais les psyehologïes antérieures ; le progrès est à ce prix : mais l'étude des faits de l'a me demeurera le centre et le point de départ nécessaire de toute science morale. Que les philosophes résistent donc aux entraînements qui tendent à les jeter hors de leurs voies. Cependant, maintenir, sauvegarder, développer la psychologie et passer en-

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